Nathalie Arthaud · Lutte ouvrière · Travail
Interdiction des licenciements
Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.
Coût non chiffré, et une interdiction générale des licenciements se heurte à la Constitution (décision du Conseil constitutionnel de 2002) comme au droit européen (Cour de justice de l'UE, 2016).
La proposition
Interdire les licenciements. Quand le travail baisse dans une entreprise, y compris à cause de l'intelligence artificielle, on réduit les horaires de tous mais « on ne licencie personne et on maintient les salaires ».
Annoncée
8 décembre 2025 · Annonce de sa candidature (franceinfo : Lutte ouvrière « prône notamment l'interdiction des licenciements »), puis discours du meeting du 26 septembre 2026
Ce que ça change pour vous
Concerne les salariés du privé menacés de licenciement. LO cite, d'après la CGT, environ 500 plans de licenciements et 200 000 à 300 000 salariés menacés (brochure de juin 2026).
Exemple : un salarié à 2 000 € net dont les horaires baissent de 20 %. Aujourd'hui, en activité partielle (chômage partiel), il touche environ 1 888 €, car les heures non travaillées sont payées à 72 % du net. Avec la mesure : 2 000 €.
Pour l'entreprise : elle paierait en entier des heures non travaillées et ne pourrait plus réduire ses effectifs.
La mesure ne dit pas ce qui se passe quand une entreprise ferme : la Banque de France compte 70 803 défaillances d'entreprises sur un an, à fin juin 2026.
Salaire du mois (aujourd'hui en activité partielle, puis avec la mesure)
112 €/mois de plus
Combien ça coûte
Aucun chiffrage public ou indépendant trouvé. Lutte ouvrière ne chiffre pas la mesure.
Le coût porterait d'abord sur les entreprises, qui garderaient leurs salariés et paieraient en entier des heures non travaillées.
Le coût pour l'État n'est pas connu : il dépend de ce qui arrive aux salariés des entreprises en faillite, que la mesure ne précise pas.
Est-ce possible
Constitution : la « liberté d'entreprendre » (article 4 de la Déclaration de 1789) protège le choix de licencier. En 2002, le Conseil constitutionnel a censuré l'article d'une loi qui ne permettait de licencier que si la survie de l'entreprise était en jeu (décision 2001-455 DC). Une interdiction générale va plus loin.
Il faudrait donc réviser la Constitution (article 89 : 3/5 du Congrès, ou référendum après vote des deux assemblées).
Droit européen : la Cour de justice de l'UE (arrêt AGET Iraklis, 2016) accepte qu'un État refuse un plan de licenciement selon des critères précis, mais pas une règle qui rend impossible en pratique tout licenciement collectif. Changer cela suppose de modifier le droit européen, y compris les traités, à l'unanimité des 27.
Réduire les horaires plutôt que licencier est déjà possible avec l'activité partielle.
- Interdire tous les licenciementsLiberté d'entreprendre (Conseil constitutionnel, 2002)Non
- Rendre impossible tout licenciement collectifDirective 98/59 et liberté d'établissement (CJUE, 2016)Non
- Refuser un plan de licenciement sur critères précisAdmis par la CJUE ; à faire valider par le Conseil constitutionnelSous conditions
- Réduire les horaires plutôt que licencierL'activité partielle existe déjàOui
Qui paie
Lutte ouvrière : « C'est en prenant sur les profits qu'on pourra répartir le travail entre tous » (éditorial du 31 août 2026).
Aucun montant ni mécanisme n'est publié. La charge reposerait sur les entreprises ; aux patrons qui disent ne pas avoir les moyens, LO demande de rendre leurs comptes publics (meeting du 26 septembre 2026).
Les textes consultés ne disent rien des entreprises sans bénéfices, dont celles en faillite.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif, qu'une baisse d'activité se traduise par moins d'heures pour tous plutôt que par des licenciements, en restant dans les règles : obliger l'entreprise à proposer d'abord l'activité partielle avant tout plan de licenciement.
Permettre à l'administration de refuser un plan selon des critères précis, ce que la Cour de justice de l'UE admet dans son principe. Un critère lié aux bénéfices resterait incertain devant le Conseil constitutionnel, qui a censuré une règle proche en 2002.
Faire compléter le salaire jusqu'à 100 % par l'employeur quand l'entreprise verse des dividendes.
Estimation pour l'aide publique : 100 000 salariés à 20 % d'heures en moins pendant un an, soit 321 heures chacun, payées 8,57 € à 19,94 € de l'heure, coûteraient entre 0,3 et 0,6 milliard par an.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- franceinfo — Présidentielle 2027 : Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, annonce sa candidature (08/12/2025)
- Lutte ouvrière — Discours de Nathalie Arthaud au meeting du 26 septembre 2026
- Lutte ouvrière — Éditorial de Nathalie Arthaud « Le camp des travailleurs ou celui du Medef ! » (31/08/2026)
- Lutte ouvrière — Brochure de campagne « Le camp des travailleurs » (juin 2026, PDF)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 2001-455 DC, loi de modernisation sociale (12/01/2002)
- Cour de justice de l'UE — Communiqué n° 143/16, arrêt AGET Iraklis C-201/15 (21/12/2016)
- Service-public.fr — Activité partielle (chômage partiel) : indemnité et allocation (vérifié le 13/08/2026)
- Banque de France — Défaillances d'entreprises, juin 2026 (07/08/2026)
Mise à jour : 28 octobre 2026