Les propositions de Anasse Kazib

Anasse Kazib · Révolution permanente · Défense

Retrait des troupes à l'étranger, démantèlement de l'industrie d'armement

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

Retirer les troupes dépend d'une simple décision, mais rien n'est chiffré : ni les économies, ni ce qu'elles financeraient, ni la reconversion d'une industrie de 220 000 emplois.

La proposition

Fermer les bases militaires françaises, retirer les troupes et mettre fin à toutes les opérations à l'étranger, démanteler l'industrie de l'armement en la reconvertissant sous le contrôle des travailleurs, et s'opposer aux budgets militaires (« pas un euro, pas une vie pour leurs guerres »). L'argent de la guerre irait à la santé, à l'éducation et à des transports gratuits.

Annoncée

1 juin 2026 · Édito de déclaration de candidature (Révolution permanente, 1er juin 2026), repris dans les premières mesures présentées à la table ronde de Révolution permanente à la Fête de l'Humanité (12 septembre 2026)

Ce que ça change pour vous

Environ 2 250 militaires des deux grandes bases à l'étranger, Djibouti (1 500) et les Émirats arabes unis (750), rentreraient en France, selon le ministère des Armées. S'y ajoutent de petits détachements en Afrique (Gabon, Côte d'Ivoire).

Les militaires en opération à l'étranger rentreraient aussi. Le ministère compte près de 30 000 militaires engagés en mission dans le monde, outre-mer et France compris.

L'industrie de défense compte environ 4 500 entreprises et 220 000 emplois selon Bercy (2025). Pour chacun de ces salariés, c'est un poste à reconvertir.

Aucun gain chiffré n'est annoncé pour les ménages : les dépenses promises (santé, éducation, transports gratuits) n'ont pas de montant.

Qui est concerné
Militaires des bases de Djibouti et des Émirats arabes unis
2 250 personnes
Militaires engagés en mission dans le monde (outre-mer et France compris)
30 000 personnes
Emplois de l'industrie de défense (Bercy, 2025)
220 000 personnes

Combien ça coûte

Aucun chiffrage public de la mesure, ni par le candidat, ni par un organisme indépendant.

Ce qui est en jeu : le budget des armées, 57,15 milliards demandés dans le projet de budget 2026 hors pensions, dont 13,9 milliards pour les grands programmes d'équipement (Sénat, novembre 2025).

Arrêter les opérations libérerait surtout leurs surcoûts, estimés à 1,3 milliard en 2024, missions en France comprises (Sénat). Les renforts à l'est de l'OTAN ne sont pas chiffrés. Les soldats rapatriés restent payés.

L'industrie perdrait ses clients étrangers : 21,2 milliards de commandes signées en 2025 et livrées sur plusieurs années (rapport au Parlement, août 2026). Le coût de la reconversion n'est pas chiffré.

Les montants en jeu par an
Budget des armées demandé pour 2026, hors pensions
57,2 Md€
Grands programmes d'équipement 2026
13,9 Md€
Commandes d'armes de l'étranger 2025
21,2 Md€
Surcoûts des opérations 2024 (missions en France comprises)
1,3 Md€

Est-ce possible

Retirer les troupes et arrêter les opérations : possible par décision de l'exécutif. Le Président est chef des armées et le gouvernement dispose de la force armée (Constitution, art. 15 et 20).

Fermer les bases : il faut dénoncer les accords signés avec les pays d'accueil, selon leurs clauses. Il n'y a pas besoin de réviser la Constitution.

Arrêter les achats d'armes et les exportations : une loi de finances et le refus des autorisations d'export suffisent.

Placer l'industrie sous le contrôle des travailleurs suppose une nationalisation votée par une loi (art. 34), avec une « juste et préalable indemnité ». En 1982, le Conseil constitutionnel a censuré une loi de nationalisation parce que l'indemnité n'était pas juste.

Ce que permet le droit
  • Retirer les troupes, arrêter les opérationsDécision du Président et du gouvernementOui
  • Fermer les bases à l'étrangerDénoncer les accords avec les pays d'accueilOui
  • Arrêter achats et exportations d'armesLoi de finances, refus des autorisations d'exportOui
  • Contrôle des travailleurs sur l'industrieNationalisation par la loi, avec juste indemnitéSous conditions

Qui paie

Le candidat dit que « l'argent de la guerre » ira à la santé, à l'éducation et à des transports gratuits.

Aucun montant n'est publié : ni la baisse visée du budget militaire, ni le coût des dépenses promises.

Le coût de la reconversion des entreprises et de leurs 220 000 emplois n'est ni chiffré ni financé.

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif (moins d'armée hors des frontières, plus de services publics) en commençant par ce qui dépend d'une décision : retrait des troupes, fermeture des bases à l'étranger, fin des opérations.

Écrire dans la loi de finances le montant transféré vers les services publics : au moins 1,3 milliard par an, montant des surcoûts des opérations en 2024, missions en France comprises (Sénat). Les économies sur les bases restent à chiffrer.

Pour l'industrie : une reconversion progressive, au rythme des commandes. Si l'État veut en prendre le contrôle, une nationalisation par la loi, avec indemnité, comme l'exige la Constitution.

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Révolution permanente — Présidentielle 2027 : Anasse Kazib veut faire entendre la voix de la nouvelle classe ouvrière (01/06/2026)
  2. Révolution permanente — 28h, expropriation des secteurs stratégiques... : RP présente les premières mesures de sa candidature (16/09/2026)
  3. Sénat, commission des finances — L'essentiel sur le PLF 2026, mission « Défense » (novembre 2025)
  4. Sénat, commission des finances — L'essentiel sur le PLF 2025, mission « Défense » (novembre 2024)
  5. Ministère des Armées — Operational commitments of the French armed forces (page consultée en octobre 2026)
  6. Économie Matin — La France exporte pour plus de 20 milliards d'euros d'armes en 2025 (21/08/2026)
  7. Public Sénat — Financement de la défense : que faut-il retenir des annonces d'Éric Lombard (20/03/2025)
  8. Conseil constitutionnel — Décision n° 81-132 DC, Loi de nationalisation (16/01/1982)

Mise à jour : 28 octobre 2026

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