Les propositions de Antoine Mikolajczak

Antoine Mikolajczak · Équinoxe · Agriculture

PAC : verser les aides selon le travail plutôt que selon la surface

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

Répartir les 3,3 milliards d'aide de base selon le travail ne coûte rien de plus, mais le règlement européen impose l'hectare : il faut changer la PAC, en négociation pour 2028.

La proposition

Faire passer les aides de la PAC d'une logique de surface à une logique de main-d'œuvre, et renforcer leur éco-conditionnalité en faveur des élevages à l'herbe et en plein air. Chaque reprise de ferme serait accompagnée d'une formation aux pratiques agroécologiques. Aucun chiffrage ni calendrier n'est annoncé.

Annoncée

8 octobre 2026 · Article de campagne « Protéger les animaux, l'environnement et nos éleveurs » publié sur le site d'Équinoxe, parti dont Antoine Mikolajczak est le candidat pour 2027

Ce que ça change pour vous

Gagnants : les fermes qui emploient beaucoup de monde par hectare, comme l'élevage laitier à l'herbe. Perdants : les grandes cultures conventionnelles et l'élevage laitier intensif, selon France Stratégie (2019).

Simulation de France Stratégie (2019) : un céréalier du Centre de 80 à 180 hectares perdrait près de 14 000 € d'aides par an s'il ne change pas ses pratiques ; un élevage laitier intensif perdrait environ 12 000 € par an, même après sa transition.

Dans la même simulation, une ferme laitière à l'herbe ou un céréalier bio de moins de 130 hectares gagnerait environ 9 000 à 11 000 € par an.

Ces montants viennent d'un scénario qui ajoute un bonus-malus sur les engrais et pesticides : la mesure du candidat seule donnerait des écarts différents.

Effet par an pour une ferme, simulation France Stratégie (2019)
Céréalier du Centre, 80 à 180 ha, sans changer ses pratiques : perte
14 000 €
Élevage laitier intensif, même après transition : perte
12 000 €
Ferme laitière à l'herbe ou céréalier bio : gain d'au moins
9 000 €

Combien ça coûte

Pas de coût net pour l'État si l'enveloppe reste la même : les aides existantes sont réparties autrement.

L'aide de base à l'hectare représente 3,3 milliards par an, l'écorégime 1,7 milliard et le paiement redistributif 674 millions, sur 9,1 milliards de PAC pour la France (ministère de l'Agriculture, 2022).

France Stratégie (2019) : environ 8 000 € par actif à temps plein, en répartissant 5,7 milliards entre 711 000 équivalents temps plein.

Formation à chaque reprise : non chiffrée. Estimation : 12 661 installations en 2024 (MSA), soit environ 13 millions par an par tranche de 1 000 € par formation ; 130 millions à 10 000 € (hypothèse).

Aides PAC versées chaque année en France (ministère de l'Agriculture, 2022)
Aide de base à l'hectare, à répartir selon le travail
3,3 Md€
Écorégime
1,7 Md€
Paiement redistributif (52 premiers hectares)
0,7 Md€

Est-ce possible

Aujourd'hui, non : le règlement européen 2021/2115 (article 21) fixe l'aide de base comme un paiement annuel par hectare.

Le gouvernement a écarté la même idée, venue de la Convention citoyenne pour le climat : les États n'ont « aucune latitude » sur ce type d'aide.

Voie possible : la PAC 2028-2034, en cours de négociation. La Commission (juillet 2025) propose des aides à l'hectare dégressives, plafonnées à 100 000 €.

L'aide aux élevages à l'herbe et en plein air (écorégime) et la formation à la reprise sont des choix nationaux, possibles sans changer les textes européens.

Ce que permettent les règles européennes
  • Aide de base calculée par actifLe règlement 2021/2115 impose un paiement par hectareNon
  • La même mesure dans la PAC 2028-2034À obtenir dans la négociation européenne en coursSous conditions
  • Favoriser l'élevage à l'herbe et en plein airChoix national, par l'écorégime du plan stratégiqueOui
  • Formation à chaque reprise de fermeRelève du droit françaisOui

Qui paie

Aucun financement n'est annoncé par le candidat.

La mesure déplace des aides existantes sans en ajouter : à enveloppe constante, certaines fermes gagnent et d'autres perdent.

La formation à chaque reprise n'est ni chiffrée ni financée ; son coût estimé reste sous un milliard par an.

Le financement annoncé
Annoncé0 Md€
Aucun financement annoncé ; aides existantes réparties autrement
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif dans les règles actuelles : relever le paiement redistributif, versé sur les 52 premiers hectares, au-delà de 10 % des paiements directs (le règlement fixe un minimum, pas de maximum en pourcentage).

Passer de 10 % à 20 % déplacerait environ 674 millions de plus par an vers les petites et moyennes fermes, sans coût pour l'État (calcul d'après le ministère de l'Agriculture, 2022).

Autre outil déjà permis : réduire l'aide de base au-delà de 60 000 € par ferme, après déduction des salaires et du travail familial (article 17 du règlement 2021/2115).

Pour 2028 : défendre à Bruxelles une aide de base qui tienne compte du nombre d'actifs, en plus du plafond de 100 000 € proposé par la Commission.

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Équinoxe — Protéger les animaux, l'environnement et nos éleveurs (8 octobre 2026)
  2. Ministère de l'Agriculture — Le plan stratégique national PAC 2023-2027 (septembre 2022)
  3. France Stratégie — Faire de la politique agricole commune un levier de la transition agroécologique (24/10/2019)
  4. Terre-net — Les propositions de France Stratégie pour la PAC : 8 000 € par emploi (octobre 2019)
  5. Règlement (UE) 2021/2115 sur les plans stratégiques de la PAC (articles 17, 21, 29 et 98)
  6. Ministère de la Transition écologique — Suivi de la Convention citoyenne pour le climat : aides à l'actif agricole (mesure SN.2.3.2)
  7. Terre-net — Ce que contient la réforme de la PAC proposée par la Commission (17/07/2025)
  8. Réussir — Le nombre d'installés en agriculture recule de 7 % en 2024, selon la MSA (10/03/2026)

Mise à jour : 28 octobre 2026

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