Gabriel Attal · Renaissance · Finances publiques
150 milliards d'économies et 100 000 postes de fonctionnaires en moins
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
150 milliards d'économies annoncés, dont 7 seulement chiffrés (100 000 postes) : possible en droit, mais les 100 milliards visant les dépenses sociales ne sont pas détaillés.
La proposition
Réaliser 150 milliards d'euros d'économies sur le quinquennat, dont deux tiers sur les dépenses sociales (arrêts maladie, assurance chômage, retraites), avec un « frein d'urgence » de 20 milliards dès l'élection. Objectifs : un déficit sous 3 % avant 2032 et zéro déficit en 2037. Supprimer 100 000 postes de fonctionnaires par des départs volontaires avec prime, en préservant l'Éducation nationale, les Armées, la Justice et l'Intérieur.
Annoncée
15 octobre 2026 · Lettre aux Français présentée dans un entretien aux Échos (plan déjà esquissé dans Le Parisien début juillet 2026)
Ce que ça change pour vous
Environ 100 milliards, soit les deux tiers de l'effort, viseraient les dépenses sociales (arrêts maladie, assurance chômage, retraites) : environ 10,7 % des 932,5 milliards de prestations sociales versées en 2024 (DREES).
Une « année blanche » est prévue pour le budget 2028 : pas de revalorisation des prestations, sauf pour les petites retraites (iFRAP).
Exemple (estimation) : une pension de 2 000 € par mois non revalorisée, avec 1,3 % d'inflation (hypothèse de l'IPP), c'est 26 € par mois de pouvoir d'achat en moins, si elle n'est pas comptée comme une petite retraite.
Fonctionnaires de l'État : 100 000 postes en moins hors ministères préservés, où travaillent environ 800 000 agents selon Public Sénat, soit environ 1 poste sur 8.
Pension mensuelle
26 €/mois de moins
Combien ça coûte
C'est une mesure d'économie : 150 milliards sur le quinquennat, soit environ 8,8 % des 1 714 milliards de dépenses publiques de 2025 (Insee, mars 2026).
Seul volet chiffré par le candidat : 7 milliards pour les 100 000 postes (Public Sénat, juillet 2026). Repère : la Cour des comptes (octobre 2024) chiffre un peu plus de 100 000 postes de moins dans les collectivités, d'ici 2030, à 4,1 milliards par an.
Repère pour les prestations : un an de gel rapporte environ 3 milliards sur les retraites et 1,3 milliard sur les autres prestations, avec 1,3 % d'inflation (IPP, juin 2025).
Aucun chiffrage indépendant du plan complet n'est publié. En juillet 2026, le candidat parlait de 120 à 150 milliards.
Est-ce possible
Économies sur les prestations, gel en 2028, réformes du chômage, des arrêts maladie et des retraites : une loi ordinaire (budget de l'État ou de la Sécurité sociale) ou des décrets suffisent.
Frein d'urgence de 20 milliards : possible par un budget rectificatif voté dans les premiers mois, ce que prévoit le candidat (iFRAP).
100 000 postes en moins par départs volontaires : possible sans changer la Constitution.
Calendrier : l'UE demande à la France de repasser sous 3 % de déficit d'ici 2029 (Conseil de l'UE, 21 janvier 2025). « Avant 2032 » peut aller au-delà : ce n'est pas interdit, mais la procédure européenne se poursuivrait.
- Économies sociales et gel en 2028Loi ordinaire ou décretOui
- Frein d'urgence de 20 milliardsBudget rectificatifOui
- 100 000 postes en moinsDéparts volontaires avec primeOui
- Déficit sous 3 % « avant 2032 »L'UE a fixé l'échéance à 2029Sous conditions
Qui paie
Mesure d'économie : la question est de savoir si les économies sont écrites.
Sur 150 milliards, seuls 7 sont chiffrés par le candidat (100 000 postes).
Les 100 milliards visant les dépenses sociales nomment des postes (arrêts maladie, chômage, retraites), sans montant par réforme. Le frein d'urgence de 20 milliards n'est pas détaillé.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif (150 milliards, déficit sous 3 %) en publiant le montant de chaque économie, réforme par réforme, comme pour les 100 000 postes.
Des repères chiffrés existent : 4,1 milliards par an pour un peu plus de 100 000 postes de moins dans les collectivités d'ici 2030 (Cour des comptes, 2024) ; pour un an de gel, 3 milliards sur les retraites et 1,3 milliard sur les autres prestations (IPP, 2025).
Viser 2029 pour repasser sous 3 % : c'est compatible avec « avant 2032 » et avec l'échéance européenne.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Attal Président — Lettre aux Français sur les finances publiques (15 octobre 2026)
- Public Sénat — Réduction du nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal (3 juillet 2026)
- iFRAP — Comparateur des programmes, présidentielle 2027 (octobre 2026)
- Insee — Compte provisoire des administrations publiques 2025 (27 mars 2026)
- DREES — Les dépenses de protection sociale en 2024 (édition 2025)
- Acteurs publics — La Cour des comptes pousse à la suppression de 100 000 postes dans les collectivités (2 octobre 2024)
- Journal de l'économie — Une année blanche permettrait 5,7 milliards d'économies, selon l'IPP (1er juillet 2025)
- Conseil de l'UE — Recommandation visant à mettre un terme au déficit excessif en France (21 janvier 2025)
Mise à jour : 27 octobre 2026