Les propositions de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon · LFI · Pouvoir d'achat

Blocage des prix, des marges et des loyers, carburant à 1,70 €

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

Un décret peut bloquer l'essence à 1,70 € pour six mois, mais le coût va de 0 (LFI) à 5,4-9 milliards par trimestre si l'État compense (IFRAP), sans financement prévu.

La proposition

Dans le cadre d'un « état d'urgence sociale », bloquer les prix, les marges de profit et les loyers. Un décret ramènerait le prix à la pompe à 1,70 € le litre (1,80 € pour le gazole selon Euronews).

Annoncée

5 septembre 2026 · Discours de rentrée à la braderie de Lille ; le décret à 1,70 € est écrit dans le document budgétaire de LFI (octobre 2026)

Ce que ça change pour vous

Aux prix cités par Euronews (23/09/2026) : un plein de 50 litres de gazole passerait de 120,50 € à 90 €, soit 30,50 € de moins.

Un plein de 50 litres de SP95-E10 passerait de 108,50 € à 85 €, soit 23,50 € de moins.

Pour un conducteur qui achète 1 000 litres de gazole par an : environ 610 € de moins (estimation).

Pour les loyers et les autres prix, ni la liste des produits ni le niveau du blocage ne sont publiés : l'effet ne peut pas être chiffré.

Un plein de 50 litres, aux prix cités par Euronews (23/09/2026)

Gazole (plafond à 1,80 €)

Avant
120,5 €Après
90 €

30,5 € de moins

SP95-E10 (plafond à 1,70 €)

Avant
108,5 €Après
85 €

23,5 € de moins

Combien ça coûte

LFI (plan d'urgence, mars 2026) : une mesure « neutre pour les finances publiques ». Selon LFI, les raffineurs ont acheté leur pétrole avant la hausse et peuvent absorber la baisse.

IFRAP (cité par prix-carburant.eu, septembre 2026) : 5,4 à 9 milliards pour trois mois si l'État compense les distributeurs pour éviter les pénuries, soit 10,8 à 18 milliards sur les six mois que permet un décret (estimation : × 2).

Le coût réel dépend du prix du pétrole : plus il monte, plus l'écart avec 1,70 € est grand.

Même sans compensation, l'État perd de la TVA : 1/6 de chaque euro de baisse du prix (estimation, TVA à 20 %).

Coût pour l'État sur trois mois, selon chaque chiffrage
LFI (2026), sans compensation
0 Md€
IFRAP (2026), bas, avec compensation
5,4 Md€
IFRAP (2026), haut, avec compensation
9 Md€

Est-ce possible

Carburant : oui par décret. L'article L410-2 du code de commerce permet de bloquer des prix en cas de crise, par décret en Conseil d'État, pour six mois au plus.

Au-delà de six mois, il faut une loi ordinaire. Le Conseil constitutionnel a validé la loi de blocage des prix et des revenus de 1982.

Loyers : une loi ordinaire suffit si l'atteinte au droit de propriété reste mesurée. Le Conseil a validé l'encadrement des loyers en 2014, en censurant certains volets, dont un complément de loyer trop restreint.

Droit européen : aucun texte trouvé qui interdise un plafond national des prix à la pompe. Un plafond très bas pourrait être contesté s'il gêne la vente du carburant importé (libre circulation des marchandises).

Ce que permet le droit
  • Carburant, par décretArticle L410-2 : crise, six mois au plusOui
  • Prix et marges au-delà de six moisIl faut une loi ordinaire (précédent validé en 1982)Sous conditions
  • LoyersLoi ordinaire, atteinte mesurée au droit de propriétéSous conditions
  • Droit européenPas d'interdiction trouvée ; un plafond très bas peut gêner les importationsSous conditions

Qui paie

LFI présente le blocage comme une mesure « neutre pour les finances publiques », sans aide de l'État aux distributeurs.

Rien n'est prévu si l'État doit compenser les distributeurs. Le blocage ne figure pas dans le bilan chiffré des dépenses d'urgence du document budgétaire (octobre 2026).

Bercy estime qu'un plafonnement reviendrait à « organiser la pénurie ».

L'argent prévu si l'État doit compenser
Annoncé0 Md€
LFI prévoit un coût nul : aucune compensation financée
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Même objectif, un prix à la pompe plus bas payé par les pétroliers et pas par l'impôt : un décret de six mois (article L410-2) qui plafonne les marges de raffinage et de distribution au lieu de fixer le prix final.

La baisse suit alors le prix du pétrole sans obliger à vendre à perte. On réduit ainsi le besoin de compensation et le risque de pénurie avancé par Bercy.

Coût pour l'État : la seule TVA perdue sur la baisse, 1/6 de chaque euro (estimation). Une loi peut le prolonger si la crise dure.

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. franceinfo — Mélenchon délivre un discours de campagne depuis la braderie de Lille (05/09/2026)
  2. LFI — « Comment nous allons remettre de l'ordre dans les comptes publics » (document budgétaire, octobre 2026)
  3. Groupe LFI — Flambée des prix de l'énergie : le plan d'urgence (mars 2026)
  4. Euronews — Hausse des prix, colère des électeurs : la crise du carburant pèse sur la campagne (23/09/2026)
  5. prix-carburant.eu — Carburants : les propositions des candidats et le chiffrage de l'IFRAP (13/09/2026)
  6. Légifrance — Code de commerce, article L410-2
  7. Conseil constitutionnel — Décision n° 82-143 DC, loi sur les prix et les revenus (30/07/1982)
  8. Conseil constitutionnel — Décision n° 2014-691 DC, loi ALUR (20/03/2014)

Mise à jour : 27 octobre 2026

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