Florian Philippot · Les Patriotes · Économie
Sortir de l'euro et revenir au franc
Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.
Environ 30 milliards par an d'intérêts en plus selon la Banque de France (2017), sans financement prévu, et une sortie possible seulement en quittant l'UE après une révision de la Constitution.
La proposition
Dès la demande de sortie de l'Union européenne (le programme prévoit de reprendre la monnaie presque aussitôt), adopter une « grande loi monétaire » qui crée le « nouveau franc » (par exemple 1 € = 1 nouveau franc au départ). Les comptes, salaires, contrats et dettes de droit français seraient convertis automatiquement. Le programme prévoit aussi un contrôle temporaire des capitaux et un flottement contrôlé du franc, avec une baisse possible pour gagner en compétitivité. La Banque de France reprendrait la politique monétaire, et l'État pourrait emprunter directement auprès d'elle.
Annoncée
12 septembre 2026 · Le programme « Projet pour la France », édition 2026-2027 (« Le Frexit en 10 questions », question 6), a été mis en ligne en septembre 2026. Le retour au franc a été repris dans le discours de clôture des Assises de la souveraineté, à Arras, le 12 septembre 2026.
Ce que ça change pour vous
Comptes, salaires, loyers et crédits passeraient en nouveaux francs, à 1 pour 1 au départ : le chiffre sur la fiche de paie ne change pas le premier jour.
Le programme prévoit une baisse possible du franc. Selon l'Institut Montaigne (2017), il perdrait environ 15 %, avec 3 à 4 % d'inflation et 1 600 € de pouvoir d'achat en moins par ménage et par an.
Exemple : 10 000 € d'épargne deviennent 10 000 francs. Si le franc perd 15 %, ils ne valent plus que 8 500 € pour payer à l'étranger.
Les entreprises qui exportent vendraient moins cher à l'étranger. Celles qui importent paieraient plus cher.
Valeur pour payer à l'étranger
1 500 € de moins
Combien ça coûte
Le programme ne prévoit aucun coût : il affirme que la dette, convertie en francs, ne bougerait pas.
Le gouverneur de la Banque de France (février 2017) : environ 30 milliards d'euros par an d'intérêts en plus sur la dette, un chiffre contesté par plusieurs économistes. Institut Montaigne (2017) : 4 à 13 % de richesse produite (PIB) en moins à terme.
S&P (2017) : rembourser dans une autre monnaie une dette émise en euros serait classé comme un défaut de paiement, ce qui pourrait faire baisser la note de la France.
Repère : un point de taux d'intérêt en plus coûte 3,2 milliards la première année et 32,6 milliards au bout de 9 ans (Agence France Trésor, citée par le Sénat en novembre 2024).
Est-ce possible
Quitter l'euro en restant dans l'UE : non. Les traités ne prévoient aucune sortie de la monnaie unique (Jean-Christophe Barbato, professeur de droit, 2017). Le programme prévoit pourtant de reprendre la monnaie presque aussitôt après la demande de sortie, quand la France est encore membre.
La seule voie légale est de quitter l'UE (article 50 du traité sur l'UE). Il faut avant cela réviser la Constitution, qui prévoit la participation de la France à l'UE (titre XV) : vote du Congrès aux 3/5 ou référendum.
La sortie intervient au plus tard deux ans après la demande, sauf prolongation. Une fois la France sortie, une loi ordinaire suffit pour créer le franc et contrôler les capitaux.
La conversion de la dette en francs pourrait être contestée en justice par des créanciers, au nom du droit de propriété (Barbato, 2017).
- Quitter l'euro en restant dans l'UEAucune procédure dans les traités, y compris pendant la négociation de sortieNon
- Quitter l'UE (article 50)Révision de la Constitution, puis jusqu'à 2 ans de négociationSous conditions
- Loi monétaire et contrôle des capitaux après la sortieUne loi ordinaire suffitOui
- Conversion de la dette en francsDéfaut de paiement selon S&P (2017), contestable en justiceSous conditions
Qui paie
Le programme n'inscrit aucun coût pour la sortie de l'euro, et donc aucun financement pour ce poste.
Il compte sur des prêts de la Banque de France à l'État « à taux modéré ». Ce financement par création de monnaie n'est pas chiffré.
Les recettes nouvelles du programme (74,8 milliards par an, surtout la croissance attendue et la baisse de la fraude fiscale) et ses 60 milliards d'économies ne sont pas affectés à la hausse possible des intérêts.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif, retrouver une monnaie nationale, en passant par la voie légale : réviser d'abord la Constitution, puis négocier la sortie de l'euro dans l'accord de retrait de l'UE (article 50), plutôt que de la faire par une loi dès l'élection.
Faire chiffrer la sortie avant le vote par la Banque de France et le Haut Conseil des finances publiques. Inscrire dans la loi monétaire les recettes ou les économies qui couvriront la hausse possible des intérêts.
Ordre de grandeur à financer : 3,2 milliards la première année et 32,6 milliards au bout de 9 ans pour chaque point de taux en plus (Agence France Trésor, 2024).
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Les Patriotes — Projet pour la France + Le Frexit en 10 questions, édition 2026-2027 (PDF, septembre 2026)
- Riposte Laïque — J'étais à Arras avec Philippot : les souverainistes n'ont pas dit leur dernier mot ! (14/09/2026)
- Institut Montaigne — Anti-brouillard sur la sortie de l'euro : chiffrage de l'impact (26/04/2017)
- Economie Matin — Sortir de l'euro coûterait (très) cher à la France (estimation de la Banque de France, 14/02/2017)
- Economie Matin — Sortir de l'euro conduirait la France au défaut de paiement (position de S&P, 06/02/2017)
- Sénat — L'essentiel sur le PLF 2025, mission Engagements financiers de l'État (novembre 2024)
- Le Club des juristes — 3 questions à Jean-Christophe Barbato sur une éventuelle sortie de la France de la zone euro (13/03/2017)
- Conseil constitutionnel — Texte intégral de la Constitution du 4 octobre 1958 en vigueur (article 88-1, article 89)
Mise à jour : 28 octobre 2026