Jean-François Legendre · À nous maintenant · Immigration
Migrants économiques admis seulement après demande à l'ambassade de France
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Non chiffrée : renvoyer 600 000 à 900 000 personnes, contre 14 133 renvois forcés en 2025, n'est pas budgété ; le droit impose aussi de garder les soins urgents et un titre d'au moins 3 ans aux réfugiés.
La proposition
Les migrants économiques ne seraient plus acceptés sans demande préalable auprès de l'ambassade de France de leur pays d'origine. Les « clandestins » ne recevraient aucune aide et seraient renvoyés dans leur pays. Les migrants humanitaires seraient accueillis temporairement, jusqu'à ce que leur retour soit possible, fourniraient des travaux ou prestations bénévoles pendant leur séjour et ne pourraient pas obtenir la nationalité française.
Annoncée
Manifeste « 64 % – Vers une alternative citoyenne en France » (chapitre « L'immigration »), non daté, téléchargeable sur le site du mouvement
Ce que ça change pour vous
Venir travailler en France passerait uniquement par le consulat : c'est déjà la règle pour un séjour de plus de 3 mois. Ce qui change, c'est la fin des régularisations par le travail : 9 690 en 2025 selon le ministère de l'Intérieur.
Une entreprise qui emploie un étranger sans titre ne pourrait plus le faire régulariser : elle devrait recruter depuis l'étranger, avec un visa.
Les étrangers en situation irrégulière (600 000 à 900 000 selon l'Assemblée nationale, 2026) perdraient l'AME, l'aide médicale de l'État, dont environ 465 000 bénéficiaient fin 2024 : environ 2 700 € de soins par an et par bénéficiaire (calcul du site : 1,26 milliard dépensé en 2024 pour 465 208 bénéficiaires).
Les réfugiés auraient un titre temporaire, sans accès à la nationalité, avec des travaux bénévoles à fournir.
Combien ça coûte
Ni le candidat, ni un organisme public ou indépendant n'a chiffré cette mesure.
Économie possible : l'AME représente 1,21 milliard prévu pour 2026 (Public Sénat, décembre 2025), mais les soins urgents doivent rester pris en charge.
Dépense en plus : la lutte contre l'immigration irrégulière coûte déjà au moins 2,1 milliards par an, pour 14 133 renvois forcés en 2025 (Assemblée nationale, septembre 2026).
Le même rapport chiffre à environ 2,1 milliards de plus par an la seule rétention nécessaire pour exécuter toutes les mesures d'éloignement (environ 100 000 renvois de plus par an) : le coût net reste très incertain.
Est-ce possible
Visa au consulat et fin des régularisations par le travail : une loi ordinaire suffit. Les citoyens européens restent libres de venir travailler sans visa.
Fin des aides : possible par la loi, mais le Conseil constitutionnel a validé les restrictions de 2003 parce que les soins urgents restaient garantis (décision 2003-488 DC). Les renvois sont déjà prévus par la loi, mais chacun reste une décision individuelle.
Réfugiés : un statut temporaire est possible, mais le droit européen impose un premier titre d'au moins 3 ans (1 an pour la protection subsidiaire, règlement 2024/1347). Imposer des travaux non payés risque d'être jugé « travail forcé », interdit par l'article 4 de la CEDH ; sur la base du volontariat, c'est possible.
Nationalité : ses règles sont fixées par la loi (article 34 de la Constitution) ; une loi ordinaire suffit.
- Visa au consulat, fin des régularisations par le travailLoi ordinaire ; Européens non concernésOui
- Aucune aide pour les étrangers en situation irrégulièreSoins urgents à garder (Conseil constitutionnel, 2003)Sous conditions
- Renvoi des étrangers en situation irrégulièreDéjà prévu ; décision au cas par casSous conditions
- Accueil humanitaire temporairePremier titre d'au moins 3 ans pour les réfugiés (règlement UE 2024/1347)Sous conditions
- Travaux bénévoles pendant le séjourSeulement volontaires (article 4 CEDH)Sous conditions
- Pas d'accès à la nationalitéLoi ordinaireOui
Qui paie
Le manifeste n'annonce ni coût ni financement pour cette mesure.
Les économies sur l'AME ne sont pas chiffrées par le candidat, et les renvois supplémentaires ne sont pas budgétés.
Le manifeste conditionne l'accueil de migrants à un contribuable français qui s'en porte « garant » financièrement, sans montant ni détail.
Une piste qui tient mieux
Garder les trois objectifs en restant dans les règles : visa obligatoire et fin de la régularisation par le travail, par une loi ordinaire, pour un coût faible.
Restreindre l'AME sans toucher aux soins urgents, comme l'a voté le Sénat pour 2026 : 200 millions de crédits en moins et accord préalable pour certains soins.
Pour les renvois, miser sur la rétention : l'Assemblée nationale (2026) propose 3 650 places de plus d'ici 2032 pour viser 20 000 renvois forcés par an hors d'Europe, pour environ 420 millions par an (200 millions d'investissement et de fonctionnement, 220 millions de personnel).
Pour les réfugiés : un titre d'au moins 3 ans, réexaminé si la situation de leur pays change, et des travaux d'intérêt général proposés sur la base du volontariat.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Manifeste « 64 % – Vers une alternative citoyenne en France », Jean-François Legendre (À nous maintenant), chapitre « L'immigration » (non daté)
- Assemblée nationale — Rapport d'information n° 3178 de Charles Rodwell sur les coûts de la lutte contre l'immigration irrégulière (16/09/2026)
- Public Sénat — Budget 2026 : le Sénat durcit les conditions de l'Aide médicale d'État et baisse ses crédits de 200 millions (11/12/2025)
- Assemblée nationale — Amendement n° II-CF2052 au PLF 2026, citant le projet annuel de performances : 465 208 bénéficiaires de l'AME fin 2024 et 1 256 M€ de dépenses en 2024 (03/11/2025)
- ObservAlgerie (d'après l'AFP et la DGEF) — Métiers en tension : pourquoi si peu de régularisations en 2025 (17/04/2026)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 2003-488 DC du 29 décembre 2003 (aide médicale de l'État)
- EUR-Lex — Règlement (UE) 2024/1347 sur les conditions d'octroi d'une protection internationale (titres de séjour, article 24)
- Conseil de l'Europe — Convention européenne des droits de l'homme (article 4 : interdiction du travail forcé)
Mise à jour : 28 octobre 2026