François Asselineau · UPR · Finances publiques
Emprunt national réservé aux Français pour racheter la dette détenue à l'étranger
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Le rachat porte sur environ 1 456 milliards détenus à l'étranger, sans chiffrage du coût, et réserver les emprunts aux Français est interdit tant que la France est dans l'UE.
La proposition
Lancer un grand emprunt national réservé aux Français pour racheter la dette publique détenue par des fonds étrangers, et réserver aux épargnants français l'émission des nouveaux emprunts d'État (bons du Trésor). Selon lui, la dette détenue à l'étranger fait sortir de France environ 45 milliards d'euros par an.
Annoncée
30 septembre 2026 · Discours de rentrée politique 2026 (« Nationalisation de la dette publique »), mis en ligne par l'UPR le 30/09/2026 ; bons du Trésor réservés aux épargnants français et chiffre de 45 milliards précisés sur Tocsin (23/10/2026)
Ce que ça change pour vous
Pour les épargnants : un nouveau placement d'État, réservé aux Français.
Pour le contribuable : la facture d'intérêts ne baisse pas d'elle-même. L'État paie autant, mais à des Français plutôt qu'à des étrangers.
Estimation : sur 58 milliards de charge de la dette de l'État prévue en 2026 (Sénat), environ 32 milliards vont à des non-résidents (58 × 55,4 %, part relevée par l'IFRAP au 2e trimestre 2025). Le candidat avance 45 milliards.
Versés à des créanciers non résidents
32 Md€ de moins
Versés à des créanciers en France
32 Md€ de plus
Combien ça coûte
Aucun chiffrage public de la mesure n'a été trouvé, et le candidat n'en publie pas.
Le rachat porte sur environ 1 456 milliards détenus par des non-résidents (IFRAP, 2025), soit 22 % de tous les placements financiers des ménages (6 591 milliards fin 2025, Banque de France).
C'est 87 fois l'emprunt Balladur de 1993 (110 milliards de francs, environ 16,8 milliards d'euros) et environ 66 fois le bon d'État belge de 2023 (21,9 milliards).
Estimation : si l'État doit payer un demi-point de plus pour attirer les épargnants, le surcoût est d'environ 7 milliards par an (1 456 × 0,5 %).
Est-ce possible
Racheter ses propres titres sur le marché, à des vendeurs volontaires : une loi ordinaire suffit, l'État peut le faire.
Réserver les emprunts d'État aux Français : non, tant que la France est dans l'UE. Le traité interdit les restrictions aux mouvements de capitaux (article 63 TFUE) et les discriminations selon la nationalité (article 18 du même traité). Le candidat le reconnaît.
Sa réponse : sortir de l'UE par l'article 50 du traité sur l'Union européenne, une autre de ses mesures, qui prend deux ans après la notification, sauf prolongation.
Un emprunt réservé aux particuliers, sans critère de nationalité, reste possible dans l'UE : la Belgique l'a fait en 2023.
- Racheter des titres sur le marchéAuprès de vendeurs volontairesOui
- Réserver les emprunts aux FrançaisArticles 18 et 63 du TFUENon
- Sortir de l'UE pour le permettreArticle 50 TUE : deux ans après la notificationSous conditions
- Emprunt réservé aux particuliersFait en Belgique en 2023Oui
Qui paie
Le rachat serait payé par l'emprunt lui-même : une dette en remplace une autre, sans dépense nouvelle affichée.
Le candidat ne donne ni le montant visé, ni le taux offert aux épargnants, ni le calendrier.
Si ce taux dépasse celui du marché, le surcoût n'est pas financé dans ce qui est publié.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif, plus de dette détenue par les Français, en restant dans les règles : un emprunt d'État réservé aux particuliers, sans critère de nationalité, vendu en banque.
La Belgique a levé 21,9 milliards en 2023 avec un bon d'État à un an, à 3,3 % brut, avec un impôt réduit de 30 % à 15 %.
Estimation de l'avantage fiscal pour une émission de cette taille : environ 0,1 milliard (21,9 × 3,3 % × 15 %).
La part détenue en France ne monterait que par étapes : une émission de cette taille représente environ 1,5 % des 1 456 milliards détenus à l'étranger.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- UPR — Discours de rentrée 2026 de François Asselineau : la Libération nationale ! (30/09/2026)
- UPR — François Asselineau invité de Clémence Houdiakova sur Tocsin (23/10/2026)
- Sénat — PLF 2026, Engagements financiers de l'État, rapport général n° 139 (2025-2026)
- IFRAP — Les assureurs français ne détiennent plus que 10 % de la dette française (17/10/2025)
- La finance pour tous — Placements : le patrimoine financier des ménages progresse en 2025 (21/07/2026)
- Parlement européen — Fiche thématique : la libre circulation des capitaux (articles 63 à 66 TFUE)
- Larousse, Journal de l'année 1994 — Politique économique : l'année de la baisse des taux (emprunt Balladur)
- Business AM — Le bon d'État : le bilan final en six chiffres remarquables (04/09/2023)
Mise à jour : 28 octobre 2026