Les propositions de Raphaël Glucksmann

Raphaël Glucksmann · Place publique – PS · Éducation

Une loi de programmation sur cinq ans pour sauver l'école publique

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

Aucun montant annoncé. Pour repère, les hausses de salaires de 2022 à 2025 coûtent 4,5 milliards en 2025. Une loi ordinaire suffit, mais ni le coût ni le financement ne sont écrits.

La proposition

Faire voter, comme « premier acte » du quinquennat, une loi de programmation sur cinq ans pour l'école publique : hausse des salaires des enseignants, moins d'élèves par classe en primaire et rénovation des bâtiments scolaires. Aucun montant n'a été annoncé.

Annoncée

23 août 2026 · Plan sur cinq ans pour l'école présenté sur TF1 le soir de sa déclaration de candidature ; la loi de programmation et le « premier acte » ont été précisés au dernier débat de la primaire (BFMTV, 4 octobre 2026)

Ce que ça change pour vous

Personnes concernées : plus de 10 millions d'élèves et plus d'un million de personnels, selon la Banque des Territoires.

Un professeur des écoles gagne en moyenne 2 357 € net par mois (DEPP, 2021, cité par le Sénat). Exemple, car aucun taux n'est annoncé : avec une hausse de 10 %, il toucherait environ 236 € de plus par mois.

En primaire, une classe compte en moyenne 21,4 élèves en 2023 (Sénat). Le candidat n'a pas donné de cible.

Bâtiments : 80 % des écoles ont besoin d'une rénovation, selon le ministère de l'Éducation nationale cité par la Banque des Territoires.

Exemple : un professeur des écoles, si la hausse était de 10 % (aucun taux annoncé)

Salaire net moyen (DEPP, 2021)

Avant
2 357 €/moisAprès
2 593 €/mois

236 €/mois de plus

Combien ça coûte

Le candidat n'a donné aucun montant. Le coût dépend de la hausse des salaires et des cibles retenues.

Repère, Sénat (novembre 2024) : les hausses de salaires décidées de 2022 à 2025 coûtent 4,5 milliards en 2025, dont 1,26 milliard pour la revalorisation « socle » (en année pleine) et 0,8 milliard pour le Pacte enseignant.

Estimation : une hausse de 1 % du point d'indice à l'Éducation nationale coûte près de 0,5 milliard par an (Sénat : 1,69 milliard pour 3,5 % en 2022). Une hausse de 10 % coûterait donc environ 4,8 milliards par an, hors pensions.

Classes : la dépense en éducation prioritaire, où les classes ont été dédoublées, a augmenté de 1,3 milliard entre 2021 et 2023 (Sénat). Pour les bâtiments, nous n'avons trouvé aucun chiffrage public complet.

Repères : ce qu'ont coûté des mesures proches (Sénat, 2024)
Hausses de salaires 2022-2025 (coût en 2025)
4,5 Md€
dont revalorisation « socle » (année pleine)
1,3 Md€
dont Pacte enseignant (2025)
0,8 Md€
Éducation prioritaire : hausse 2021-2023
1,3 Md€

Est-ce possible

Loi de programmation : oui, une loi ordinaire suffit (article 34 de la Constitution). Elle fixe des objectifs, mais l'argent reste voté chaque année dans le budget.

Salaires des enseignants et nombre de postes : oui, c'est l'État qui les décide, par décret et dans la loi de finances (le budget voté chaque année).

Bâtiments : sous conditions. Les écoles sont à la charge des communes, les collèges des départements et les lycées des régions (Code de l'éducation). L'État ne peut qu'aider à financer.

Aucun obstacle européen ou constitutionnel n'a été identifié.

Ce que permet le droit
  • Loi de programmationLoi ordinaire (article 34 de la Constitution)Oui
  • Salaires des enseignantsDécrets et budget de l'ÉtatOui
  • Moins d'élèves par classePostes votés dans le budgetOui
  • Rénovation des bâtimentsBâtiments des communes, départements et régions : l'État peut seulement aiderSous conditions

Qui paie

Aucun financement n'a été annoncé pour ce plan.

Le candidat propose de taxer davantage les plus gros héritages, mais ces 15 milliards financent une autre mesure, la hausse du salaire net (Public Sénat, 24/08/2026).

Sans montant ni recette écrite, on ne peut pas considérer le plan comme financé.

Le financement annoncé pour ce plan
Annoncé0 Md€
Aucun montant ni financement annoncé
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder les trois priorités, mais écrire dans la loi des montants et un calendrier. Par exemple, +10 % de salaire en cinq ans pour les enseignants : environ 4,8 milliards par an en fin de période (estimation à partir des chiffres du Sénat).

Baisser le nombre d'élèves par classe en primaire en gardant une partie des postes libérés par la baisse du nombre d'élèves : -6,1 % dans le premier degré depuis 2015. Selon le Sénat, cette baisse est une occasion de financer ces politiques à budget constant.

Bâtiments : créer un fonds d'aide aux communes qui s'appuie sur les prêts EduRénov de la Banque des Territoires (2,5 milliards sur cinq ans).

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Public Sénat — Fiscalité, école, immigration : ce que propose Raphaël Glucksmann (24/08/2026)
  2. LCP — Glucksmann face à Royal, divisions sur LFI, lycées… Ce qu'il faut retenir du dernier débat de la primaire socialiste (05/10/2026)
  3. Sénat — Rapport général n° 144 (2024-2025), PLF 2025 Enseignement scolaire : rémunérations des enseignants (21/11/2024)
  4. Sénat — Rapport général n° 144 (2024-2025), PLF 2025 Enseignement scolaire : élèves par classe et dédoublement (21/11/2024)
  5. Sénat — Rapport général n° 144 (2024-2025), PLF 2025 Enseignement scolaire : la baisse démographique (21/11/2024)
  6. Conseil constitutionnel — Constitution du 4 octobre 1958 (article 34, lois de programmation)
  7. Légifrance — Code de l'éducation, article L214-6 (les lycées à la charge des régions)
  8. Banque des Territoires — EduRénov, programme de rénovation énergétique des écoles

Mise à jour : 28 octobre 2026

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