Selma Labib · NPA-Révolutionnaires · Travail
Partage du temps de travail entre tous, sans perte de salaire
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Sans durée cible, le coût est très incertain : à 32 heures, 6,2 milliards par an pour les employeurs publics (Institut Montaigne, 2022), sans financement détaillé. Une loi ordinaire suffit.
La proposition
Diminuer « drastiquement » le temps de travail, sans perte de salaire ni hausse de la charge de travail, « sous le contrôle des salariés eux-mêmes », et partager le travail entre tous « pour en finir avec le chômage ». Elle ne fixe pas de durée cible, mais reproche à Fabien Roussel de faire des 32 heures « un horizon » plutôt qu'une priorité.
Annoncée
12 septembre 2026 · Discours au stand du NPA-Révolutionnaires à la Fête de l'Humanité (texte publié le 15/09/2026) ; le « partage du temps de travail entre tous et toutes » figurait déjà dans son entretien au Lyon Bondy Blog (13/07/2026)
Ce que ça change pour vous
Concerne tous les salariés et agents publics à temps plein : moins d'heures de travail, même salaire.
Exemple à 32 heures au lieu de 35 : 3 heures de moins par semaine, soit 138 heures de moins par an (de 1 607 à 1 469), pour la même paie.
Pour l'employeur, l'heure de travail coûte 9,4 % de plus (35 divisé par 32).
Institut Montaigne (2022) : à 32 heures, 36 à 57 milliards de salaires en plus par an pour les entreprises, selon la part compensée par des gains de productivité (de 50 % à 20 %).
Heures par semaine
3 h de moins
Heures par an (référence)
138 h de moins
Combien ça coûte
La candidate ne chiffre pas sa mesure et ne fixe pas de durée : le coût est très incertain.
Institut Montaigne (2022), pour 32 heures : 6,2 milliards par an (fourchette 4,8 à 7,4) pour les trois fonctions publiques, hors enseignants et militaires, avec environ 230 000 recrutements.
Estimation simple en prolongeant ce calcul : environ 2 milliards par heure de moins par semaine, soit 10,3 milliards à 30 heures et 14,5 milliards à 28 heures (des ordres de grandeur, sans doute sous-estimés).
Précédent : selon la commission d'enquête de l'Assemblée (2014), les 35 heures ont créé environ 350 000 emplois.
Est-ce possible
Une loi ordinaire suffit pour baisser la durée légale : le Conseil constitutionnel a validé les 35 heures en 1998 et en 2000.
Limite : la liberté d'entreprendre. En 1998, le Conseil a jugé que la baisse ne la dénaturait pas, en tenant compte notamment des aides prévues ; une baisse forte sans aide n'a jamais été jugée.
Salaire maintenu pour tous : en 2000, seul un complément temporaire pour les salariés au Smic a été validé ; une garantie générale n'a jamais été examinée.
Droit européen : il fixe seulement un maximum de 48 heures par semaine ; une durée plus courte est permise.
- Baisser la durée légale par la loiValidé pour les 35 heures (1998, 2000)Oui
- Baisse forte sans aide aux entreprisesLiberté d'entreprendre : jamais jugéSous conditions
- Salaire maintenu pour tousSeul un complément Smic temporaire validé (2000)Sous conditions
- Droit européenMaximum de 48 heures, pas de minimumOui
Qui paie
La candidate veut imposer la mesure « au patronat » et faire payer « les actionnaires et les milliardaires », sans mécanisme ni montant.
Pour les employeurs publics (État, collectivités, hôpitaux), aucun financement n'est écrit.
Pour les entreprises, aucune aide n'est prévue : la hausse du coût de l'heure reste à leur charge.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif, partager le travail sans baisse de salaire, avec une première étape chiffrée : 32 heures fixées par la loi, avec un calendrier par étapes comme pour les 35 heures, validé par le Conseil constitutionnel en 1998.
Coût public : 6,2 milliards par an selon l'Institut Montaigne (2022), à couvrir par une recette écrite et chiffrée.
Aller ensuite plus loin par paliers, après un bilan de l'effet sur l'emploi à chaque étape.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- NPA-Révolutionnaires — Intervention de Selma Labib à la fête de l'Humanité 2026 (15/09/2026)
- Lyon Bondy Blog — Selma Labib : « C'est nous qui produisons tout, donc c'est à nous de décider de tout dans cette société » (13/07/2026)
- Institut Montaigne — Présidentielle 2022 : passer à la semaine de travail à 32 h, chiffrage (2022)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 98-401 DC, loi d'orientation et d'incitation relative à la réduction du temps de travail (10/06/1998)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 99-423 DC, loi relative à la réduction négociée du temps de travail (13/01/2000)
- Le Monde du droit — Rapport de la commission d'enquête sur la réduction du temps de travail (décembre 2014)
- Commission européenne — Directive sur le temps de travail (2003/88/CE)
Mise à jour : 27 octobre 2026