Natacha Polony · Sans étiquette · Économie
Priorité à la production française dans la commande publique
Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.
Jusqu'à 15 milliards d'achats publics à rapatrier selon le Sénat, mais la préférence nationale est interdite par le droit européen, dont la réforme ne prévoit qu'une préférence européenne.
La proposition
Donner la priorité à la production française, et locale, dans les achats de l'État, des hôpitaux et des collectivités, cantines comprises, dans le cadre d'un « état d'urgence de la production » destiné à réduire le déficit commercial. Selon elle, ce point « ne doit pas être négociable » et il faudra « entrer dans un rapport de force ».
Annoncée
31 août 2026 · Entretien sur RTL le 31/08/2026 (« état d'urgence de la production » ; « priorité nationale dans la commande publique » selon franceinfo), précisé sur Sud Radio le 15/09/2026 (« priorité à la production française dans la commande publique » : cantines, hôpitaux, collectivités) et au Sommet de l'élevage le 08/10/2026 (« ne doit pas être négociable ») ; inscrit au programme de campagne.
Ce que ça change pour vous
Concerne les entreprises qui vendent à l'État, aux hôpitaux et aux collectivités : près de 170 milliards d'euros d'achats par an, en ne comptant que les marchés de plus de 90 000 € (Sénat, juin 2025).
Moins de 2 % de ces marchés vont à des entreprises étrangères : l'enjeu, ce sont surtout les produits importés par des fournisseurs français (Sénat, juin 2025).
Selon le Sénat, acheter autant de produits nationaux que l'Allemagne ferait 15 milliards d'euros de commandes en plus pour les entreprises françaises.
Pour l'acheteur public, si l'offre française coûte 10 % de plus (hypothèse), un marché de 100 000 € passe à 110 000 €.
Un marché de 100 000 €
10 000 € de plus
Combien ça coûte
Aucun chiffrage public de cette mesure, ni par la candidate ni par un organisme indépendant.
Estimation : sur les 15 milliards d'achats que le Sénat juge rapatriables, chaque écart de prix de 10 % coûte 1,5 milliard par an aux acheteurs publics ; de 0,75 à 3 milliards pour un écart de 5 à 20 %.
La candidate juge que la mesure ne coûte pas plus cher à l'État, car l'argent va à des travailleurs qui paient leurs impôts en France (Sud Radio, 15/09/2026). Ce retour n'est pas chiffré.
Est-ce possible
Droit européen : non. Choisir un fournisseur selon sa nationalité ou l'origine de ses produits est impossible ; le Sénat (juin 2025) rappelle que « la préférence locale n'est pas admise par l'Union européenne ».
Constitution : le Conseil constitutionnel protège l'égalité de traitement des candidats aux marchés publics (décision du 26 juin 2003).
La réforme proposée par la Commission européenne le 9 septembre 2026 prévoit une préférence européenne (« Made in Europe ») dans les secteurs où un texte européen la prévoit, pas de préférence nationale ; elle doit encore être adoptée par le Parlement européen et les États.
Déjà permis : des critères environnementaux et sociaux qui favorisent indirectement les achats proches (Sénat, juin 2025).
- Priorité aux entreprises françaisesDiscrimination selon la nationalité interditeNon
- Priorité aux produits français, cantines comprisesPréférence locale non admise par l'UnionNon
- Préférence européenneProposée le 9 septembre 2026 pour certains secteurs, pas encore adoptéeSous conditions
- Critères environnementaux et sociauxFavorisent indirectement les achats prochesOui
Qui paie
Aucun financement annoncé.
La candidate présente la mesure comme se payant d'elle-même, par moins de chômage et plus d'impôts payés en France. Aucun calcul n'est publié.
Le programme de campagne ne chiffre pas la mesure.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif, acheter plus de production française, dans les règles : défendre à Bruxelles, dans la réforme proposée le 9 septembre 2026, une préférence européenne générale et une exception pour l'alimentation, comme le demande la commission d'enquête du Sénat (juillet 2025).
En attendant, utiliser les critères déjà permis (environnement, conditions sociales, achats auprès des PME) et mesurer l'origine des produits achetés, que l'observatoire de la commande publique ne suit pas.
Coût faible : la Commission chiffre à 15 millions d'euros par an, pour toute l'Union, le coût supplémentaire de la préférence européenne limitée qu'elle propose.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- franceinfo — La journaliste Natacha Polony se lance en politique pour « perturber l'entre-soi » (31/08/2026)
- Sud Radio — Natacha Polony : « Le Rassemblement National ne dit pas des choses fausses sur tout » (15/09/2026)
- Pleinchamp — Natacha Polony candidate à l'Élysée, avec l'agriculture comme champ de bataille (14/10/2026)
- Site de campagne — Notre projet, douze chantiers pour la France
- Sénat — Rapport d'information n° 754 « Le fabriqué en France » (Nédélec, Menonville, 18/06/2025)
- Sénat — L'essentiel du rapport de la commission d'enquête sur la commande publique (juillet 2025)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 2003-473 DC (26/06/2003)
- Commission européenne — Résumé de l'analyse d'impact du Public Procurement Act, SWD(2026) 592 (09/09/2026)
Mise à jour : 28 octobre 2026