David Lisnard · Nouvelle Énergie · Finances publiques
80 milliards d'économies la 1re année, puis 200 milliards par an
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Objectif de 200 milliards d'économies par an : seuls 8 milliards sont chiffrés, et cette mesure a été en partie jugée contraire à la Constitution en 2024.
La proposition
Réduire la dépense publique de 80 milliards d'euros dès la première année, puis de 200 milliards par an en rythme de croisière (300 milliards visés à terme), notamment en supprimant la moitié des agences et organismes de l'État. Selon le détail rapporté en octobre 2026, 120 milliards iraient aux salaires nets, 40 à la baisse des impôts de production et 40 à l'amélioration des finances publiques.
Annoncée
15 octobre 2026 · Entretien au média Le Crayon, publié par Nouvelle Énergie le 15 octobre 2026. Les 200 milliards figuraient déjà dans son discours de rentrée à La Gagne (Cannes), le 29 août 2026.
Ce que ça change pour vous
200 milliards en moins, c'est environ 2 900 € de dépense publique en moins par habitant et par an (calcul sur 69,1 millions d'habitants, Insee).
La dépense publique passerait d'environ 57,3 % à 50,6 % de la richesse produite, à richesse égale (calcul sur les chiffres Insee 2025).
Pistes citées par le candidat, sans montant : la moitié des agences supprimée, des départs à la retraite de fonctionnaires non remplacés, des pensions au-dessus d'environ 2 000 € par mois qui ne suivraient plus l'inflation.
En face, 120 milliards seraient rendus aux actifs en salaire net : cette mesure est analysée dans une fiche à part.
Dépense publique par habitant (base 2025)
2 900 € de moins
Combien ça coûte
C'est une mesure d'économie : le candidat vise 200 milliards par an (80 la première année), soit 11,7 % de la dépense publique de 2025 (1 714 milliards, Insee).
Une seule économie est chiffrée : 5 ans de résidence en France avant de toucher les aides non contributives (versées sans cotisation préalable), soit 8 milliards selon le candidat (Nouvelle Énergie ; Cryptoast, 22/10/2026).
Agences : la commission d'enquête du Sénat (juillet 2025) estime à environ 540 millions par an l'économie d'une réorganisation à missions égales, en deux à trois ans. Au-delà, il faut supprimer des missions.
Effet net pour les comptes publics : 40 milliards, car 160 des 200 milliards seraient rendus en baisses de cotisations et d'impôts de production (Cryptoast, octobre 2026).
Est-ce possible
Baisser les dépenses de l'État et de la Sécurité sociale : une loi ordinaire suffit, avec les budgets votés chaque année.
Supprimer ou fusionner des agences : une loi ou un décret suffit, selon le texte qui a créé chacune d'elles.
Collectivités locales : l'État ne décide pas de leurs dépenses (libre administration, article 72 de la Constitution). Il peut seulement baisser ses dotations.
La seule économie chiffrée pose problème : 5 ans de résidence imposés aux étrangers pour les APL et les allocations familiales ont été jugés contraires à la Constitution (Conseil constitutionnel, 11 avril 2024).
- Dépenses de l'État et de la Sécurité socialeBudgets votés chaque annéeOui
- Suppression de la moitié des agencesLoi ou décret selon les casOui
- Dépenses des collectivitésL'État agit seulement sur ses dotationsSous conditions
- 5 ans de résidence avant certaines aidesCensuré en 2024 pour les APL et allocations familialesSous conditions
Qui paie
Ici, la mesure est elle-même le financement : ces économies doivent payer 160 milliards de baisses de prélèvements et 40 milliards de baisse du déficit.
Le candidat dit avoir « documenté » 200 milliards, mais aucun tableau poste par poste n'est publié (Nouvelle Énergie).
Écrit et chiffré à ce jour : 8 milliards, soit 4 % de l'objectif.
La part laissée aux comptes publics est de 40 milliards sur 200, soit 20 % (Cryptoast, octobre 2026).
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif de 200 milliards et la part rendue aux actifs, mais publier la liste des économies poste par poste, avec le montant de chacune.
Baisser cotisations et impôts au même rythme que les économies déjà votées, pour que le déficit ne se creuse pas en attendant.
Chiffrer les pistes que le candidat cite déjà pour les dépenses sociales, qui pèsent selon lui 900 des 1 700 milliards de dépense publique. Pour les agences, dire quelles missions disparaissent : à missions égales, le Sénat ne voit qu'environ 540 millions par an.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Nouvelle Énergie — David Lisnard au Crayon : « L'État-providence est mort, il faut inventer un nouveau modèle » (15/10/2026)
- Nouvelle Énergie — Le programme de David Lisnard est-il chiffré ? (8 milliards pour la condition de résidence, moitié des organismes)
- Nouvelle Énergie — Quelles économies propose David Lisnard ? (agences, retraites, dépenses sociales)
- Cryptoast — David Lisnard promet 120 milliards pour les salaires nets : est-ce crédible ? (22/10/2026)
- Insee Première n° 2106 — Comptes des administrations publiques en 2025 (29/05/2026)
- Insee Première n° 2087 — Bilan démographique 2025 (13/01/2026)
- Sénat — Synthèse du rapport n° 807 de la commission d'enquête sur les agences et opérateurs de l'État (juillet 2025)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 2024-6 RIP du 11 avril 2024
Mise à jour : 27 octobre 2026