Nathalie Arthaud · Lutte ouvrière · Travail
Répartition du travail entre tous sans perte de salaire
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Ni la durée ni le nombre d'emplois ne sont chiffrés : 200 000 embauches publiques coûteraient 8 à 12 milliards par an (estimation), et la recette « prise sur les profits » n'est pas détaillée.
La proposition
Recenser les besoins et « imposer que le travail soit réparti entre tous », en baissant « le temps et la charge de travail sans perte de salaire ». Embaucher selon les listes établies par le personnel des hôpitaux, des Ehpad, de l'éducation et des transports publics, soit selon LO « des centaines de milliers d'emplois à créer tout de suite ». Ni la durée du travail ni le nombre d'emplois ne sont chiffrés.
Annoncée
26 juin 2026 · Brochure de campagne présidentielle 2027 (supplément gratuit à Lutte ouvrière n° 3021 du 26 juin 2026), reprise dans l'éditorial du 31 août 2026 et au meeting du 26 septembre 2026
Ce que ça change pour vous
Sont concernés les salariés du privé, les 5,9 millions d'agents publics (Cour des comptes, 2026) et les chômeurs visés par les embauches.
LO ne fixe pas de durée. Exemple d'un passage de 35 à 32 heures : environ 13 heures de travail en moins par mois, pour le même salaire.
Pour l'employeur, à salaire égal, l'heure de travail coûterait alors 9,4 % de plus (35 ÷ 32).
Heures de travail par semaine
3 h de moins
Heures de travail par mois
13 h de moins
Combien ça coûte
Aucun chiffrage public trouvé. LO ne chiffre ni la durée du travail ni le nombre d'emplois (« des centaines de milliers »).
Cour des comptes (octobre 2024) : supprimer 100 000 emplois dans les collectivités ferait économiser 4,1 milliards par an à partir de 2030, soit environ 41 000 € par poste.
Coût moyen d'un agent public : environ 61 000 € par an (calcul : 362,1 milliards de masse salariale pour 5,9 millions d'agents en 2024, Cour des comptes 2026).
Estimation : 200 000 embauches = 8,2 à 12,3 milliards par an ; 300 000 = 12,3 à 18,4 milliards. Chaque baisse de 1 % du temps de travail des agents, compensée par des embauches : environ 3,6 milliards.
Est-ce possible
Baisser la durée légale du travail : une loi ordinaire suffit. Le Conseil constitutionnel a validé le passage aux 35 heures (décision du 10 juin 1998).
Maintenir tous les salaires dans le privé : possible, mais limité par la liberté d'entreprendre. En 1998, le Conseil a tenu compte des aides prévues pour les entreprises.
Embaucher dans les hôpitaux et l'éducation : une loi de finances et une loi de financement de la Sécurité sociale suffisent. Pour les Ehpad et les transports publics, il faut aussi passer par les départements, les régions ou les entreprises publiques qui emploient ce personnel.
Droit européen : la directive sur le temps de travail fixe des normes minimales, dont un maximum de 48 heures par semaine. Elle n'empêche pas de travailler moins.
- Baisser la durée légale du travailLoi ordinaire, 35 heures validées en 1998Oui
- Maintenir tous les salaires dans le privéLiberté d'entreprendre : à encadrerSous conditions
- Embaucher dans les services publicsBudgets de l'État, de la Sécurité sociale et des collectivitésOui
- Droit européenFixe un maximum, pas de minimumOui
Qui paie
LO veut « prendre sur les profits » pour répartir le travail (éditorial du 31 août 2026) et confisquer ceux des pétroliers et des marchands d'armes (meeting du 26 septembre 2026).
Aucun montant n'est donné, ni pour la dépense ni pour la recette.
Dans le privé, la hausse du coût de l'heure serait payée par l'employeur ; les textes de LO ne parlent pas d'aide publique.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif, embaucher là où le personnel dit qu'il manque du monde, mais par étapes : une première tranche de 100 000 postes dans les hôpitaux, les Ehpad et l'éducation.
Coût : 4,1 à 6,1 milliards par an (Cour des comptes 2024 ; coût moyen d'un agent en 2024), payé par une recette écrite et chiffrée dans la loi de finances, par exemple une taxe sur les profits des secteurs visés par LO.
Dans le privé, baisser la durée du travail avec des aides liées aux embauches, comme la loi de 1998 validée par le Conseil constitutionnel.
- Première tranche de 100 000 postes · 6,1 Md€
Environ 2 fois moins cher
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Lutte ouvrière — Brochure de campagne Nathalie Arthaud, Présidentielle 2027 (supplément à Lutte ouvrière n° 3021, 26/06/2026, PDF)
- Lutte ouvrière — Éditorial de Nathalie Arthaud « Le camp des travailleurs ou celui du Medef ! » (31/08/2026)
- Lutte ouvrière — Discours de Nathalie Arthaud au meeting du 26 septembre 2026
- Cour des comptes — Les finances publiques locales 2024, fascicule 2 (octobre 2024) : 100 000 emplois en moins = 4,1 Md€ d'économie par an à partir de 2030
- Banque des Territoires (Localtis) — Emploi public : la note de la Cour des comptes, masse salariale de 362,1 Md€ et 5,9 millions d'agents (23/09/2026)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 98-401 DC du 10 juin 1998, loi sur la réduction du temps de travail
- Commission européenne — Directive 2003/88/CE sur le temps de travail (normes minimales, 48 heures au maximum)
Mise à jour : 28 octobre 2026