Les propositions de Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan · Debout la France · Énergie

Diviser par deux le prix de l'électricité en sortant du marché européen

Ça ne tient pas

Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.

Diviser la facture par deux coûterait environ 18 milliards par an pour les seuls ménages, sans financement ; et la sortie du marché suppose de quitter l'UE, pour une baisse d'un quart environ.

La proposition

Sortir la France du marché européen de l'électricité pour « diviser par deux » son prix. Les « 20 mesures » du 23 octobre 2026 parlent d'une « réduction de 50 % du prix de l'électricité par la sortie du marché européen ».

Annoncée

19 septembre 2026 · Discours de rentrée à Yerres, lors de la première « Fête de la Liberté » ; reprise dans les « 20 mesures » du 23 octobre 2026

Ce que ça change pour vous

Tous les clients seraient concernés, dont 19,37 millions de foyers au tarif réglementé d'EDF (au 31 mars 2026).

Promesse : la facture moyenne de 1 072 € par an (4,5 MWh, tarif réglementé d'août 2026) passerait à 536 €, soit 536 € de moins.

Mais l'énergie ne pèse que 45 % de la facture ; les réseaux (24 %) et les taxes (32 % : TVA, accise, CTA) ne sont pas fixés par le marché européen (Selectra, octobre 2026).

Estimation : vendue au coût du nucléaire, l'électricité ferait baisser la facture d'environ un quart, soit environ 257 € de moins sur 1 072 €.

Facture annuelle d'un ménage moyen (4,5 MWh)

Promesse : prix divisé par deux

Avant
1 072 €Après
536 €

536 € de moins

Estimation : énergie vendue au coût du nucléaire

Avant
1 072 €Après
815 €

257 € de moins

Ce qui compose la facture au tarif réglementé (Selectra, octobre 2026, profil type)
Énergie (fourniture)
45 %
Réseaux (TURPE)
24 %
TVA
17 %
Accise
13 %
CTA
2 %

Combien ça coûte

Aucun chiffrage public de la mesure, ni par le candidat, ni par un organisme indépendant.

Estimation pour les seuls ménages : 151 TWh consommés (UFE, 2024) × 119 € de baisse par MWh = environ 18 milliards d'euros par an de recettes en moins.

Ce manque serait à partager entre EDF, les autres fournisseurs et l'État (TVA, accise). Les entreprises ne sont pas comptées.

Les échanges d'électricité avec les pays voisins ont dégagé un solde positif de 5,1 milliards pour la France en 2024 (UFE) : une sortie du marché commun changerait les règles de ces échanges.

Est-ce possible

Un tarif réglementé pour les ménages : oui, il existe déjà (le tarif bleu, fixé sur proposition de la CRE).

Sortir du marché européen en restant dans l'UE : non. Les règles du marché intérieur de l'électricité s'imposent à tous les pays membres, sans clause de sortie.

Seule voie : quitter l'Union (article 50 du traité sur l'UE), ce que le candidat propose dans son discours du 19 septembre 2026, sans préciser par quelle voie. Il faudrait aussi réviser la Constitution, dont le titre XV porte sur l'Union.

En 2023, le gouvernement a écarté cette sortie : il disait avoir besoin du marché européen pour la sécurité d'approvisionnement, après de fortes importations en 2022.

Ce que permet le droit
  • Tarif réglementé pour les ménagesExiste déjà (tarif bleu)Oui
  • Sortir du marché européen en restant dans l'UERègles communes à tous les pays membresNon
  • Sortir de l'UE puis du marchéArticle 50 et révision de la Constitution ; voie non précisée par le candidatSous conditions

Qui paie

Aucun financement n'est publié : les « 20 mesures » du 23 octobre 2026 n'en indiquent pas.

Le candidat présente la baisse comme un effet de la sortie du marché, car les centrales nucléaires « produisent moitié moins cher », sans chiffre à l'appui.

La CRE (septembre 2025) évalue le coût complet du nucléaire existant à 61,5 €/MWh pour 2026-2028 : ce niveau ne suffit pas à diviser la facture par deux.

Le financement annoncé
Annoncé0 Md€
Aucun financement publié
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif, une facture qui reflète le coût du nucléaire français, sans quitter l'UE : un contrat long terme à prix fixe entre l'État et EDF, au coût évalué par la CRE (61,5 €/MWh), répercuté dans le tarif réglementé, sous réserve de l'accord de la Commission européenne (aides d'État).

La réforme européenne du marché, entrée en vigueur le 16 juillet 2024, encourage ces contrats long terme pour rendre les factures moins dépendantes des prix de court terme.

Estimation : au plus un quart de baisse de facture, pour au plus 7,2 milliards par an de recettes en moins pour EDF (47,5 €/MWh × 151 TWh).

Recettes en moins par an (estimations, ménages seuls)
Facture divisée par deux18 Md€
La piste7,2 Md€
  • Prix fixe au coût du nucléaire (au plus) · 7,2 Md€

Environ 2,5 fois moins cher

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Site de campagne de Nicolas Dupont-Aignan — Libérons la France ! Discours de rentrée (19/09/2026)
  2. Site de campagne de Nicolas Dupont-Aignan — 20 mesures pour rétablir l'ordre et défendre la justice sociale (23/10/2026)
  3. AFP / Connaissance des Énergies — Électricité : hausse de 2,5 % des tarifs réglementés au 1er août (16/07/2026)
  4. Selectra — Prix du kWh d'électricité et décomposition de la facture (16/10/2026)
  5. AFP / Connaissance des Énergies — Les coûts de production du parc nucléaire d'EDF selon la CRE (30/09/2025)
  6. UFE — Observatoire de l'électrification, les chiffres 2024 (juin 2026)
  7. Assemblée nationale — Question écrite n° 5067 « Sortie du marché européen de l'électricité » et réponse du gouvernement (21/02/2023)
  8. Commission européenne — Réforme de l'organisation du marché de l'électricité (en vigueur le 16/07/2024)

Mise à jour : 27 octobre 2026

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