Les propositions de François Asselineau

François Asselineau · Union populaire républicaine (UPR) · Économie

Sortie de l'euro et retour au franc à parité : « un nouveau franc pour un euro »

Ça ne tient pas

Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.

Plus de 30 milliards par an d'intérêts en plus selon la Banque de France (2017), sans financement annoncé ; et la sortie suppose aussi, selon des juristes, de réviser la Constitution.

La proposition

Quitter l'euro dans le cadre d'une sortie de l'Union européenne par l'article 50 du traité sur l'UE (deux ans de négociation au plus), et revenir au franc avec une conversion à parité, « un nouveau franc pour un euro ». Il prévoit une dépréciation de l'ordre de 15 % face au dollar, qui aiderait selon lui les exportations et l'emploi.

Annoncée

1 octobre 2026 · Entretien avec Nicolas Stoquer sur GP-TV (01/10/2026), résumé publié par l'UPR le 03/10/2026 ; sortie « de l'UE, de l'euro et de l'OTAN » par l'article 50 déjà annoncée dans ses vœux du 01/01/2026

Ce que ça change pour vous

Le jour du passage, tout est converti à parité : un salaire de 2 000 € devient 2 000 francs, un livret de 10 000 € devient 10 000 francs.

Ensuite, avec la baisse de 15 % face au dollar que prévoit le candidat, un produit payé en dollars coûterait environ 18 % de plus (100 ÷ 0,85 ≈ 118).

Institut Montaigne (2017) : 1 600 € de pouvoir d'achat en moins par ménage et par an. Terra Nova (2017) : 1 500 à 1 800 €, surtout pour les ménages modestes.

Le candidat attend au contraire un gain pour les entreprises qui exportent et pour l'emploi.

Pouvoir d'achat perdu par ménage et par an, selon les chiffrages de 2017
Terra Nova (bas de fourchette)
1 500 €
Institut Montaigne
1 600 €
Terra Nova (haut de fourchette)
1 800 €

Combien ça coûte

Aucun chiffrage récent trouvé : les chiffrages disponibles datent de la présidentielle 2017, sur un projet proche (sortie de l'euro du FN).

Banque de France (février 2017) : plus de 30 milliards d'euros par an d'intérêts en plus sur la dette publique, à cause de taux plus élevés.

Institut Montaigne (2017) : un surcoût d'environ 50 milliards par an sur la consommation des ménages, et une récession de 4 à 13 % à terme.

L'UPR ne publie pas de chiffrage. Tous ces montants dépendent de l'ampleur de la baisse du franc et des taux, très difficiles à prévoir.

Coûts par an, selon les chiffrages de 2017
Banque de France : intérêts de la dette en plus (État)
30 Md€
Institut Montaigne : surcoût sur la consommation (ménages)
50 Md€

Est-ce possible

Sortir de l'euro en restant dans l'UE : aucune procédure prévue, les traités présentent l'euro comme irréversible (analyse Cleary Gottlieb, 2017).

Quitter l'UE, et donc l'euro, par l'article 50 : c'est un droit de chaque pays ; les traités cessent de s'appliquer au plus tard deux ans après la notification, sauf prolongation.

Constitution : l'article 88-1 dit que la République « participe à l'Union européenne ». Selon des juristes, il faudrait le réviser (vote des deux assemblées, puis référendum ou 3/5 du Congrès).

Une fois hors de l'UE, une loi suffit pour créer le franc et convertir les contrats de droit français (Cleary Gottlieb, 2017). Mais selon Patrick Artus (cité par l'Institut Montaigne), les agences de notation verraient un défaut de paiement dans la conversion de la dette.

Ce que permettent les textes
  • Sortir de l'euro en restant dans l'UEAucune procédure dans les traitésNon
  • Quitter l'UE par l'article 50Sortie au plus tard deux ans après la notificationOui
  • Constitution (article 88-1)Révision : vote des deux assemblées, puis référendum ou 3/5 du CongrèsSous conditions
  • Créer le francUne loi suffit, une fois hors de l'UEOui
  • Convertir la dette en francsPossible par la loi, vu comme un défaut par les agencesSous conditions

Qui paie

Aucun financement annoncé : le candidat présente la mesure comme un gain, la baisse du franc devant aider les exportations et réduire le déficit commercial.

Ces gains attendus ne sont pas chiffrés, pas plus que le coût des intérêts de la dette ou des produits importés.

Le financement annoncé
Annoncé0 Md€
Aucun financement : gains à l'export attendus, non chiffrés
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif, retrouver le franc, en levant d'abord l'obstacle juridique : réviser l'article 88-1 de la Constitution (vote des deux assemblées, puis référendum) avant de notifier l'article 50.

Publier avant le vote un chiffrage indépendant (Banque de France, Cour des comptes) du coût pour la dette et pour les prix, avec la façon de le payer.

Coût de cette piste : non chiffré à ce jour ; le risque sur les taux d'intérêt reste le point à financer.

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. UPR — François Asselineau invité de Nicolas Stoquer sur GP-TV (01/10/2026, publié le 03/10/2026)
  2. UPR — Vœux pour 2026 de François Asselineau (01/01/2026)
  3. AFP / Gulf Times — Le Pen's anti-euro plan to cost France €30bn a year, selon le gouverneur de la Banque de France (13/02/2017)
  4. Institut Montaigne — Anti-brouillard : sortie de l'euro, Marine Le Pen nous propose la ruine (26/04/2017)
  5. Institut Montaigne — Anti-brouillard : sortie de l'euro, démêler le vrai du faux (22/02/2017)
  6. Public Sénat — La sortie de l'euro, un pari économique périlleux (17/03/2017)
  7. IFLR / Cleary Gottlieb — Frexit : the case against (mai 2017)
  8. Conseil constitutionnel — Constitution du 4 octobre 1958, articles 88-1 et 89

Mise à jour : 27 octobre 2026

La discussion (0)