Jean-François Legendre · À nous maintenant · Finances publiques
Budgets publics « au minimum à l'équilibre », plus de dette de fonctionnement
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Environ 100 milliards d'économies par an à trouver (estimation sur les comptes 2025), sans liste ni calendrier publiés ; la règle elle-même est possible en droit.
La proposition
Voter les budgets de l'État, de la Sécurité sociale et des retraites au minimum à l'équilibre, en n'empruntant plus que pour investir. Les économies, sans taxes supplémentaires (seuls les hauts revenus paieraient plus d'impôts), seraient proposées par une Assemblée citoyenne élue hors des partis, puis soumises à référendum avant d'être appliquées.
Annoncée
Manifeste « 64 % – Vers une alternative citoyenne en France » (chapitre « Construire solide en brisant la dette »), non daté ; candidature citée par Public Sénat le 14/10/2026
Ce que ça change pour vous
Concernés : les assurés sociaux (remboursements de soins et de médicaments, prestations), les chômeurs, et les ménages ou entreprises qui profitent de niches fiscales ou d'aides publiques.
Exemple, si les prestations de Sécurité sociale baissaient de 10 %, hypothèse évoquée par le manifeste : une prestation de 1 000 € par mois passerait à 900 €.
Pas de taxe supplémentaire pour cet effort ; seuls les hauts revenus verraient leurs impôts augmenter, sans montant annoncé.
Le but affiché : freiner la dette, dont les intérêts ont coûté 64,7 milliards aux administrations publiques en 2025 (Insee).
Prestation de Sécurité sociale mensuelle
100 €/mois de moins
Combien ça coûte
Pas de dépense ici, mais des économies à faire. Aucun chiffrage public de la mesure n'existe : estimation de notre part sur les comptes 2025.
État et ses organismes : 130,3 milliards de déficit, moins 50,7 milliards d'investissement, soit environ 80 milliards (Insee, mai 2026). Sécurité sociale : 21,6 milliards, dont 7,1 pour les retraites de base (Sénat, juin 2026). Total : environ 100 milliards par an.
Les dépenses montent d'elles-mêmes : le budget 2027 du gouvernement prévoit 54 milliards d'effort pour faire passer le déficit de 5,4 % à 5 % du PIB.
Institut Montaigne (octobre 2026) : au moins 4 points de PIB d'effort à moyen terme, soit environ 120 milliards (calcul de notre part), rien que pour stabiliser la dette.
Est-ce possible
Voter un budget à l'équilibre : oui, une loi de finances suffit. La Constitution (article 34) fixe déjà l'objectif d'équilibre des comptes publics.
Rendre la règle durable : possible par une loi organique ; une règle qui s'imposerait directement à chaque budget demande une révision de la Constitution (Conseil constitutionnel, 9 août 2012).
Référendum sur les économies : possible pour des réformes économiques et sociales (article 11), mais le budget lui-même reste voté par le Parlement (articles 47 et 47-1).
Assemblée citoyenne : la loi peut créer un organe consultatif ; l'élire en écartant les partis pose question au regard de l'article 4 de la Constitution.
- Voter un budget à l'équilibreUne loi de finances suffitOui
- Règle durableLoi organique ; révision de la Constitution pour une règle supérieure aux budgetsSous conditions
- Référendum sur les économiesPossible pour des réformes (art. 11), pas pour le budget lui-mêmeSous conditions
- Assemblée citoyenne élue hors des partisConsultative possible ; exclusion des partis à examiner (art. 4)Sous conditions
- Règles européennesL'équilibre va plus loin que ce qu'exige le traité budgétaireOui
Qui paie
Le candidat exclut toute taxe supplémentaire pour cet effort : l'équilibre viendrait de dépenses en moins (allocations chômage, remboursements de soins, prestations sociales, niches fiscales, aides aux entreprises).
Il annonce aussi une hausse d'impôts limitée aux hauts revenus et moins d'optimisation fiscale, sans montant.
Le manifeste évoque une baisse des prestations de Sécurité sociale de l'ordre de 10 %, sans montant ni calendrier.
Les économies seraient choisies plus tard par une Assemblée citoyenne, puis par référendum : aucune liste n'est publiée à ce jour.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif « plus de dette pour le fonctionnement », mais l'atteindre en cinq ans : environ 20 milliards d'économies de plus chaque année (estimation : 100 milliards divisés par 5), à ajuster car les dépenses montent d'elles-mêmes.
Inscrire la règle dans une loi organique, sans réviser la Constitution, voie admise par le Conseil constitutionnel en 2012.
Publier la liste des économies et soumettre les grandes réformes (chômage, prestations) à référendum (article 11), le budget restant voté par le Parlement.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Manifeste « 64 % – Vers une alternative citoyenne en France », Jean-François Legendre (À nous maintenant), chapitre « Construire solide en brisant la dette » (non daté)
- Public Sénat — Élection présidentielle 2027 : qui sont les candidats déclarés ou presque ? (14/10/2026)
- Insee — Insee Première n° 2106, comptes des administrations publiques en 2025 (29/05/2026)
- Sénat — Avis n° 747 (2025-2026) sur l'approbation des comptes de la sécurité sociale 2025 (16/06/2026)
- La finance pour tous — Projet de loi de finances : le budget 2027 sous haute tension (08/10/2026)
- Institut Montaigne — Déficit et dette publics en France : les maillons faibles sont de plus en plus vulnérables, Olivier Garnier (14/10/2026)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 2012-653 DC, traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (09/08/2012)
- Conseil constitutionnel — Texte intégral de la Constitution du 4 octobre 1958 (articles 4, 11, 34, 47, 47-1)
Mise à jour : 28 octobre 2026