Gilles Platret · Divers droite · Sécurité
Interdire les Frères musulmans et toutes les associations salafistes
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Coût faible. Dissoudre au cas par cas est déjà possible, mais interdire en bloc les Frères musulmans (280 associations selon l'État) et tous les salafistes heurte la liberté d'association.
La proposition
« Mener la guerre à l'islamisme » en mettant fin à « la présence des Frères Musulmans en France ainsi qu'à toutes les associations salafistes ». Dans une tribune du 19 octobre 2026, il redemande « l'interdiction en France des Frères Musulmans ». Il ne précise pas le moyen juridique.
Annoncée
8 octobre 2026 · Lancement de sa candidature à Chalon-sur-Saône (salons du Colisée), repris dans une tribune du 19/10/2026 après les violences du 17 octobre
Ce que ça change pour vous
Pas d'effet direct sur le budget des ménages : ni salaire, ni impôt, ni facture. La mesure vise des associations et leurs membres.
Rapport du ministère de l'Intérieur (mai 2025) : 280 associations rattachées à la mouvance des Frères musulmans, 139 lieux de culte affiliés à Musulmans de France et 68 proches de la fédération, soit 7 % des 2 800 lieux de culte musulmans.
Le même rapport estime le « cercle restreint » de la confrérie à quelques centaines de membres (400 à 1 000 selon des observateurs cités).
Le candidat parle de 600 associations (tribune du 19 octobre 2026) ; le rapport de 2025 en recense 280.
Combien ça coûte
Aucun chiffrage public, ni du candidat ni d'un organisme indépendant.
Estimation : une dissolution se décide par décret ; le coût direct se limite au travail des services de l'État et aux recours en justice, sans dépense nouvelle annoncée.
Ordre de grandeur : bien moins de 1 milliard par an.
Est-ce possible
Dissoudre une association ou un groupe précis qui appelle à la haine, à la discrimination, à la violence ou au terrorisme : oui, c'est déjà possible par décret en conseil des ministres (article L212-1 du code de la sécurité intérieure), sous le contrôle du Conseil d'État.
Interdire « les Frères musulmans » d'un seul coup : difficile. Selon le rapport de 2025, ce n'est pas une association unique mais un réseau ; chaque structure doit être visée pour des faits qui lui sont propres.
Interdire toutes les associations salafistes pour leur seul courant religieux : non. La liberté d'association est protégée par la Constitution (Conseil constitutionnel, 1971) et par l'article 11 de la CEDH, qui n'admet que des restrictions prévues par la loi et « nécessaires ».
Ajouter des motifs de dissolution reste possible par une loi ordinaire, sous le contrôle du Conseil constitutionnel.
- Dissoudre une association précise pour des faits de haine, violence ou terrorismeDéjà possible : article L212-1, contrôle du Conseil d'ÉtatOui
- Interdire « les Frères musulmans » d'un seul coupPas une association unique : chaque structure doit être viséeSous conditions
- Interdire toutes les associations salafistes pour leur courant religieuxLiberté d'association : Constitution (1971) et CEDH (article 11)Non
- Ajouter des motifs de dissolutionLoi ordinaire, sous contrôle du Conseil constitutionnelSous conditions
Qui paie
Aucun financement annoncé par le candidat.
Le coût direct est faible : la mesure relève surtout du droit, pas du budget.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif en passant par le cas par cas : dissoudre chaque association de la mouvance dont les faits relèvent de l'article L212-1, comme pour le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), dissous par décret, dissolution validée par le Conseil d'État en 2021.
Si les motifs actuels ne suffisent pas, les élargir par une loi ordinaire contrôlée par le Conseil constitutionnel : le projet du ministre de l'Intérieur (mai 2026) prévoit un motif « entrisme » et le gel des avoirs.
Coût : faible, non chiffré.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- info-chalon — Abrogation des 35h, rétablissement des frontières nationales… Gilles Platret s'élance dans la présidentielle 2027 (09/10/2026)
- info-chalon — « Les Français doivent savoir ce qui s'est réellement passé le 17 octobre… », tribune de Gilles Platret (19/10/2026)
- Ministère de l'Intérieur — Frères musulmans et islamisme politique en France, rapport (mai 2025)
- Le Club des juristes — Frères musulmans, entrisme islamiste… Beaucoup d'idées juridiquement très fragiles, Suzel Ramaciotti (28/05/2025)
- Landot avocats — Dissolutions d'associations ou de groupements de fait : point juridique (30/04/2026)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 71-44 DC sur la liberté d'association (16/07/1971)
- Conseil de l'Europe — Convention européenne des droits de l'homme (article 11)
- LCP — Associations dissoutes, avoirs gelés, livres interdits : ce que Laurent Nuñez prévoit (04/05/2026)
Mise à jour : 28 octobre 2026