Les propositions de Selma Labib

Selma Labib · NPA-Révolutionnaires · Travail

Interdiction de tous les licenciements

Ça ne tient pas

Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.

Près de 600 000 licenciements par an seraient interdits, mais la mesure se heurte à la Constitution et au droit européen, sans voie réaliste pour changer les deux.

La proposition

Interdire tous les licenciements, une interdiction qu'elle veut « imposer par la lutte ». Elle porte aussi un programme « contre les fermetures d'entreprises ».

Annoncée

13 juillet 2026 · Entretien au Lyon Bondy Blog (réalisé le 26/06/2026, publié le 13/07/2026), repris au meeting de lancement de campagne (23/08/2026)

Ce que ça change pour vous

Insee (juillet 2026) : en 2025, près de 600 000 salariés en CDI du privé ont été licenciés (France métropolitaine, hors agriculture), dont 75 900 pour motif économique et 522 700 pour un autre motif, comme une faute.

Prise à la lettre, la mesure interdirait tous ces licenciements, y compris pour faute grave. Les démissions (1,7 million), les fins de période d'essai (854 800) et les ruptures conventionnelles (517 600) ne sont pas des licenciements : la mesure ne les vise pas.

Exemple : un salarié payé 2 000 € brut, avec 8 ans d'ancienneté. Aujourd'hui, son employeur peut le licencier (hors faute grave) en lui versant au moins 4 000 € d'indemnité légale.

Avec la mesure, il garde son poste : l'entreprise continue de lui verser 24 000 € brut par an.

Fins de CDI dans le privé en 2025, selon l'Insee (2026)
Démissions
1 695,7 milliers
Fins de période d'essai
854,8 milliers
Licenciements pour un autre motif
522,7 milliers
Ruptures conventionnelles
517,6 milliers
Licenciements économiques
75,9 milliers

Combien ça coûte

Aucun chiffrage n'a été trouvé, ni public, ni indépendant, ni de la candidate.

Pour l'État, aucune dépense directe n'est annoncée : le coût retombe d'abord sur les entreprises, qui gardent des salariés qu'elles voulaient licencier.

Point inconnu : les textes ne disent pas qui paie les salaires quand une entreprise fait faillite, un cas où les salariés sont aujourd'hui licenciés.

Les effets sur les embauches ne sont évalués par aucune étude publique.

Est-ce possible

Constitution : non. En 2002, le Conseil constitutionnel a censuré une loi qui limitait les licenciements économiques aux cas où la survie de l'entreprise est en jeu. Il y a vu une atteinte « manifestement excessive » à la liberté d'entreprendre.

Fermetures : en 2014, il a aussi censuré l'obligation d'accepter une offre de reprise sérieuse pour un site d'une entreprise qui n'est pas en difficulté.

Droit européen : la Cour de justice de l'UE (2016) admet un contrôle des licenciements collectifs par l'État, mais pas un régime qui exclut en pratique toute possibilité de licencier.

Réviser la Constitution (3/5 du Congrès ou référendum) ne suffirait pas : il faudrait aussi modifier les traités européens, ce qui exige l'accord des 27 pays.

Ce que permettent la Constitution et le droit européen
  • Interdire tous les licenciements par la loiLiberté d'entreprendre (Conseil constitutionnel, 2002)Non
  • Empêcher la fermeture de sitesObligation d'accepter une offre de reprise censurée (2014)Non
  • Bloquer tout licenciement collectifContraire au droit de l'UE (CJUE, 2016)Non
  • Autorisation préalable de l'ÉtatAdmise si critères précis (CJUE, 2016)Sous conditions

Qui paie

Aucun financement n'est annoncé. La candidate veut « imposer » l'interdiction « par la lutte », sans texte de loi ni chiffrage.

Les textes publiés ne disent pas qui paierait les salaires quand l'entreprise ne peut plus les verser.

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif, protéger les emplois, en encadrant au lieu d'interdire : rétablir une autorisation administrative pour les licenciements économiques, comme en France de 1975 à 1986.

Avec des critères précis et contrôlables, comme l'exige la Cour de justice de l'UE (2016), et sans empêcher l'entreprise d'anticiper ses difficultés, comme l'exige le Conseil constitutionnel (2002).

Coût pour l'État : aucun chiffrage public. La dépense porte surtout sur l'examen des dossiers par l'administration du travail.

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Lyon Bondy Blog — Selma Labib : « C'est nous qui produisons tout, donc c'est à nous de décider de tout dans cette société » (13/07/2026)
  2. NPA-Révolutionnaires — Intervention de Selma au meeting de lancement de campagne du 23/08/2026 (07/09/2026)
  3. Insee — Embauches et fins de contrat dans le secteur privé, Insee Références (02/07/2026)
  4. Service-public.fr — Indemnité légale de licenciement d'un salarié en CDI (vérifié le 05/06/2026)
  5. Conseil constitutionnel — Décision n° 2001-455 DC, loi de modernisation sociale (12/01/2002)
  6. Conseil constitutionnel — Décision n° 2014-692 DC, loi visant à reconquérir l'économie réelle (27/03/2014)
  7. Cour de justice de l'UE — Communiqué n° 143/16, arrêt AGET Iraklis, C-201/15 (21/12/2016)
  8. Fondation iFRAP — Licenciements boursiers : vers l'autorisation judiciaire préalable ? (08/06/2012)

Mise à jour : 27 octobre 2026

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