Olivier Becht · Sans étiquette (Agir) · Sécurité
Des centres de redressement encadrés par des militaires
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Une loi suffit, mais ni le nombre de places ni le coût ne sont publiés : à titre d'estimation, 1 000 places coûtent environ 47 millions par an à faire fonctionner, sans financement annoncé.
La proposition
Créer pour « les délinquants les plus durs » des centres de redressement encadrés par des militaires (« d'anciens militaires » selon le dossier de presse). Ils y travailleraient pour rembourser les dégâts causés et apprendraient un métier, afin de désengorger les prisons et de préparer leur réinsertion. Les petits délits relèveraient de travaux d'intérêt général, et les places de prison de haute sécurité seraient augmentées.
Annoncée
24 septembre 2026 · Dossier de presse de la déclaration de candidature (axe 4), détaillé sur le site de campagne (page Sécurité) et dans le livre-programme « Le Projet France » (partie 7)
Ce que ça change pour vous
Vise « les délinquants les plus durs », sans critère ni nombre précisés. Au 1er octobre 2025 : 84 862 détenus pour environ 62 500 places (Sénat).
En 2022, environ 3 détenus sur 10 travaillaient ; ce travail est aujourd'hui volontaire (ministère de la Justice).
Exemple, si le travail est payé au minimum prévu aujourd'hui pour les ateliers de production en prison (45 % du SMIC horaire, soit 5,54 € brut) : environ 554 € brut pour 100 heures par mois, qui peuvent servir à indemniser les victimes.
Pour le contribuable : une place de détention coûte en moyenne 128 € par jour, soit environ 46 700 € par an (Sénat, chiffre 2024).
Revenu brut du travail
554 €/mois de plus
Combien ça coûte
Ni le candidat ni un organisme public n'ont chiffré la mesure : le nombre de centres et de places n'est pas annoncé, pas plus que celui des nouvelles places de haute sécurité.
Estimation pour 1 000 places : environ 47 millions par an à faire fonctionner (128 € par jour, Sénat, chiffre 2024), jusqu'à 72 millions au coût d'une maison centrale (196 € par jour, Institut Montaigne 2017).
Construction : 160 000 à 264 000 € par place selon l'Institut Montaigne (2017) ; environ 300 000 € par place pour les 1 500 places « courtes peines » pour détenus peu dangereux prévues par l'État, chiffre incertain selon le Sénat (2025). Soit 160 à 300 millions pour 1 000 places.
Le coût net baisse si chaque place de centre libère une place de prison.
Est-ce possible
Créer ces centres : une loi ordinaire suffit. Le Parlement fixe les règles d'exécution des peines, dans le respect de la dignité de la personne (Conseil constitutionnel, 2013).
Travail obligatoire : la Convention européenne des droits de l'homme l'autorise pour une personne détenue (article 4). En France, un condamné doit déjà exercer une des activités proposées (code pénitentiaire, article L. 411-1), mais le travail lui-même ne peut pas être imposé : il faut changer la loi.
Encadrement par d'anciens militaires : possible en les recrutant comme agents publics.
Travaux d'intérêt général : ils existent déjà, mais ne peuvent être prononcés qu'avec l'accord du condamné (20 à 400 heures pour un délit).
- Créer les centresUne loi ordinaire suffitOui
- Travail obligatoirePermis par la CEDH, mais la loi française prévoit le volontariatSous conditions
- Encadrement par d'anciens militairesEn les recrutant comme agents publicsOui
- Travaux d'intérêt généralExistent déjà, avec l'accord du condamnéSous conditions
Qui paie
Le candidat ne publie ni coût ni financement pour ces centres ni pour les places de haute sécurité.
Le budget 2026 de l'administration pénitentiaire est de 4,3 milliards hors pensions (Sénat) : la dépense s'y ajouterait sans recette identifiée.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif (discipline, travail, apprentissage d'un métier, réinsertion) en fixant un nombre de places et un budget, par exemple 1 500 places pour commencer.
Estimation : environ 70 millions par an de fonctionnement (128 € par jour, Sénat) et 240 à 450 millions de construction (Institut Montaigne 2017 ; Sénat 2025).
Inscrire dans la loi le travail obligatoire en centre, que la CEDH permet pour les détenus, et recruter les anciens militaires comme agents de l'État.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Olivier Becht — Dossier de presse de candidature « Le Projet France », axe 4 (24 septembre 2026)
- Becht 2027 — Le Projet France, partie 7 : Un nouveau modèle de sécurité (2026)
- Sénat, commission des lois — L'essentiel sur le PLF 2026, programme « Administration pénitentiaire » (26 novembre 2025)
- Institut Montaigne — Établissements pénitentiaires : chiffrage et faisabilité (présidentielle 2017)
- Ministère de la Justice — Le travail en détention (mis à jour le 3 février 2025)
- Conseil de l'Europe — Convention européenne des droits de l'homme, article 4
- Conseil constitutionnel — Décision n° 2013-320/321 QPC, travail des personnes incarcérées (14 juin 2013)
- Service-Public.fr — Travail d'intérêt général (vérifié le 7 août 2026)
Mise à jour : 28 octobre 2026