Les propositions de Anasse Kazib

Anasse Kazib · Révolution permanente · Travail

Interdiction des licenciements et des suppressions de postes

Ça ne tient pas

Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.

75 900 licenciements économiques en 2025 : les interdire tous et exproprier sans indemnité se heurtent à la Constitution, au droit européen et à la CEDH.

La proposition

Interdire les licenciements et les suppressions de postes, en répartissant le temps de travail entre toutes et tous (semaine de 28 heures). Les entreprises qui refuseraient seraient expropriées sans indemnité ni rachat et placées sous le contrôle des travailleurs.

Annoncée

1 juin 2026 · Déclaration de candidature publiée par Révolution permanente le 1er juin 2026, reprise dans les premières mesures présentées à une table ronde de la Fête de l'Humanité (septembre 2026)

Ce que ça change pour vous

Insee (juillet 2026) : 75 900 licenciements économiques en 2025 dans le privé (métropole, hors agriculture), et 522 700 autres licenciements (faute, inaptitude…).

Pour un salarié dont le poste devait être supprimé : il garde son emploi ; le candidat ne précise pas ce que devient son salaire quand le travail est réparti.

Pour l'entreprise : elle continue de payer le poste, soit 3 602 € brut par mois pour un salaire moyen du privé en équivalent temps plein (Insee, 2024), hors cotisations patronales.

Si elle refuse, elle est expropriée sans indemnité : ses propriétaires perdent leurs parts.

Fins de CDI en 2025 selon le motif (Insee)
Démissions
1 695,7 milliers
Fins de période d'essai
854,8 milliers
Licenciements non économiques
522,7 milliers
Ruptures conventionnelles
517,6 milliers
Licenciements économiques
75,9 milliers

Combien ça coûte

Aucun chiffrage public, ni du candidat.

Pour l'État, la règle ne coûte rien directement ; les pertes des entreprises reprises par les salariés ou l'État ne sont pas chiffrées.

Estimation pour les entreprises : garder une année de licenciements économiques, 75 900 postes × 3 602 € brut × 12 mois, soit environ 3,3 milliards de salaires bruts par an (données Insee), hors passage aux 28 heures, non chiffré.

Est-ce possible

Interdire les licenciements : non en l'état. Le Conseil constitutionnel (janvier 2002) a censuré une définition du licenciement économique qui ne permettait de licencier que si la survie de l'entreprise était en cause, au nom de la liberté d'entreprendre.

Droit européen : la Cour de justice de l'UE (décembre 2016) admet qu'un État s'oppose à des licenciements collectifs selon des critères précis, pas qu'il supprime toute possibilité de licencier.

Exproprier sans indemnité : contraire à la Déclaration de 1789 (« juste et préalable indemnité », Conseil constitutionnel, 1982) et à la CEDH, qui ne l'admet que dans des circonstances exceptionnelles.

Il faudrait réviser la Constitution (3/5 du Congrès ou référendum), changer la directive européenne sur les licenciements collectifs et la liberté d'établissement des traités (accord des 27), et s'écarter de la CEDH.

Ce que permettent la Constitution et le droit européen
  • Interdire tous les licenciementsLiberté d'entreprendre (Conseil constitutionnel, 2002)Non
  • Contrôle public des licenciements collectifsAdmis par la CJUE (2016) avec des critères précisSous conditions
  • Expropriation sans indemnitéArticle 17 de 1789 et CEDHNon

Qui paie

Le candidat ne publie ni chiffrage ni financement pour cette mesure.

Les salaires des postes maintenus seraient payés par les entreprises, pas par le budget de l'État.

La reprise des entreprises expropriées (pertes, investissements) n'est ni chiffrée ni financée.

Le financement annoncé
Annoncé0 Md€
Ni chiffrage ni financement publiés
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif, empêcher les suppressions d'emplois évitables, en encadrant au lieu d'interdire : donner à l'administration le pouvoir de refuser un plan de licenciements collectifs selon des critères précis et vérifiables, ce que la Cour de justice de l'UE admet (2016).

Pour un site viable menacé de fermeture : une reprise publique ou en coopérative par les salariés, avec une juste indemnité pour les propriétaires, comme l'exige le Conseil constitutionnel depuis les nationalisations de 1982.

Coût faible pour l'État s'agissant de la règle ; le coût des reprises dépend des entreprises visées et n'est pas chiffré.

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Révolution permanente — Présidentielle 2027 : Anasse Kazib veut faire entendre la voix de la nouvelle classe ouvrière (01/06/2026)
  2. Révolution permanente — 28h, expropriation des secteurs stratégiques… : RP présente les premières mesures de sa candidature (16/09/2026)
  3. Insee — Embauches et fins de contrat dans le secteur privé, Emploi, chômage, revenus du travail (02/07/2026)
  4. Insee Première n° 2079 — Salaires dans le secteur privé en 2024 (23/10/2025)
  5. Conseil constitutionnel — Décision n° 2001-455 DC, loi de modernisation sociale (12/01/2002)
  6. Conseil constitutionnel — Décision n° 81-132 DC, loi de nationalisation (16/01/1982)
  7. Cour de justice de l'UE — Communiqué n° 143/16, arrêt AGET Iraklis, C-201/15 (21/12/2016)
  8. Cour européenne des droits de l'homme — Guide sur l'article 1 du Protocole n° 1, protection de la propriété (mise à jour 28/02/2026)

Mise à jour : 28 octobre 2026

La discussion (0)