Natacha Polony · Sans étiquette · Pouvoir d'achat
Taxe flottante sur les carburants
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Possible par une simple loi, comme en 2000-2002 (2,7 milliards en près de 22 mois), mais le mécanisme et son coût ne sont pas précisés, et aucun financement n'est prévu.
La proposition
Instaurer une taxe flottante sur les carburants : quand le prix à la pompe monte, les taxes baissent automatiquement. Interrogée sur la baisse de TVA à 5,5 % voulue par le RN, elle met en avant ce mécanisme et conteste qu'il fasse perdre des recettes à l'État. Le seuil de déclenchement et l'ampleur de la baisse ne sont pas précisés.
Annoncée
15 septembre 2026 · Entretien dans « Le Grand Matin » de Sud Radio, puis vidéo de campagne du 17/09/2026
Ce que ça change pour vous
Concerne tous les acheteurs de carburant : ménages, artisans, transporteurs, agriculteurs.
Exemple, sur le modèle de 2000 : si le litre monte de 24 centimes, dont 4 de TVA, ces 4 centimes sont rendus, soit 2,40 € de moins sur un plein de 60 litres.
En 2000-2002, la baisse a été d'environ 2 centimes par litre, peu visible à la pompe selon Bercy (2005).
Quand les prix sont stables ou baissent, rien ne change.
Plein de 60 litres
2,4 € de moins
Combien ça coûte
Ni la candidate ni un organisme public n'ont chiffré la mesure : le coût dépend du seuil et de l'ampleur de la baisse.
Précédent 2000-2002 : 2,7 milliards en près de 22 mois, soit environ 1,5 milliard par an (Bercy, 2005), pour 1,4 milliard de TVA en plus (Cour des comptes, 2005, citée par Public Sénat).
Rendre le surplus de TVA de 2026 aurait coûté environ 800 millions sur neuf mois (ministre des Comptes publics, chiffres à fin septembre 2026 : +798 millions de TVA), soit environ 1,1 milliard sur un an.
Estimation : 1 centime d'accise en moins coûte environ 570 millions par an, TVA sur l'accise comprise (47,5 milliards de litres vendus en 2025, Ufip × 1,2 centime) ; 10 centimes, environ 5,7 milliards.
Est-ce possible
Une loi de finances suffit : la France l'a déjà appliquée d'octobre 2000 à juillet 2002.
Le Parlement fixe la règle de calcul ; le ministre peut ensuite constater les baisses par arrêté, comme le prévoyait une proposition de loi du Sénat en 2018.
Droit européen : l'accise doit rester au-dessus des planchers de la directive 2003/96, que la France dépasse largement (Public Sénat, mars 2026).
Une part de l'accise revient aux collectivités : la baisse réduirait aussi leur recette (Bercy, 2005).
- Loi de financesDéjà appliquée de 2000 à 2002Oui
- Planchers européens (directive 2003/96)La France est largement au-dessusOui
- Part des collectivitésLeur recette baisserait aussiSous conditions
Qui paie
Aucun financement n'est prévu : la candidate affirme que la mesure ne fait pas perdre de recettes, car les ménages consomment déjà moins quand les prix montent.
Les chiffres 2026 lui donnent en partie raison : malgré la flambée, l'État a perdu 383 millions sur neuf mois (+798 millions de TVA, −1 181 millions d'accises), puis 357 millions au 13 octobre, selon le ministre des Comptes publics.
Mais rendre le surplus de TVA aurait creusé cette perte d'autant : la mesure a un coût, qui n'est pas financé à ce jour.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif, amortir les hausses, avec une règle écrite : rendre seulement le surplus de TVA, au-delà d'un seuil (une hausse de plus de 10 % du cours du pétrole dans la proposition de loi du Sénat de 2018), en ajoutant un plafond de baisse.
La rendre symétrique, comme le prévoyait ce texte : les taxes remontent quand les prix redescendent, pour récupérer une partie de la dépense.
Coût en année de crise : environ 1,1 milliard (estimation d'après les 798 millions de TVA en plus sur neuf mois de 2026), à inscrire et à financer dans le budget.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Sud Radio — Natacha Polony : « Le Rassemblement National ne dit pas des choses fausses sur tout » (15/09/2026)
- Site de campagne — Vidéo « 30 € de différence sur un plein, ce n'est pas un détail » (17/09/2026)
- Assemblée nationale — Question écrite n° 41419, réponse du ministre de l'Économie sur le coût de la TIPP flottante (JO, 08/02/2005)
- Public Sénat — TVA à 5,5 %, taxe flottante, gel des prix : ce qu'il est possible de faire ou non (26/03/2026)
- AFP / Connaissance des énergies — Recettes fiscales sur le carburant en baisse, selon David Amiel (13/10/2026)
- AFP / Connaissance des énergies — La consommation française de carburants en baisse en 2025 (16/01/2026)
- Sénat — Proposition de loi n° 89 visant à instaurer une TICPE flottante (29/10/2018)
- EUR-Lex — Directive 2003/96/CE sur la taxation des produits énergétiques
Mise à jour : 28 octobre 2026