Les propositions de Gabriel Attal

Gabriel Attal · Renaissance · Éducation

Augmenter les enseignants de 200 à 500 € nets par mois

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

2,5 à 3 milliards par an selon le candidat, possible par simple décret, mais les économies censées la payer (chômage, minima sociaux) ne sont ni chiffrées ni détaillées.

La proposition

Augmenter tous les enseignants de 200 € nets par mois, et jusqu'à 500 € nets pour ceux en milieu de carrière. Le candidat chiffre la mesure entre 2,5 et 3 milliards d'euros par an et promet de la financer par des économies sur l'assurance chômage et les minima sociaux.

Annoncée

25 août 2026 · Entretien au Monde

Ce que ça change pour vous

Environ 850 000 enseignants sont concernés (franceinfo, août 2026).

Un professeur des écoles payé en moyenne 2 850 € nets par mois (DEPP, 2024) passerait à 3 050 €, soit 2 400 € de plus par an.

En milieu de carrière, le gain irait jusqu'à 500 € nets par mois, soit 6 000 € par an : un professeur certifié ou d'EPS au salaire moyen de 3 130 € passerait à 3 630 €.

Le candidat ne précise pas qui compte comme « milieu de carrière », ni si les contractuels (2 130 € nets en moyenne, DEPP) sont inclus.

Salaire net par mois, avant et après la mesure

Professeur des écoles au salaire moyen

Avant
2 850 €/moisAprès
3 050 €/mois

200 €/mois de plus

Professeur certifié ou d'EPS au salaire moyen, s'il compte comme milieu de carrière

Avant
3 130 €/moisAprès
3 630 €/mois

500 €/mois de plus

Enseignant contractuel au salaire moyen, s'il est inclus

Avant
2 130 €/moisAprès
2 330 €/mois

200 €/mois de plus

Combien ça coûte

Le candidat : entre 2,5 et 3 milliards d'euros par an (franceinfo, août 2026). Aucun chiffrage indépendant de cette mesure n'est publié.

Estimation d'après le Sénat : la hausse « socle » de 2023, 1 350 € bruts par an pour 877 565 enseignants, CPE et psychologues, coûte 1,26 milliard par an ; 200 € nets (environ 2 800 € bruts par an) coûteraient donc environ 2,6 milliards.

Le bonus des milieux de carrière s'y ajoute : environ 0,45 milliard par tranche de 100 000 enseignants à 500 €, soit près de 4 milliards au total s'ils étaient 300 000.

Si la hausse passe par le traitement de base et non par une prime, l'État paie en plus une cotisation retraite de 82,28 % du traitement brut (taux 2026) : le coût serait nettement plus élevé.

Coût par an selon les chiffrages
Candidat, bas de fourchette
2,5 Md€
Candidat, haut de fourchette
3 Md€
Estimation : 200 € pour tous (d'après le Sénat)
2,6 Md€
Estimation : avec 300 000 enseignants à 500 €
4 Md€

Est-ce possible

Un décret et un arrêté suffisent : la paie des enseignants (grilles et primes) est fixée par le gouvernement, pas par la loi.

Précédent : en 2023, la prime ISAE/ISOE a été portée à 2 550 € bruts par an par un simple arrêté du 19 juillet 2023.

Les crédits doivent être votés chaque année par le Parlement dans la loi de finances.

Une hausse plus forte en milieu de carrière ne pose pas de problème de principe : la grille de salaire progresse déjà selon l'ancienneté.

Ce qu'il faut pour l'appliquer
  • Hausse de 200 € pour tousDécret et arrêté, comme en 2023Oui
  • Jusqu'à 500 € en milieu de carrièreLa grille dépend déjà de l'anciennetéOui
  • Crédits budgétairesÀ voter chaque année en loi de financesSous conditions

Qui paie

Le candidat promet des économies sur l'assurance chômage et les minima sociaux (franceinfo, août 2026).

Aucun montant n'est attaché à ces économies.

Sa lettre du 15 octobre 2026 annonce 150 milliards d'économies sur le quinquennat, dont deux tiers sur les dépenses sociales, sans détail par poste ni mention de cette hausse.

Le financement est nommé, mais pas écrit.

Coût annoncé et part financée de façon détaillée
Annoncé3 Md€
Économies nommées (chômage, minima sociaux), aucun montant publié
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder 200 € nets pour tous en passant par la prime ISAE/ISOE, comme en 2023 : environ 2,6 milliards par an (estimation d'après le Sénat).

Définir les échelons qui reçoivent 500 € et publier le coût de ce bonus.

Écrire l'économie qui paie : par exemple une réforme de l'assurance chômage comme celle préparée en 2024, que l'Unédic estimait à 3,2 à 4,4 milliards d'économies par an dès 2027.

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Attal Président — Dans Le Monde, Gabriel Attal dévoile son projet pour l'École (25 août 2026)
  2. franceinfo — Les professeurs courtisés par les candidats : quelles revalorisations, avec quels financements ? (25 août 2026)
  3. Attal Président — Lettre aux Français sur les finances publiques (15 octobre 2026)
  4. Sénat — Rapport sur le PLF 2024, mission Enseignement scolaire : coût de la revalorisation « socle » (novembre 2023)
  5. Légifrance — Arrêté du 19 juillet 2023 fixant les montants de l'ISOE et de l'ISAE
  6. DEPP — Note d'information n° 26.36 : l'évolution du salaire des enseignants entre 2023 et 2024 (août 2026)
  7. La Finance pour tous — Retraites : quelle place dans les budgets des ministères ? (22 octobre 2026)
  8. Economie Matin — Réforme de l'assurance chômage : les économies estimées par l'Unédic (12 juin 2024)

Mise à jour : 27 octobre 2026

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