Les propositions de Marine Le Pen

Marine Le Pen · RN · Économie

Baisser de 20 milliards les impôts de production

Ça ne tient pas

Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.

16 à 20 milliards par an, sans répartition publiée ni économie écrite rattachée : possible par une loi de finances, mais le financement n'est pas détaillé.

La proposition

Baisser d'environ 20 milliards d'euros les impôts de production payés par les entreprises (impôts dus quel que soit le bénéfice), dans un ensemble d'au moins 30 milliards d'euros de baisses d'impôts nettes sur le quinquennat. Sont visées la cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE), la taxe foncière des locaux professionnels et des contributions assises sur le chiffre d'affaires ou l'emploi ; la répartition entre ces impôts et le calendrier ne sont pas précisés.

Annoncée

27 août 2026 · Débat des candidats devant le Medef (promesse de « supprimer les impôts de production ») ; montant de 20 milliards précisé lors de la présentation du contre-budget du RN le 6 octobre 2026

Ce que ça change pour vous

Les entreprises ont payé 106 milliards d'euros d'impôts de production en 2023, soit 3,8 % du PIB (Institut Montaigne, 2025) : la baisse en retirerait environ un cinquième.

Ces impôts sont dus même sans bénéfice : ils pèsent aussi sur les entreprises en perte.

Exemple : la C3S, due par les entreprises au-dessus d'un seuil de chiffre d'affaires, vaut 0,16 % des ventes (Institut Montaigne, 2024), soit au plus 1 600 € par million d'euros de ventes.

Le RN n'a pas publié la répartition entre les impôts visés : le gain pour une entreprise donnée ne peut pas encore être calculé.

Impôts de production payés par toutes les entreprises

Total par an (niveau 2023)

Avant
106 Md€Après
86 Md€

20 Md€ de moins

Combien ça coûte

Le RN chiffre la baisse à 20 milliards d'euros, à atteindre au cours du quinquennat, sans calendrier publié.

Estimation : une partie revient à l'État par l'impôt sur les sociétés, car les bénéfices augmentent. Avec le taux de 20 % retenu par l'Institut Montaigne (2024) : 20 × 0,8 = 16 milliards de coût net par an une fois la baisse complète.

Aucun chiffrage indépendant de cette mesure n'a été trouvé, faute de répartition entre les impôts visés.

Repère : l'Institut Montaigne (2022) chiffrait la suppression de la CFE et de la C3S à 9,6 milliards par an (fourchette 9,1 à 10,1).

Coût par an
Annonce du RN (brut)
20 Md€
Estimation nette, après impôt sur les sociétés
16 Md€
Repère : CFE + C3S (Institut Montaigne, 2022)
9,6 Md€

Est-ce possible

Oui : baisser ou supprimer ces impôts se fait par une loi de finances (Institut Montaigne, 2022 et 2024), et aussi par une loi de financement de la Sécurité sociale pour la C3S (Institut Montaigne, 2024).

Les impôts locaux (CVAE, taxe foncière) financent les collectivités : leurs ressources propres doivent rester une « part déterminante » de leurs recettes (article 72-2 de la Constitution) ; en pratique, l'État compense.

Le Conseil constitutionnel a validé en 2009 la suppression de la taxe professionnelle, remplacée par d'autres ressources, et a jugé que la Constitution ne garantit pas d'autonomie fiscale aux collectivités (décision 2009-599 DC).

Droit européen : ces impôts relèvent des États (Institut Montaigne, 2024).

Ce que permet le droit
  • Impôts locaux (CVAE, taxe foncière)Loi de finances ; ressources propres des collectivités à préserverOui
  • C3SLoi de financement de la Sécurité socialeOui
  • Droit européenCompétence des ÉtatsOui

Qui paie

Le RN annonce 140 milliards d'économies nettes en 2032 par rapport à 2026 ; elles doivent aussi ramener le déficit sous 3 % en 2030.

Public Sénat relève des postes chiffrés : immigration (29 milliards en année pleine), État (20,7), retraites (15 à 20), Union européenne (9), collectivités (8,2), agences (3,4), soit environ 85 à 90 milliards.

Le détail ligne par ligne n'est pas publié (Brussels Signal) et aucune économie n'est rattachée à cette baisse d'impôts.

Pour les agences, une commission d'enquête du Sénat chiffrait les économies possibles à environ 500 millions, contre 3,4 milliards annoncés (Public Sénat).

Les économies annoncées pour payer tout le programme
Annoncé140 Md€
Dont détaillé85 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif, alléger les impôts dus avant tout bénéfice, en commençant par les deux taxes sur l'activité : la CVAE et la C3S.

Finir de supprimer la CVAE (environ 4 milliards restants fin 2023, Institut Montaigne 2024) et supprimer la C3S (3,2 milliards nets par an, fourchette 3 à 3,4, Institut Montaigne 2022) : environ 7 milliards.

Voter dans la même loi une économie écrite du même montant, puis aller plus loin à mesure que les économies sont réalisées.

Coût par an : la mesure face à la piste
La mesure (RN)20 Md€
La piste7,2 Md€
  • Fin de la CVAE · 4 Md€
  • Suppression de la C3S (net) · 3,2 Md€

Environ 2,8 fois moins cher

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Entrevue — Présidentielle 2027 : ce que révèle le premier grand débat économique des candidats au Medef (27/08/2026)
  2. Brussels Signal — RN sets out budget plans with a deficit below 3 per cent and €140 billion in savings (06/10/2026)
  3. Patrimoine Magazine — Programme Le Pen 2027 : retraite à 60 ans et 30 milliards de baisses d'impôts, le calcul qui coince (07/10/2026)
  4. Public Sénat — 140 milliards d'euros d'économies d'ici 2032 : « l'effort radical » proposé par Marine Le Pen (06/10/2026)
  5. Institut Montaigne — Baromètre européen des impôts de production 2025 (01/04/2025)
  6. Institut Montaigne — Législatives 2024, RN : baisse des impôts de production (CVAE et C3S)
  7. Institut Montaigne — Présidentielle 2022, Marine Le Pen : supprimer la CFE et alléger les impôts de production
  8. Conseil constitutionnel — Décision n° 2009-599 DC du 29 décembre 2009 (loi de finances pour 2010)

Mise à jour : 27 octobre 2026

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