Les propositions de Karim Bouamrane

Karim Bouamrane · PS (candidat hors primaire) · Retraites

Retraite : « déconnecter le travail subi du travail voulu »

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

Une loi suffit, mais le candidat ne fixe ni âge ni coût, estimé à 1,4 à 2,7 milliards par an, et n'annonce aucun financement.

La proposition

Permettre aux ouvriers, aux agriculteurs et aux salariés exposés à la pénibilité, aux carrières commencées tôt, de partir à la retraite bien plus tôt, et à ceux qui le souhaitent de travailler jusqu'à 67, 68 ou 69 ans. Ni l'âge de départ anticipé, ni le coût, ni le financement ne sont précisés.

Annoncée

2 juillet 2026 · Entretien avec Merwan Mihoubi pour le média en ligne Oumma, publié le 2 juillet 2026

Ce que ça change pour vous

Personnes concernées : les ouvriers (5,2 millions de personnes en emploi) et les agriculteurs (1,3 % des actifs occupés), selon l'Insee (2024), plus les salariés exposés à la pénibilité.

Exemple, avec une hypothèse de 2 ans d'avance que le candidat ne précise pas : un ouvrier né en 1969, dont l'âge légal est 64 ans (service-public, février 2026), pourrait partir à 62 ans.

Travailler jusqu'à 67 à 69 ans est déjà possible dans le privé : avant 70 ans, l'employeur ne peut pas imposer la retraite au salarié.

Chaque trimestre travaillé après le taux plein augmente déjà la pension de base de 1,25 % : avec 2 ans de plus, une pension de base de 1 000 € par mois passe à 1 100 €.

Âge de départ d'un ouvrier né en 1969, avec 2 ans d'avance (hypothèse)

Âge de départ

Avant
64 ansAprès
62 ans

2 ans de moins

Combien ça coûte

Aucun chiffrage de cette mesure n'a été publié, ni par le candidat ni par un organisme public.

Point de comparaison, le retour à 62 ans pour tous : 14,1 milliards en 2030 selon l'étude d'impact du gouvernement (2023), 8,2 milliards en 2027 selon l'Institut Montaigne (2024). En 2030, l'écart avec 64 ans n'atteint pas encore 2 ans : le coût en croisière serait plus élevé.

Estimation simple : ouvriers et agriculteurs représentent environ 19 % des personnes en emploi (Insee, 2024). 14,1 milliards × 19 % ≈ 2,7 milliards par an pour 2 ans d'avance, environ 1,4 milliard pour 1 an.

C'est un ordre de grandeur : plus d'avance ou plus de salariés concernés le feraient monter, les départs déjà possibles pour carrière longue le feraient baisser.

Coût par an : points de comparaison et estimation
Retour à 62 ans pour tous (étude d'impact, 2030)
14,1 Md€
Retour à 62 ans pour tous (Institut Montaigne, 2027)
8,2 Md€
Ouvriers et agriculteurs, 2 ans plus tôt (estimation)
2,7 Md€
Ouvriers et agriculteurs, 1 an plus tôt (estimation)
1,4 Md€

Est-ce possible

Une loi ordinaire ou une loi de financement de la Sécurité sociale suffit (c'est la LFSS pour 2026 qui a suspendu la réforme) : l'âge de départ est fixé par la loi, et des départs anticipés existent déjà (carrières longues, compte pénibilité).

Condition : le départ anticipé doit reposer sur des critères objectifs liés à la pénibilité (durée d'exposition, conditions de travail) pour respecter l'égalité devant la loi.

Travailler jusqu'à 67 à 69 ans : rien à changer dans le privé, c'est déjà permis.

Le droit européen n'y fait pas obstacle : les règles de retraite relèvent des États.

Ce que permet le droit
  • Départ anticipé pour pénibilitéUne loi suffit, avec des critères objectifsOui
  • Travailler jusqu'à 67 à 69 ans (privé)Déjà permis aujourd'huiOui
  • Droit européenLes retraites relèvent des ÉtatsOui

Qui paie

Aucun financement n'est annoncé.

Selon Oumma (juillet 2026), Karim Bouamrane appelle à un débat national sur le financement de l'État providence et évoque la hausse de l'espérance de vie, sans dire s'il recule l'âge de départ des autres salariés.

Le coût estimé, de 1,4 à 2,7 milliards par an, n'a donc pas de recette en face.

Le financement annoncé
Annoncé0 Md€
Aucun financement annoncé
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif, faire partir plus tôt ceux que le travail a usés, en le liant à l'exposition réelle plutôt qu'au métier : remettre dans le compte pénibilité (C2P) les 4 risques retirés en 2017 (charges lourdes, postures pénibles, vibrations, produits chimiques).

Ce compte permettait déjà de partir jusqu'à 2 ans plus tôt (Dares, 2022). Selon la Dares, jusqu'à 2,2 millions de salariés du privé étaient exposés à ces 4 risques en 2016-2017, une même personne pouvant être comptée deux fois.

Estimation au plus : 14,1 milliards × 7,5 % (2,2 millions sur 29 millions d'actifs occupés) ≈ 1 milliard par an.

Le C2P est payé par la branche accidents du travail, alimentée par les cotisations des employeurs : la hausse de cotisation reste à écrire.

Coût par an : la mesure face à la piste
Ouvriers et agriculteurs, 2 ans plus tôt (estimation)2,7 Md€
La piste1 Md€
  • 4 risques remis dans le compte pénibilité (au plus) · 1 Md€

Environ 2,7 fois moins cher

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Oumma — Karim Bouamrane défie Mélenchon et vise le second tour de la présidentielle 2027 (02/07/2026)
  2. MoneyVox / AFP — Abroger la réforme des retraites et le départ à 64 ans : combien ça coûte ? (12/07/2024)
  3. Insee — Professions et secteurs d'activité, Emploi, chômage, revenus du travail (26/06/2025)
  4. Service-public.gouv.fr — Suspension de la réforme des retraites : âges de départ par génération (27/02/2026)
  5. Code du travail numérique — Un employeur peut-il mettre d'office un salarié à la retraite ? (mise à jour 17/11/2025)
  6. Code du travail numérique — Retraite dans le privé : qu'est-ce que la surcote ? (mise à jour 01/01/2026)
  7. COR / Dares — Quels salariés bénéficiaient d'un compte pénibilité en 2017 ? (Dares Analyses n° 28, juin 2022)
  8. Éditions Tissot — Pénibilité : feu le C3P, vive le C2P (10/10/2017)

Mise à jour : 28 octobre 2026

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