Francis Lalanne · France Libre · Europe
Sortie de l'Union européenne (Frexit)
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Possible par l'article 50 du traité, mais il faudrait d'abord réviser la Constitution ; le coût n'est pas chiffré et le CEPII estime la perte de revenu réel à 3,6 %.
La proposition
Faire sortir la France de l'Union européenne par un « Frexit organisé », « pour retrouver la maîtrise de nos lois et de nos frontières ». Le programme ne précise ni la procédure (référendum, article 50) ni le calendrier, ni ce que deviendraient les aides agricoles européennes.
Annoncée
19 août 2026 · Annonce de candidature, soutenue par le mouvement France Libre, et programme publié sur le site de campagne (dépêche AFP du 19/08/2026)
Ce que ça change pour vous
Pour tous : le CEPII (2018) estime qu'une sortie de la France ferait baisser le revenu réel des Français d'environ 3,6 % à long terme, même avec un accord commercial simple avec l'Union. Pour une fin de l'Union, ses estimations vont de 1,2 % à 5,5 % selon les hypothèses.
Exemple (estimation) : pour un salaire de 2 000 € net par mois, 3,6 % représentent environ 72 € de pouvoir d'achat en moins par mois.
Agriculteurs : la France reçoit environ 9,5 milliards par an de la politique agricole commune (moyenne 2021-2024, Toute l'Europe) ; le programme ne dit pas si l'État prendrait le relais.
Entreprises : sans accord négocié, retour des droits de douane et des contrôles avec les 26 autres pays de l'Union.
Salaire de 2 000 € net, en pouvoir d'achat
72 €/mois de moins
Combien ça coûte
Ni le candidat ni un organisme public n'ont chiffré cette sortie.
Budget : la France cesserait de verser sa contribution (30,9 milliards prévus pour 2027) mais perdrait les fonds reçus (16,4 milliards par an en moyenne de 2021 à 2024 hors plan de relance, dont 9,5 pour la PAC), selon Toute l'Europe (octobre 2026).
Bercy (jaune budgétaire, octobre 2026) : la France verse 9,5 milliards de plus qu'elle ne reçoit. C'est le gain maximal pour l'État, s'il ne remplace aucune aide européenne.
Économie : une perte de revenu de 3,6 % (CEPII, 2018) réduirait aussi les recettes fiscales, ce qui pourrait effacer ce gain. Cet effet n'est pas chiffré.
Est-ce possible
Le traité sur l'Union européenne (article 50) permet à un pays de partir « conformément à ses règles constitutionnelles » : il notifie sa décision, négocie un accord de retrait, et les traités cessent de s'appliquer au plus tard deux ans après, sauf prolongation.
Mais la Constitution prévoit que « la République participe à l'Union européenne » (article 88-1, titre XV). Il faudrait donc d'abord la réviser ; le Conseil constitutionnel n'a jamais eu à trancher ce cas.
Révision (article 89) : vote des deux assemblées dans les mêmes termes, puis 3/5 du Congrès ou référendum.
Le président ne peut donc pas décider seul : la sortie passe par une révision de la Constitution, puis par la négociation avec l'Union.
- Traité sur l'UE (article 50)Retrait prévu, au plus tard deux ans après la notificationOui
- Constitution (article 88-1)Révision : 3/5 du Congrès ou référendumSous conditions
- Échanges avec les 26 autres paysDépendent d'un accord à négocier avec l'UnionSous conditions
Qui paie
Le programme ne donne aucun chiffre : ni coût de la sortie, ni montant économisé, ni plan pour remplacer les 9,5 milliards par an de la PAC.
L'arrêt de la contribution européenne rapporterait au plus 9,5 milliards par an (solde net selon Bercy), avant les effets d'une activité économique plus faible.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif de sortie par la voie prévue par les textes : une révision du titre XV de la Constitution soumise à référendum (article 89), puis la notification de l'article 50.
Négocier pendant les deux ans un accord de libre-échange avec l'Union : dans son scénario de fin de l'Union, le CEPII (2018) estime des pertes plus faibles avec un accord commercial simple (3,4 %) qu'avec les seules règles de l'OMC (4,2 %). Son chiffre de 3,6 % pour la France seule suppose déjà un tel accord.
Écrire dans la loi le maintien des aides agricoles, payé par la contribution économisée : 9,5 milliards de PAC (Toute l'Europe) pour un solde net de 9,5 milliards (Bercy).
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Site de campagne Dieudonné et Francis Lalanne — Programme (2026)
- Epoch Times avec AFP — Francis Lalanne lance sa campagne pour la présidentielle 2027 avec le Frexit au cœur de son programme (19/08/2026)
- Brussels Signal — Francis Lalanne announces 2027 presidential run (20/08/2026)
- Toute l'Europe — L'Assemblée nationale approuve une contribution française de 30,9 milliards d'euros pour 2027 (15/10/2026)
- Banque des Territoires — Budget 2027 : la facture européenne continue de gonfler (15/10/2026)
- CEPII — The Cost of Non-Europe, Revisited, Mayer, Vicard et Zignago (document de travail 2018-06, avril 2018)
- Conseil constitutionnel — Texte intégral de la Constitution du 4 octobre 1958 (articles 88-1 et 89)
- EUR-Lex — Traité sur l'Union européenne, article 50 (retrait d'un État membre)
Mise à jour : 28 octobre 2026