Jean-Luc Mélenchon · LFI · Institutions
Loi pour démembrer les « trusts médiatico-culturels »
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Une loi ordinaire suffit, mais ni coût ni financement ne sont publiés, alors qu'un rachat public a un prix : BFM-RMC seul a été vendu 1,55 milliard en 2024.
La proposition
Faire voter, comme « première tâche législative » du mandat, une loi pour « démembrer ces trusts médiatico-culturels », c'est-à-dire les grands groupes privés de médias et d'édition, et « rendre le pouvoir aux usagers sous la forme de propriété collective ».
Annoncée
7 juin 2026 · Meeting de lancement de campagne à Saint-Denis (annonce d'une loi anticoncentration prioritaire dès le 20 mai 2026 dans l'émission « Allo Mélenchon »)
Ce que ça change pour vous
Sont visés les grands groupes privés de presse, de télévision, de radio et d'édition, et leurs propriétaires.
Selon le candidat, neuf milliardaires détiennent 90 % des médias français ; la loi viserait Vincent Bolloré, mais aussi Matthieu Pigasse, Bernard Arnault ou Rodolphe Saadé (LCP, mai 2026).
Pour un ménage, aucun effet direct sur le budget : la mesure change qui possède et dirige les médias, pas le prix d'un abonnement.
Le programme de LFI prévoit aussi des droits sur la gouvernance pour les abonnés des journaux et les usagers de l'audiovisuel public, et un soutien aux coopératives de journalistes et de lecteurs.
Combien ça coûte
Aucun chiffrage trouvé, ni du candidat, ni d'un organisme public ou indépendant.
Si les groupes sont revendus à d'autres acheteurs (privés ou coopératives), le coût pour l'État est proche de zéro (estimation).
Si la « propriété collective » passe par un rachat public, il faut payer le prix : à titre d'exemple, BFM-RMC a été vendu 1,55 milliard d'euros en 2024 (dépense unique, pas annuelle).
Est-ce possible
Une loi ordinaire suffit : la Constitution (article 34) confie à la loi les règles sur « le pluralisme et l'indépendance des médias », ainsi que les nationalisations.
Défaire des groupes acquis légalement n'est permis que si c'est « réellement nécessaire » au pluralisme (Conseil constitutionnel, 1984) : la loi doit le justifier.
Transférer leur propriété à la collectivité exige une nécessité publique et une « juste et préalable indemnité » (article 17 de la Déclaration de 1789, Conseil constitutionnel, 1982).
- Loi anticoncentration pour l'avenirArticle 34 : la loi fixe les règles du pluralismeOui
- Démanteler des groupes existantsSeulement si « réellement nécessaire » au pluralisme (1984)Sous conditions
- Propriété collective par rachat ou nationalisationJuste et préalable indemnité obligatoire (1982)Sous conditions
Qui paie
Aucun financement n'est annoncé pour cette mesure.
Le document budgétaire de LFI (octobre 2026) ne contient aucune ligne sur les médias ni sur un rachat de groupes.
Une revente forcée à d'autres acteurs n'a pas besoin d'argent public ; un rachat public, si.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif (casser la concentration, donner du pouvoir aux usagers) sans rachat public : une loi anticoncentration avec des plafonds par groupe et un délai pour revendre ce qui dépasse.
Le programme de LFI en contient déjà les briques : règles communes à la presse, à l'audiovisuel et à l'édition, séparation des réseaux et des contenus, droits des abonnés, aide aux coopératives.
Coût pour l'État proche de zéro (estimation), à condition de justifier chaque cession par le pluralisme, comme l'exige le Conseil constitutionnel.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- melenchon.fr — Discours de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis (7 juin 2026)
- LCP — Comment Jean-Luc Mélenchon veut s'attaquer aux empires médiatiques en cas d'élection (21/05/2026)
- Votons 2027 — Programme de Jean-Luc Mélenchon : institutions et médias (mesures 44 à 57)
- LFI — « Comment nous allons remettre de l'ordre dans les comptes publics » (document budgétaire, octobre 2026)
- Conseil constitutionnel — Constitution du 4 octobre 1958, article 34
- Conseil constitutionnel — Décision n° 84-181 DC, loi sur les entreprises de presse (11/10/1984)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 81-132 DC, loi de nationalisation (16/01/1982)
- Wikipédia — RMC BFM (entreprise) : rachat par CMA CGM pour 1,55 milliard d'euros (2024)
Mise à jour : 27 octobre 2026