Gabriel Attal · Renaissance · Salaires
L'équivalent d'un 13e mois pour les classes moyennes
Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.
Environ 40 milliards par an selon le candidat, jusqu'à 53 selon notre estimation, sans économies détaillées pour payer ; une baisse réservée aux classes moyennes risque la censure.
La proposition
Donner dès le début du mandat « l'équivalent d'un 13e mois » aux classes moyennes qui travaillent, soit 250 € nets de plus par mois au salaire médian (2 200 € nets), en supprimant des cotisations payées par les salariés. La baisse serait « financée à l'euro près » par des économies sur le modèle social. En juin 2025, il chiffrait ce « choc » à 40 milliards d'euros de hausse des salaires, par la suppression de la part salariale de la cotisation vieillesse.
Annoncée
22 juillet 2026 · Entretien au Télégramme, lors d'un déplacement en Bretagne
Ce que ça change pour vous
Concernés : les salariés. La baisse elle-même ne change rien pour les retraités, les chômeurs et l'employeur.
Exemple au salaire médian, 2 200 € nets (environ 2 800 € bruts) : supprimer la cotisation vieillesse du salarié (7,3 % du brut) donne environ 205 € nets de plus par mois, selon notre calcul.
Pour atteindre les 250 € annoncés, il faut retirer environ 9 % du brut, donc d'autres cotisations en plus.
Le salaire imposable monte aussi : pour un ménage imposable, une partie du gain repart en impôt sur le revenu.
Selon notre calcul (cotisation vieillesse supprimée)
205 € de plus
Selon le candidat
250 € de plus
Combien ça coûte
Gabriel Attal (juin 2025) : 40 milliards d'euros par an pour supprimer la part salariale de la cotisation vieillesse.
Notre estimation : 7,3 % × 726 milliards de salaires du privé (Urssaf, 2024) = 53 milliards au plus ; le plafond de la Sécurité sociale réduit un peu ce chiffre.
Aucun chiffrage public ou indépendant (Cour des comptes, Bercy, OFCE…) n'a été trouvé à ce jour.
Une version réservée aux classes moyennes coûterait moins, mais elle n'est pas chiffrée.
Est-ce possible
Une loi suffit, en pratique la loi de financement de la Sécurité sociale. Aucune règle européenne ne l'interdit.
Une suppression identique pour tous les salariés est possible.
Une baisse réservée à une partie des salariés pose problème : en 2014, le Conseil constitutionnel a censuré une baisse des cotisations salariales réservée aux salaires de 1 à 1,3 Smic, car les salariés concernés auraient gardé les mêmes droits (retraite, maladie) en cotisant moins que les autres.
- Vote par une loiLoi de financement de la Sécurité socialeOui
- Suppression identique pour tous les salariésAucune règle ne s'y opposeOui
- Baisse réservée aux classes moyennesCensure d'une mesure de ce type en 2014Non
Qui paie
Le candidat annonce une baisse « financée à l'euro près » par des économies sur le modèle social, sans dire lesquelles.
Son plan de 150 milliards d'économies (octobre 2026) ne mentionne pas cette mesure et ne chiffre pas ses économies poste par poste.
En 2025, une TVA sociale avait été évoquée ; en juin 2026, il écarte une TVA sociale patronale.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif, plus de net pour ceux qui travaillent, mais avancer par étapes, avec une baisse identique pour tous les salariés pour éviter la censure de 2014.
Chaque point de cotisation vieillesse en moins coûte au plus 7,3 milliards (1 % × 726 milliards de salaires, Urssaf 2024) et rapporte environ 28 € nets par mois au salaire médian.
Chaque étape n'est votée qu'avec une économie écrite du même montant dans la même loi de financement de la Sécurité sociale.
- Un point de cotisation en moins · 7,3 Md€
Environ 5,5 fois moins cher
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Attal Président — Dans Le Télégramme, Gabriel Attal veut un choc de salaires et instaurer le droit au brut (22 juillet 2026)
- franceinfo — Gabriel Attal propose de réformer les retraites sans âge légal et un « choc » de 40 milliards de salaires (entretien aux Échos, 29 juin 2025)
- Attal Président — Dans Les Échos, scénario de réduction directe des cotisations salariales (17 juin 2026)
- Attal Président — Lettre aux Français sur les finances publiques (15 octobre 2026)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 2014-698 DC, loi de financement rectificative de la Sécurité sociale pour 2014 (6 août 2014)
- Éditions Tissot — Charges sur salaires au 1er janvier 2026 (taux vieillesse salariaux 6,90 % et 0,40 %)
- Legisocial — La matinale : masse salariale du privé de 726 milliards en 2024 selon l'Urssaf (24 septembre 2025)
- Presse-citron — Le salaire médian à 3 000 euros ? La promesse de Gabriel Attal (21 juillet 2025)
Mise à jour : 27 octobre 2026