Les propositions de Bruno Retailleau

Bruno Retailleau · LR · Finances publiques

197 milliards d'économies d'ici 2032, dont 400 000 fonctionnaires non remplacés

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

197 milliards d'économies promis d'ici 2032 : selon notre estimation, les 400 000 postes non remplacés rapporteraient alors 12,4 à 18,5 milliards et non 25, et 4,5 milliards exigent de réviser la Constitution.

La proposition

Réaliser 197 milliards d'euros d'économies d'ici 2032 : 96 sur l'État, dont le non-remplacement de 400 000 agents publics partant à la retraite, 91 sur la protection sociale et 10 sur les collectivités. 146 milliards réduiraient le déficit, 51 financeraient des baisses d'impôts et de cotisations.

Annoncée

12 octobre 2026 · Conférence de presse au siège des Républicains, présentation du plan d'économies

Ce que ça change pour vous

Fonction publique : 400 000 départs à la retraite non remplacés d'ici 2032, soit environ 1 poste public sur 15 (5,9 millions d'agents).

Pour un agent public : 16 heures de travail de plus par an (1 623 au lieu de 1 607) et 3 jours de carence au lieu d'1 en cas d'arrêt maladie. Dans le privé, un jour de carence ne pourrait plus être payé par l'employeur.

Retraites et chômage : départ possible à 63 ans, avec une décote jusqu'à 65 ans ; 42 milliards d'économies sur les retraites, 30 sur le chômage et les prestations sociales.

En retour, 51 milliards de baisses d'impôts et de cotisations, dont 21 pour les ménages : le candidat promet 500 € par an à chaque salarié grâce à la baisse des cotisations.

Pour un agent public, sur un an

Temps de travail

Avant
1 607 hAprès
1 623 h

16 h de plus

Pour un agent public en arrêt maladie

Jours de carence, non payés

Avant
1 joursAprès
3 jours

2 jours de plus

Combien ça coûte

Le candidat : 197 milliards d'économies sur cinq ans, d'ici 2032 (96 sur l'État, 91 sur la protection sociale, 10 sur les collectivités). Aucun chiffrage indépendant de l'ensemble n'a été trouvé.

Fonctionnaires : il attend 25 milliards des 400 000 postes, soit 62 500 € par poste. C'est à peu près le coût moyen d'un agent, cotisations comprises : 370 milliards de rémunérations publiques en 2025 (FIPECO), pour 5,9 millions d'agents.

Or, d'ici 2032, un départ non remplacé fait économiser à peu près le salaire du débutant qu'on aurait recruté : 28 000 à 34 000 € brut par an selon la fonction publique, 31 000 € dans l'État (FIPECO, juillet 2026). Le gain ne rejoint le coût moyen d'un agent qu'à long terme.

Notre estimation pour 2032 : 400 000 × 31 000 € = 12,4 milliards par an, environ 18,5 milliards en ajoutant les cotisations employeur (+49 % en moyenne).

Les 197 milliards d'économies, selon le candidat
État
96 Md€
Protection sociale
91 Md€
Collectivités
10 Md€
400 000 postes non remplacés : l'économie par an en 2032
Le candidat
25 Md€
Estimation, cotisations comprises
18,5 Md€
Estimation, salaire brut seul
12,4 Md€

Est-ce possible

Postes de l'État, temps de travail, jours de carence, retraites, chômage : une loi ordinaire ou un décret suffit (article 34 de la Constitution).

Agents des mairies, départements et régions : l'État ne décide pas de leurs recrutements, car les collectivités s'administrent librement (article 72). Il peut plafonner la hausse de leurs dépenses par contrat, un système jugé conforme par le Conseil constitutionnel en janvier 2018.

Aides aux étrangers et examen de l'asile hors des frontières (4,5 milliards) : le plan les fait dépendre d'une révision de la Constitution (Public Sénat), votée par les deux assemblées puis par référendum ou par les 3/5 du Congrès (article 89).

En 2024, le Conseil constitutionnel a censuré une condition plus souple que les cinq ans de séjour et de travail du plan : cinq ans de résidence ou 30 mois de travail, pour des aides comme les APL ou les allocations familiales.

Ce que permet le droit
  • Postes de l'État, temps de travail, carenceLoi ordinaire ou décretOui
  • Retraites, chômage, arrêts maladieLoi ordinaireOui
  • Agents des collectivitésL'État peut encadrer leurs dépenses, pas fixer leurs postesSous conditions
  • Aides aux étrangers, asile (4,5 Md€)Pas sans révision de la ConstitutionNon

Qui paie

Le plan finance lui-même ses promesses : 146 milliards pour ramener le déficit à 2,2 % du PIB en 2032, 51 milliards pour baisser impôts et cotisations.

Les économies sont chiffrées poste par poste dans le tableau du plan (Acteurs publics). 11,5 milliards reposent sur une méthode, le budget « base zéro », qui ne reconduit aucune dépense d'office d'une année sur l'autre.

Si les postes non remplacés rapportent 12,4 à 18,5 milliards et non 25, il manque 6,5 à 12,6 milliards par an, à trouver ailleurs.

Une piste qui tient mieux

Garder les 400 000 départs non remplacés, mais compter leur gain en 2032 au salaire d'un débutant : 12,4 à 18,5 milliards par an (estimation d'après FIPECO), et écrire où trouver le reste.

Pour les agents des collectivités, passer par des contrats qui plafonnent la hausse de leurs dépenses de fonctionnement, comme en 2018 : un outil jugé conforme par le Conseil constitutionnel.

N'inscrire les 4,5 milliards liés aux aides des étrangers et à l'asile qu'une fois la Constitution révisée. Le total affiché passe alors à environ 180 à 186 milliards d'ici 2032, sauf nouvelles économies écrites.

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. LCP — Face à une France « quasiment en faillite », Bruno Retailleau présente un plan d'économies de 197 milliards d'euros sur cinq ans (12/10/2026)
  2. Public Sénat — Bruno Retailleau s'engage sur un plan d'économies de près de 200 milliards d'euros, s'il est élu (12/10/2026)
  3. Acteurs publics — Bruno Retailleau veut faire travailler davantage les fonctionnaires (12/10/2026)
  4. Fondation iFRAP — Comparateur des programmes, présidentielle 2027 (consulté le 28/10/2026)
  5. FIPECO — Le niveau et l'évolution de la masse salariale publique (06/07/2026)
  6. Conseil constitutionnel — Décision n° 2024-6 RIP, accès des étrangers aux prestations sociales (11/04/2024)
  7. Conseil constitutionnel — Décision n° 2017-760 DC, contrats de maîtrise des dépenses des collectivités (18/01/2018)
  8. Conseil constitutionnel — Constitution du 4 octobre 1958, articles 34, 72 et 89 (texte en vigueur)

Mise à jour : 28 octobre 2026

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