Olivier Becht · Sans étiquette · Énergie
Indépendance énergétique totale grâce aux carburants de synthèse
Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.
150 milliards annoncés sur 20 ans, mais les seules usines coûteraient environ 370 milliards (estimation), et il faudrait plus du double de l'électricité produite en France.
La proposition
Lancer une production de masse de carburants de synthèse (hydrogène tiré de l'eau avec une électricité décarbonée, combiné à du carbone capté), avec « près de 150 milliards d'investissement » sur 20 ans et un développement massif du nucléaire et des renouvelables. Objectifs annoncés : plus de 60 milliards d'euros d'importations économisées chaque année et la neutralité carbone dès 2045.
Annoncée
24 septembre 2026 · Dossier de presse de la déclaration de candidature (axe 1), chiffré dans le livre-programme « Le Projet France » (partie 4)
Ce que ça change pour vous
Tous les ménages et entreprises qui achètent essence, gazole, fioul ou kérosène sont concernés.
Le candidat promet des prix « stables et abordables », mais écrit que ces carburants sont « aujourd'hui trop chers » faute de production de masse ; aucun prix au litre n'est annoncé.
L'électricité représente 50 à 70 % du coût de fabrication (Revue maritime, déc. 2025) : le prix à la pompe dépendrait surtout du prix du courant.
Les achats nets de pétrole et de gaz à l'étranger ont coûté 49,9 milliards en 2025 et 61,1 milliards en 2024 (SDES) : les « plus de 60 milliards » d'économies annuelles supposent des prix proches de ceux de 2024.
Combien ça coûte
Le candidat annonce « près de 150 milliards » d'investissement sur 20 ans, soit 7,5 milliards par an, sans dire combien paierait l'État.
Nous n'avons trouvé aucun chiffrage public ou indépendant de ce plan.
Estimation : environ 630 millions d'usines par TWh produit chaque année (d'après la Revue maritime, déc. 2025), donc environ 370 milliards pour remplacer les quelque 585 TWh de pétrole consommés en 2024 (SDES), hors centrales électriques.
Il faudrait aussi environ 1 170 TWh d'électricité par an (2 kWh pour 1 kWh de carburant, d'après la Revue maritime), plus du double de la production française de 2025 (547,5 TWh, RTE).
Est-ce possible
Lancer le plan d'investissement et créer un fonds public : une loi ordinaire suffit.
Les aides de l'État aux usines doivent respecter les règles européennes sur les aides d'État et, en général, être autorisées par la Commission européenne, comme pour les projets hydrogène (6,9 milliards validés en février 2024).
Voitures neuves : le texte européen adopté en 2023 impose zéro émission de CO2 à partir de 2035 ; leur usage de carburants de synthèse dépend d'une révision encore en discussion.
- Plan d'investissement et fonds publicUne loi ordinaire suffitOui
- Aides de l'État aux usinesRègles européennes sur les aides d'ÉtatSous conditions
- Voitures neuves au carburant de synthèse après 2035Dépend d'une révision européenne en discussionSous conditions
Qui paie
Le candidat cite un « Fonds Marianne » alimenté par l'épargne des Français, visant à terme plus de 1 200 milliards, avec capital et rendement garantis par l'État.
Le livre ne dit pas quelle part de ce fonds irait aux carburants de synthèse, ni ce que paieraient l'État et les entreprises.
Une garantie de l'État n'est pas une recette : si les placements perdent de l'argent, le budget public paie la différence.
Une piste qui tient mieux
Garder les carburants de synthèse, mais les réserver d'abord aux bateaux et aux avions, où la batterie ne suffit pas.
Pour le maritime français (26,6 TWh de carburants visés en 2050) : 4,3 milliards d'aide à l'investissement (Revue maritime, déc. 2025), soit environ 16,5 milliards d'usines au total (estimation).
Pour les voitures, utiliser l'électricité directement évite d'en consommer environ 2 kWh pour chaque kWh de carburant fabriqué.
Et publier la part payée par l'État et celle payée par le privé.
- Usines pour le maritime en 2050 (estimation) · 16,5 Md€
Environ 9,1 fois moins cher
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Becht 2027 — Dossier de presse « Le Projet France » (24/09/2026)
- Becht 2027 — Le livre « Le Projet France », partie 4 : Un nouveau modèle économique
- SDES — Chiffres clés de l'énergie, édition 2026 (30/09/2026)
- SDES — Bilan énergétique de la France pour 2024 (04/03/2026)
- RTE — Bilan électrique 2025, principaux résultats (2026)
- La Revue maritime (IFMER) — Une estimation du coût de la souveraineté de la France pour produire des carburants de synthèse (déc. 2025)
- Commission européenne — Hydrogène : aide d'État de 6,9 milliards pour un projet d'intérêt européen (15/02/2024)
- AFP / Connaissance des énergies — La fin des moteurs thermiques en 2035 validée par les États membres (28/03/2023)
Mise à jour : 28 octobre 2026