Les propositions de Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan · Debout la France · Économie

Relocaliser deux millions d'emplois par un « protectionnisme intelligent »

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

Objectif de 2 millions d'emplois sans chiffrage publié ; réserver 50 puis 75 % des achats publics à des achats français est interdit dans l'UE, sauf à en sortir.

La proposition

Mener un « protectionnisme intelligent » (droits de douane ciblés, au niveau européen ou national) pour relocaliser deux millions d'emplois. Les achats publics iraient d'abord à 50 %, puis à 75 %, à des achats français. Les impôts de production baisseraient, un fonds aiderait les relocalisations et les aides aux entreprises qui délocalisent prendraient fin.

Annoncée

19 septembre 2026 · Discours de lancement de campagne à Yerres (« Fête de la Liberté »), publié sur son site de campagne

Ce que ça change pour vous

Objectif : 2 millions d'emplois relocalisés. L'industrie manufacturière compte 2,9 millions de salariés en équivalent temps plein (INSEE, 2023) : ce serait environ 70 % de plus.

Achats publics : 170 milliards de marchés recensés en 2023 (233 milliards en 2024, avec un nouveau mode de calcul). Les fournisseurs des acheteurs publics sont les premiers concernés.

Point de départ : en 2019, sur 111 milliards de marchés publics, environ 3,3 milliards allaient directement à des entreprises étrangères (Institut Montaigne).

Pour le contribuable : un surcoût est possible si les achats français sont plus chers ; pour une mesure proche, l'Institut Montaigne juge son évaluation « particulièrement incertaine ».

L'objectif face à l'emploi industriel actuel
Salariés de l'industrie manufacturière, en équivalent temps plein (INSEE, 2023)
2,9 millions
Emplois à relocaliser (objectif)
2 millions
Commande publique : ce qui part déjà à l'étranger (2019)
Marchés publics (2019)
111 Md€
Attribués directement à des entreprises étrangères (2019)
3,3 Md€

Combien ça coûte

Pas de chiffrage public trouvé pour cette mesure, ni du candidat ni d'un organisme indépendant.

Baisse des impôts de production : montant non précisé. Repère : la baisse décidée en 2020 représentait 10,5 milliards, sur 77,3 milliards payés par les entreprises en 2018 (IFRAP, 2020).

Achats publics français : surcoût non chiffré ; pour une mesure proche, l'Institut Montaigne (2022) juge son évaluation « particulièrement incertaine ».

Fin des aides aux entreprises qui délocalisent : une économie, dont le montant n'est pas publié.

Repères sur les impôts de production (IFRAP, 2020)
Payés par les entreprises (2018)
77,3 Md€
Baisse décidée en 2020
10,5 Md€

Est-ce possible

Réserver une part des achats publics à des achats français : non dans l'UE. Le droit européen interdit de favoriser son propre pays (article 18 du TFUE, directive 2014/24) ; il faudrait changer les traités, à l'unanimité (Institut Montaigne).

Droits de douane nationaux : non dans l'UE, la politique commerciale relève de l'Union seule (article 3 du TFUE).

Le candidat propose de sortir de l'UE, sans préciser la procédure : ces deux leviers deviendraient alors possibles, avec un risque de représailles commerciales.

Baisse des impôts de production et fin des aides aux entreprises qui délocalisent : oui, une loi de finances suffit.

Ce que permet le droit, dans l'UE
  • Part des achats publics réservée aux achats françaisInterdit par le droit européen ; possible seulement hors de l'UENon
  • Droits de douane nationauxLa politique commerciale relève de l'Union seuleNon
  • Baisse des impôts de productionUne loi de finances suffitOui
  • Fin des aides aux entreprises qui délocalisentUne loi suffitOui

Qui paie

Le candidat présente ses propositions comme « précisément chiffrées », mais le discours ne donne ni le coût ni le financement de la baisse des impôts de production et du fonds de relocalisation.

La fin des aides aux entreprises qui délocalisent ferait des économies, sans montant publié.

Aucune recette n'est écrite en face de la baisse d'impôts.

Le financement annoncé
Annoncé0 Md€
Coût et financement non publiés
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif, favoriser la production en France, en restant dans l'UE : défendre une préférence européenne fondée sur l'origine des produits dans la révision de la directive « achats publics » annoncée pour 2026, comme le propose le Conseil national de l'industrie (2025).

Fermer les marchés publics aux pays tiers qui ne nous ouvrent pas les leurs : c'est une règle d'achat, sans coût budgétaire direct.

Chiffrer la baisse des impôts de production et écrire sa recette en face ; repère : 10,5 milliards pour la baisse décidée en 2020 (IFRAP).

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Site de campagne de Nicolas Dupont-Aignan — Libérons la France ! Discours de rentrée (19/09/2026)
  2. Europe 1 avec AFP — Nicolas Dupont-Aignan promet de « décoloniser la France » en sortant de l'UE (19/09/2026)
  3. Institut Montaigne — Réserver une part de la commande publique aux entreprises nationales : chiffrage et faisabilité (Présidentielle 2022)
  4. Acteurs publics — Commande publique : les marchés recensés bondissent à 233 milliards d'euros en 2024 (26/11/2025)
  5. INSEE Première n° 2084 — Les entreprises industrielles en 2023 (04/12/2025)
  6. IFRAP — Impôts de production : les 10,5 milliards d'euros de baisse ne seront pas suffisants (27/08/2020)
  7. Banque des Territoires — Préférence européenne : Marc Ferracci veut faire de l'avis du CNI la charte de l'action européenne (16/06/2025)
  8. Wikipédia — Politique commerciale de l'Union européenne (compétence exclusive, article 3 du TFUE)

Mise à jour : 27 octobre 2026

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