Natacha Polony · Sans étiquette (mouvement « Nous sommes la France ») · Agriculture
Interdire l'importation de produits ne respectant pas nos normes
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Coût non chiffré, et la France ne peut pas décider seule d'une interdiction générale : le commerce extérieur relève de l'UE. Sans changer les textes européens, seules des suspensions d'urgence ciblées sont possibles.
La proposition
Interdire l'importation de produits étrangers qui ne respectent pas les normes imposées aux producteurs français, en particulier agricoles et alimentaires. Les normes ne seraient pas allégées, mais imposées aussi aux produits importés. Moyens annoncés : des clauses miroirs, une traçabilité obligatoire de l'origine dans les produits transformés et, si nécessaire, des contrôles renforcés aux frontières.
Annoncée
8 octobre 2026 · Entretien à Pleinchamp au Sommet de l'élevage (Cournon-d'Auvergne), six jours avant l'annonce de sa candidature ; mesure inscrite au programme « Notre projet, douze chantiers pour la France »
Ce que ça change pour vous
Agriculteurs français : moins de concurrence de produits faits avec des pesticides ou des pratiques interdits en France.
Sénat (2019) : 10 à 25 % des produits agricoles et alimentaires importés ne respecteraient pas les normes en vigueur (8 à 12 % pour ceux venant de pays hors UE), soit 5 à 10 milliards d'euros vendus chaque année.
Sur des produits venant d'autres pays de l'UE, la Cour des comptes (2014, citée par le Sénat) relevait jusqu'à 25 % de non-conformités pour les produits à base de viande, 21 % pour le lait, 17 % pour la viande de boucherie, 13 % pour la volaille.
Consommateurs : certains fruits, légumes ou viandes importés pourraient quitter les rayons ou coûter plus cher ; aucun chiffrage par ménage n'est publié.
Combien ça coûte
Aucun chiffrage public trouvé, ni de la candidate.
Pour l'État, le coût tient surtout aux contrôles : moins de 10 millions par an y étaient consacrés selon le Sénat (2019).
Estimation simple : tripler ces moyens les porterait au plus à 30 millions par an (10 millions × 3), soit 20 millions de plus, bien sous 1 milliard.
L'effet sur les prix pour les consommateurs n'est chiffré par personne.
Est-ce possible
Une interdiction générale décidée par la France seule : non. Le commerce avec les pays hors UE est une compétence exclusive de l'Union (article 3 du traité sur le fonctionnement de l'UE).
Possible au cas par cas : une suspension d'urgence pour un risque sanitaire prouvé. Le Conseil d'État a validé le 13 mai 2026 l'arrêté du 5 janvier 2026 sur cinq pesticides interdits, mesure limitée à un an au plus.
Clauses miroirs générales : il faut les écrire dans les textes européens, comme l'UE l'a fait pour les antibiotiques utilisés pour faire grossir les animaux (règlement 2019/6, article 118).
Produits venant d'autres pays de l'UE : la libre circulation des marchandises s'applique, sans contrôle aux frontières intérieures.
- Interdiction générale décidée par la FranceCommerce extérieur : compétence exclusive de l'UENon
- Suspension d'urgence cibléeValidée par le Conseil d'État le 13 mai 2026, pour un an au plusOui
- Clauses miroirsÀ écrire dans les textes européensSous conditions
- Contrôles aux frontières extérieuresMoyens nationaux, sans contrôle aux frontières intérieuresOui
- Traçabilité de l'origine dans les produits transformésÉtiquetage encadré par le droit européenSous conditions
Qui paie
Aucun financement annoncé : ni le programme ni l'entretien ne donnent de chiffre.
Le coût direct pour l'État (des contrôles) reste probablement faible, sous 1 milliard par an (estimation ci-dessus), mais il n'est pas écrit.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif, les mêmes règles pour tous, par les voies ouvertes : des suspensions d'urgence ciblées sur les pesticides interdits dans l'UE, comme l'arrêté du 5 janvier 2026 validé par le Conseil d'État.
Porter à Bruxelles des clauses miroirs écrites dans les règlements européens, sur le modèle des antibiotiques de croissance (règlement 2019/6).
Renforcer les contrôles aux frontières extérieures : au plus 30 millions par an en triplant les moyens actuels (estimation d'après le Sénat, 2019).
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Pleinchamp — Natacha Polony candidate à l'Élysée, avec l'agriculture comme champ de bataille (14/10/2026, entretien du 08/10/2026)
- Site de campagne — Notre projet, douze chantiers pour la France
- Conseil d'État — Fruits et légumes hors UE contenant des résidus de pesticides interdits : le Gouvernement pouvait suspendre leur importation (décision n° 511530, 13/05/2026)
- AGRINFO — French national MRL measures on carbendazim, thiophanate-methyl, glufosinate and mancozeb (2026)
- Sénat — La France, un champion agricole mondial : pour combien de temps encore ? Rapport n° 528 de Laurent Duplomb (28/05/2019)
- Public Sénat — Agriculture : un quart des produits importés ne respecteraient pas les normes (11/06/2019)
- EUR-Lex — Traité sur le fonctionnement de l'UE, article 3 (compétences exclusives)
- EUR-Lex — Règlement (UE) 2019/6 relatif aux médicaments vétérinaires
Mise à jour : 28 octobre 2026