Les propositions de Gabriel Attal

Gabriel Attal · Renaissance · Économie

Un plan « France 2040 » de 200 milliards d'euros pour l'intelligence artificielle

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

Entre 7,7 et 10 milliards d'argent public par an selon la durée (estimation, aucun chiffrage publié) : possible en droit, mais sans calendrier ni financement détaillé.

La proposition

Lancer un « Plan France 2040 » de 200 milliards d'euros pour l'IA, la tech et l'innovation, financé à parité stricte entre argent public et privé, en misant sur la commande publique plutôt que sur la subvention, pour développer des « champions français et européens ». Objectif : que la France soit d'ici dix ans la première puissance européenne de l'IA. Former 20 millions de salariés à l'IA d'ici 2030.

Annoncée

17 juin 2026 · Entretien aux Échos, puis salon VivaTech (juin 2026) ; repris au meeting de Lyon le 10 octobre 2026

Ce que ça change pour vous

Salariés : 20 millions à former à l'IA, soit environ 3 salariés sur 4 (27,0 millions de salariés fin 2025 selon l'Insee). La durée et le contenu de la formation ne sont pas précisés.

Entreprises de l'IA et de la tech : davantage de commandes de l'État au lieu de subventions. Pour diffuser l'IA dans les PME et ETI, il propose aussi un « crédit d'impôt productivité » pour les entreprises, non chiffré.

Pour chaque habitant : la moitié publique (100 milliards) représente environ 1 450 € par habitant, soit environ 145 € par an sur dix ans (estimation, 69,1 millions d'habitants selon l'Insee).

Salariés concernés par la formation à l'IA
Salariés en France (Insee, fin 2025)
27 millions
Salariés à former d'ici 2030
20 millions

Combien ça coûte

Ni le candidat ni un organisme indépendant n'a publié de coût par an : le plan n'a pas de calendrier.

Estimation : la moitié publique fait 100 milliards. Sur dix ans, l'horizon de l'objectif fixé par le candidat, cela fait 10 milliards par an ; étalée de 2028 à 2040 (13 ans), environ 7,7 milliards par an.

Repère : le plan France 2030 compte 54 milliards au total et 5,1 milliards de crédits prévus en 2026 (Sénat, projet de budget 2026).

La formation des 20 millions de salariés et le crédit d'impôt productivité ne sont pas chiffrés.

Argent public par an (estimation)
Plan Attal sur 10 ans
10 Md€
Plan Attal de 2028 à 2040
7,7 Md€
France 2030, crédits 2026 (Sénat)
5,1 Md€

Est-ce possible

Ouvrir les crédits : une loi de finances suffit. France 2030 est financé de la même façon, par une ligne du budget de l'État (Sénat).

Acheter plutôt que subventionner : c'est possible. Le code de la commande publique prévoit le « partenariat d'innovation » (article L2172-3) : l'État paie la recherche, puis achète le résultat.

Tout marché public doit traiter les candidats à égalité (article L3 du code, et droit européen) : l'État ne peut pas réserver ses commandes aux seules entreprises françaises.

Les subventions restent des aides d'État, contrôlées par la Commission européenne (article 107 du traité sur le fonctionnement de l'UE).

Ce que permet le droit
  • Ouvrir 100 milliards de crédits publicsUne loi de finances suffitOui
  • Commande publique plutôt que subventionPartenariat d'innovation (art. L2172-3)Oui
  • Favoriser des champions français et européensÉgalité de traitement des candidats (art. L3, droit européen)Sous conditions
  • Subventions à de grands projetsAccord de Bruxelles (aides d'État)Sous conditions
  • Former 20 millions de salariésPas d'obstacle juridique identifiéOui

Qui paie

Moitié privée (100 milliards) : attendue des entreprises et des investisseurs, sans engagement chiffré de leur part.

Moitié publique (100 milliards) : le candidat veut « financer les investissements d'avenir par des économies structurelles » (arrêts maladie, gel des prestations sociales, y compris d'une partie des retraites), sans montant réservé au plan.

Il annonce 120 à 150 milliards d'économies, qui doivent d'abord ramener le déficit public à zéro en 2037 (Le Parisien, juillet 2026, repris par Moneyvox) ; il ne dit pas quelle part servirait à ce plan.

La part publique à financer
Annoncé100 Md€
Économies citées, sans montant pour ce plan
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder les 200 milliards, la parité public-privé et la commande publique, mais inscrire dans une loi de programmation un calendrier avec un montant pour chaque année.

Reprendre, une fois France 2030 achevé, la ligne de budget qui le finance (5,1 milliards de crédits en 2026 selon le Sénat) : elle couvre environ la moitié des 10 milliards par an. Ses aides déjà promises restent à verser : 14,1 milliards versés sur 39,5 attribués au 30 juin 2025 (Sénat).

Le reste, environ 4,9 milliards par an (estimation), serait financé par des économies chiffrées et votées en même temps.

Argent public nouveau par an
La mesure, sur 10 ans (estimation)10 Md€
La piste4,9 Md€
  • Avec reprise de la ligne France 2030 · 4,9 Md€

Environ 2 fois moins cher

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Attal Président — Dans Les Échos, Gabriel Attal appelle à une rupture économique (17 juin 2026)
  2. Attal Président — Mesures présentées au meeting de Lyon (11 octobre 2026)
  3. Moneyvox — Attal veut 100 000 départs volontaires de fonctionnaires et « l'impunité budgétaire zéro » (3 juillet 2026)
  4. Sénat, commission des finances — L'essentiel sur le PLF 2026, mission « Investir pour la France de 2030 » (2025)
  5. Insee — Emploi, chômage et revenus du travail, édition 2026, dossier de presse (2 juillet 2026)
  6. Insee — Bilan démographique 2025, Insee Première n° 2087 (13 janvier 2026)
  7. Code de la commande publique — Article L2172-3 (partenariat d'innovation)
  8. Code de la commande publique — Article L3 (égalité de traitement des candidats)

Mise à jour : 27 octobre 2026

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