Les propositions de Natacha Polony

Natacha Polony · Sans étiquette (campagne « Nous sommes la France »), soutenue par République souveraine · Éducation

Salaires des enseignants augmentés de 20 à 30 %

Ça ne tient pas

Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.

Entre 6,7 et 17 milliards par an selon les bases de calcul, plus de 10 milliards dès que les pensions sont comptées, sans coût ni financement publié par la candidate.

La proposition

Augmenter de 20 à 30 % le salaire des enseignants, pour les payer « à la hauteur de leurs homologues de l'OCDE ». En échange, toutes leurs missions seraient comptées dans leur temps de travail, et pas seulement le temps passé devant les élèves. Le tout dans une loi de programmation de dix ans pour l'école, avec des financements déplacés vers le primaire.

Annoncée

6 octobre 2026 · Entretien sur Sud Radio (extraits diffusés par Sud Radio le 06/10/2026, article publié le 14/10/2026) ; le programme en ligne vise des salaires « à la hauteur de leurs homologues de l'OCDE », sans pourcentage

Ce que ça change pour vous

Concerne près de 900 000 enseignants du public et du privé sous contrat (Institut Montaigne, effectifs 2020).

Salaire net moyen en 2024 : 3 090 € par mois (DEPP). Avec +20 % : environ 3 708 € ; avec +30 % : environ 4 017 €.

Professeur des écoles (2 850 € nets en moyenne en 2024) : environ 3 420 € à +20 % et 3 705 € à +30 %.

En échange, toutes les missions seraient comptées dans le temps de travail ; le détail de cette contrepartie n'est pas publié.

Salaire net par mois, avant et après la hausse

Enseignant moyen, hausse de 20 %

Avant
3 090 €/moisAprès
3 708 €/mois

618 €/mois de plus

Enseignant moyen, hausse de 30 %

Avant
3 090 €/moisAprès
4 017 €/mois

927 €/mois de plus

Professeur des écoles, hausse de 20 %

Avant
2 850 €/moisAprès
3 420 €/mois

570 €/mois de plus

Combien ça coûte

La candidate n'a pas publié de chiffrage.

Institut Montaigne (2022) : 3,3 milliards par an pour +10 % (salaires bruts de 2019, hors pensions) ; en proportion, 6,7 à 10 milliards pour +20 à +30 % (estimation).

Fondation iFRAP (2021) : une hausse de 30 % coûterait 17 milliards par an, dont 12,5 de salaires et 5 de pensions ; en proportion, environ 11,3 milliards pour +20 % (estimation).

Ces chiffrages reposent sur les salaires d'avant 2022 ; les salaires ont augmenté depuis (salaire net moyen : +6,4 % entre 2023 et 2024 selon la DEPP), ce qui augmente le coût.

Coût par an, selon la base de calcul
+20 % (estimation, base Institut Montaigne 2022)
6,7 Md€
+30 % (estimation, base Institut Montaigne 2022)
10 Md€
+20 %, pensions comprises (estimation, base iFRAP 2021)
11,3 Md€
+30 %, pensions comprises (iFRAP 2021)
17 Md€

Est-ce possible

Les grilles de salaire et les primes des enseignants sont fixées par décret ; le Parlement doit voter les crédits dans la loi de finances.

Compter toutes les missions : il faut modifier les décrets sur les obligations de service (par exemple le décret du 20 août 2014 pour le second degré). Une loi n'est pas nécessaire.

Une loi de programmation sur dix ans est prévue par l'article 34 de la Constitution, mais elle n'oblige pas les budgets suivants : chaque année, la loi de finances décide.

Aucun obstacle constitutionnel ou européen identifié.

Ce que permet le droit
  • Hausse des salairesDécret, et crédits votés en loi de financesOui
  • Compter toutes les missionsModifier les décrets sur le temps de serviceOui
  • Loi de programmation de dix ansPossible, mais n'engage pas les budgets suivantsOui

Qui paie

La candidate n'a publié ni coût ni financement pour cette mesure.

Elle veut déplacer des moyens vers le primaire et juge que les nombreuses options du lycée « coûtent extrêmement cher », sans chiffrer l'économie attendue.

Pour un coût de 6,7 à 17 milliards par an, aucune recette ni économie n'est écrite à ce jour.

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif d'un salaire au niveau de l'OCDE : pour un professeur de lycée après 15 ans, la moyenne OCDE est environ 20 % au-dessus du salaire français (OCDE, Regards sur l'éducation 2025, cité par 75 secondes : 63 900 $ contre 53 100 $).

Viser +20 % étalé sur les dix ans de la loi de programmation qu'elle propose : environ 0,8 milliard de plus chaque année, puis 8,3 milliards par an au bout de dix ans (estimation : 12,5 × 20/30, d'après le chiffrage iFRAP, hors pensions).

Une partie peut venir de la baisse du nombre d'élèves : selon l'IPP, cité par 75 secondes (2026), ne pas remplacer les postes devenus en trop, à 21 élèves par classe, économiserait jusqu'à 3,4 milliards par an en 2034.

Coût par an, salaires seuls : la mesure face à la piste
La mesure à +30 % (iFRAP)12,5 Md€
La piste9,1 Md€
  • +20 % en dix ans : première année · 0,8 Md€
  • +20 % en dix ans : au bout de dix ans · 8,3 Md€

Environ 1,4 fois moins cher

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Sud Radio — « No future » et « irresponsabilité généralisée » : les solutions de Natacha Polony pour les lycées et l'éducation (14/10/2026)
  2. Site de campagne de Natacha Polony — Notre projet, douze chantiers pour la France (non daté)
  3. Institut Montaigne — Revaloriser les salaires des enseignants de 10 % : chiffrage (2022)
  4. Fondation iFRAP — Salaire des enseignants : ce qu'une augmentation coûterait vraiment à l'État (15/12/2021)
  5. DEPP — Note d'information n° 26.36 : l'évolution du salaire des enseignants entre 2023 et 2024 (août 2026)
  6. 75 secondes — Salaire des enseignants : la France sous la moyenne des pays de l'OCDE (29/05/2026)
  7. 75 secondes — Tsunami démographique à l'école : moins 1 million d'élèves d'ici 2035 (05/09/2026)
  8. Légifrance — Décret n° 2014-940 du 20 août 2014 relatif aux obligations de service des enseignants du second degré

Mise à jour : 28 octobre 2026

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