Édouard Philippe · Horizons · Retraites
Retraite à 65 ans, 45 ans de cotisation et une part de capitalisation
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
65 ans et 45 ans de cotisation : 30 milliards de gain par an selon le candidat, jusqu'à 17,7 milliards pour l'âge seul selon la Cour des comptes ; le fonds de capitalisation n'a pas de montant publié.
La proposition
Porter progressivement l'âge légal de départ à 65 ans et la durée de cotisation à 45 ans en moins de dix ans, et ajouter de la capitalisation : un fonds collectif obligatoire alimenté par les excédents de l'Agirc-Arrco, et un plan d'épargne retraite généralisé, avec 500 € de l'État au premier contrat de travail. Voie d'adoption (loi, ordonnance ou référendum) non tranchée.
Annoncée
29 septembre 2026 · Vidéo d'une vingtaine de minutes publiée sur ses réseaux sociaux
Ce que ça change pour vous
Par rapport à la réforme de 2023, suspendue en 2025 : âge légal de 64 à 65 ans et durée de cotisation de 43 à 45 ans, en moins de dix ans ; l'âge du taux plein automatique reste 67 ans.
Exemple : un salarié entré dans la vie active à 22 ans, sans interruption, aurait sa retraite complète (taux plein) à 67 ans au lieu de 65.
Partir un an plus tard, c'est un an de pension en moins : environ 19 500 € bruts pour la pension moyenne de 1 626 € par mois (Cour des comptes, fin 2022), contre un an de salaire pour qui a un emploi.
Selon le candidat, un Français sur trois pourrait encore partir entre 60 et 64 ans, et chaque salarié recevrait 500 € de l'État sur un plan d'épargne retraite à la signature de son premier contrat de travail.
Âge légal de départ
1 ans de plus
Durée de cotisation pour le taux plein
2 ans de plus
Taux plein, carrière commencée à 22 ans
2 ans de plus
Combien ça coûte
Reculer l'âge et allonger la durée rapportent de l'argent : le candidat annonce 30 milliards par an à terme, dont 10 pour les caisses de retraite et 20 pour le reste des finances publiques.
Cour des comptes (février 2025) : passer de 64 à 65 ans rapporterait de 9,4 à 17,7 milliards en 2035 selon le rythme, dont 4,7 à 8,4 pour les retraites.
Même source : 44 ans de cotisation au lieu de 43 rapporteraient 9,7 milliards en 2035, dont 5,2 pour les retraites ; 45 ans n'a pas été chiffré.
Le volet capitalisation n'est pas chiffré, sauf les 500 € versés par l'État au premier contrat : 400 millions par an selon le projet du candidat.
Est-ce possible
Âge et durée de cotisation : une loi ordinaire suffit. Le Conseil constitutionnel a validé le passage à 64 ans le 14 avril 2023 (décision 2023-849 DC).
Référendum : possible sans réviser la Constitution, car l'article 11 couvre les réformes de politique sociale. Le candidat n'a pas choisi entre référendum, loi ou ordonnance.
Capitalisation obligatoire et plan d'épargne retraite : une loi suffit. Les excédents visés sont ceux de l'Agirc-Arrco, géré par les syndicats et le patronat, qui décident de ses réserves.
Droit européen et Convention européenne des droits de l'homme : pas d'obstacle identifié.
- 65 ans et 45 ans de cotisationUne loi ordinaire suffit ; 64 ans validé en 2023Oui
- RéférendumPossible par l'article 11, sans réviser la ConstitutionOui
- Plan d'épargne retraite et 500 € de l'ÉtatUne loi suffitOui
- Fonds collectif payé par l'Agirc-ArrcoRéserves gérées par les syndicats et le patronatSous conditions
- Droit européen et CEDHAucun obstacle identifiéOui
Qui paie
Reculer l'âge et allonger la durée produisent des économies. Les 500 € au premier contrat (400 millions par an) seraient payés par les dividendes de l'État actionnaire.
Le fonds collectif serait alimenté par les excédents de l'Agirc-Arrco, « neutre pour le coût du travail » selon l'entourage du candidat, sans montant publié.
Cour des comptes (2025) : hors revenus des placements, les régimes complémentaires, dont l'Agirc-Arrco, dégageraient de presque zéro à 1 milliard par an d'ici 2035.
En juin 2025, sur France Inter, il évoquait « 15 % » de capitalisation dans le système de retraites ; le projet de septembre 2026, tel que rapporté par l'AFP et le Journal du Net, ne fixe ni part ni montant.
Une piste qui tient mieux
Garder 65 ans et 45 ans de cotisation ; la Cour des comptes en a mesuré une partie : jusqu'à 17,7 milliards par an pour l'âge et 9,7 pour un an de cotisation en plus, en 2035.
Chiffrer la capitalisation : fixer chaque année, avec les gestionnaires de l'Agirc-Arrco, la somme versée au fonds collectif, prise sur les réserves au-delà de six mois de pensions.
Selon la Cour des comptes (2025), les réserves des régimes complémentaires passeraient de 179 milliards fin 2023 à environ 260 milliards en 2035 à règles inchangées, au-delà de cette règle des six mois.
Garder le plan d'épargne retraite avec 500 € de l'État au premier contrat : 400 millions par an, payés par les dividendes de l'État.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- France 24 / AFP — Présidentielle : Édouard Philippe abat sa carte retraites, le camp sortant sous pression (29/09/2026)
- Journal du Net — Edouard Philippe dévoile son projet de réforme des retraites pour la présidentielle 2027, prévoyant un départ à 65 ans et 45 annuités (30/09/2026)
- France 24 / AFP — À « L'Heure de vérité », Philippe ébauche une France à nouveau « commandée et gouvernée » (08/10/2026)
- Europe 1 — Retraites : Édouard Philippe évoque « 15 % » de capitalisation (04/06/2025)
- Europe 1 — Dissolution, référendum sur les retraites et sur une « règle d'or » budgétaire : Philippe dévoile sa méthode (16/03/2025)
- Cour des comptes — Situation financière et perspectives du système de retraites (février 2025)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 2023-849 DC du 14 avril 2023 (réforme des retraites)
- Conseil constitutionnel — Constitution du 4 octobre 1958, texte intégral (article 11)
Mise à jour : 28 octobre 2026