Florian Philippot · Les Patriotes · Immigration
Quitter l'espace Schengen et la CEDH
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Pas de coût public chiffré, et une perte d'environ 10 milliards de PIB par an (France Stratégie) ; quitter Schengen suppose de quitter l'UE, et le regroupement familial reste protégé par la Constitution.
La proposition
Rétablir des contrôles permanents aux frontières nationales en quittant l'espace Schengen en même temps que l'UE, et dénoncer la Convention européenne des droits de l'homme, notamment pour pouvoir remettre en cause le regroupement familial. Le programme prévoit aussi de sortir du Pacte européen sur la migration, de dissoudre Frontex et d'exécuter les OQTF sans le délai de départ volontaire de 7 à 30 jours fixé par la directive européenne « retour ».
Annoncée
12 septembre 2026 · Discours de clôture des Assises de la souveraineté à Arras, où il a dit ce qu'il ferait dès le début de son mandat ; mesure détaillée dans le programme « Grandes orientations pour un projet patriote », édition 2026-2027 (mis en ligne en septembre 2026)
Ce que ça change pour vous
Frontaliers : environ 350 000 personnes vivent en France et travaillent dans un pays voisin (France Stratégie, 2016).
Avec 10 minutes de contrôle à chaque passage, France Stratégie évalue le temps perdu à environ 723 € par an et par frontalier ; le double avec 20 minutes.
Touristes et transporteurs routiers sont aussi touchés : la moitié du coût à court terme vient de la baisse du tourisme (France Stratégie, 2016).
Étrangers : le regroupement familial pourrait être restreint, et une personne sous OQTF n'aurait plus de délai pour partir d'elle-même.
Avec 10 minutes de contrôle par passage
723 € de plus
Avec 20 minutes de contrôle par passage
1 446 € de plus
Combien ça coûte
Aucun chiffrage du coût pour l'État de contrôles permanents (policiers, douaniers, équipements) : ni le candidat ni France Stratégie ne l'ont calculé.
France Stratégie (février 2016) : 1 à 2 milliards par an de coût direct pour l'économie (tourisme, frontaliers, camions), hors coût budgétaire des contrôles.
À long terme, France Stratégie prévoit une perte d'au moins 0,5 point de PIB, soit une dizaine de milliards par an : c'est une perte d'activité, pas une dépense publique.
Commission européenne (mars 2016), pour tout l'espace Schengen : 5 à 18 milliards par an de coûts directs, dont 0,6 à 5,8 milliards de frais administratifs pour les États.
Est-ce possible
Schengen fait partie du droit de l'Union : le candidat lie sa sortie à celle de l'UE (article 50 du traité sur l'UE). D'ici là, des contrôles temporaires sont permis, et la France en a notifié jusqu'au 30 avril 2027.
CEDH : oui, l'article 58 de la Convention permet de la dénoncer, avec un préavis de six mois.
Regroupement familial : la Constitution protège le droit des étrangers en séjour stable et régulier à vivre en famille (Conseil constitutionnel, 13 août 1993). Le supprimer exige une révision de la Constitution, même hors CEDH.
Pacte sur la migration et directive « retour » : ils s'imposent tant que la France est dans l'UE. Une OQTF sans délai est déjà possible en cas de risque de fuite ou de menace pour l'ordre public.
- Quitter SchengenSeulement en sortant de l'UE (article 50)Sous conditions
- Dénoncer la CEDHArticle 58 : préavis de six moisOui
- Remettre en cause le regroupement familialLe supprimer exige une révision de la ConstitutionSous conditions
- Sortir du Pacte sur la migrationSeulement en sortant de l'UESous conditions
- OQTF sans délai de départDéjà possible en cas de risque de fuite ou de menaceSous conditions
Qui paie
Le programme ne prévoit aucun budget pour des contrôles permanents aux frontières.
Il compte au contraire sur 10 milliards d'économies par an sur le « coût lié à l'immigration », sans dire lesquelles ni comment elles sont calculées.
Le programme lie l'ensemble de son chiffrage à la sortie de l'UE.
Une piste qui tient mieux
Garder des frontières contrôlées sans attendre une sortie de l'UE : s'appuyer sur les contrôles temporaires du code frontières Schengen, jusqu'à 2 ans et 3 ans en situation exceptionnelle (Commission européenne).
Durcir le regroupement familial par une loi ordinaire, dans les limites admises par le Conseil constitutionnel (durée de séjour préalable, ordre public, santé publique).
Utiliser davantage l'OQTF sans délai, déjà prévue en cas de risque de fuite ou de menace pour l'ordre public.
Coût : ces contrôles temporaires existent déjà ; leur coût pour l'État n'est pas publié.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Les Patriotes — Grandes orientations pour un projet patriote, édition 2026-2027 + Le Frexit en 10 questions (septembre 2026, PDF)
- Riposte Laïque — J'étais à Arras avec Philippot : les souverainistes n'ont pas dit leur dernier mot (14/09/2026)
- France Stratégie — Les conséquences économiques d'un abandon des accords de Schengen, note d'analyse n° 39 (février 2016)
- Commission européenne — Revenir à l'esprit de Schengen : feuille de route, communiqué IP/16/585 (04/03/2016)
- Commission européenne — Réintroduction temporaire des contrôles aux frontières intérieures (consulté en octobre 2026)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 93-325 DC du 13 août 1993 (maîtrise de l'immigration)
- Cour européenne des droits de l'homme — Convention européenne des droits de l'homme, article 58 (dénonciation)
- Service-public.gouv.fr — Obligation de quitter le territoire français (OQTF) (vérifié le 13/11/2024)
Mise à jour : 28 octobre 2026