Les propositions de Bruno Retailleau

Bruno Retailleau · LR · Sécurité

État d'urgence anti-trafics pour boucler 50 à 60 quartiers du narcotrafic

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

Ni coût ni financement annoncés, et une révision de la Constitution est prévue ; d'après notre estimation, boucler 60 quartiers prendrait au moins un tiers des 180 unités de CRS et de gendarmes mobiles.

La proposition

Créer un « état d'urgence anti-trafics », avec une révision de la Constitution pour le rendre applicable. Il permettrait de boucler 24 h/24 entre 50 et 60 quartiers touchés par le trafic de drogue, avec contrôle des entrées et des sorties, si besoin des blindés de la gendarmerie, et la coupure des télécommunications. S'y ajouteraient une détention provisoire plus longue, de courtes peines dès les premiers délits pour les mineurs et des outils administratifs pour « taper au portefeuille » les trafiquants.

Annoncée

23 avril 2026 · Déplacement à Nanterre (quartier Pablo-Picasso), premier déplacement après sa désignation comme candidat des Républicains

Ce que ça change pour vous

Habitants des 50 à 60 quartiers visés : entrées et sorties contrôlées 24 h/24, et possible coupure du téléphone et d'internet.

La liste des quartiers n'est pas publiée ; le candidat vise des quartiers « qui échappent désormais à la loi de la République ».

Personnes poursuivies : détention provisoire plus longue, et courtes peines dès les premiers délits pour les mineurs.

Trafiquants : de nouveaux outils administratifs pour saisir leur argent.

Combien ça coûte

Ni le candidat ni un organisme public n'a chiffré la mesure.

Estimation en moyens : une unité de CRS ou de gendarmes mobiles par quartier, c'est 50 à 60 unités sur les 180 existantes (Cour des comptes, avril 2024), soit près d'un tiers.

La Cour relève qu'en moyenne 75 unités sont prises chaque jour par des missions permanentes, et qu'il ne reste qu'une réserve d'environ 8 unités par jour.

Une unité ne peut pas tenir seule 24 h/24 : avec les relèves, le besoin réel serait sans doute plus élevé.

Unités de CRS et de gendarmes mobiles : Cour des comptes (2024) et notre estimation
Unités existantes
180 unités
Prises chaque jour par des missions permanentes (moyenne)
75 unités
Réserve libre chaque jour (environ)
8 unités
Bouclage de 60 quartiers, une unité chacun (estimation)
60 unités

Est-ce possible

Une loi ordinaire peut créer un nouvel état d'urgence : le Conseil constitutionnel l'a admis en 1985, et la loi de 1955 permet déjà d'interdire la circulation dans des lieux fixés.

Un bouclage durable exige des garanties précises : en 2018, le Conseil a censuré des « zones de protection » trop peu encadrées. Le candidat prévoit une révision de la Constitution (3/5 du Congrès ou référendum).

Coupure des télécoms : le Conseil d'État (2025) n'admet une coupure totale que provisoire et faute d'autre moyen ; il a jugé illégal le blocage de TikTok sans durée fixée.

Mineurs : en 2025, le Conseil constitutionnel a censuré pour les mineurs une détention provisoire d'un an et la comparution immédiate. La Convention européenne des droits de l'homme reste applicable après une révision.

Ce que permet le droit
  • Nouvel état d'urgenceUne loi ordinaire peut le créer (Conseil constitutionnel, 1985)Oui
  • Bouclage 24 h/24 des quartiersGaranties précises exigées ; révision de la Constitution annoncéeSous conditions
  • Coupure des télécommunicationsSeulement provisoire et faute d'autre moyen (Conseil d'État, 2025)Sous conditions
  • Peines et détention des mineursDétention d'un an et comparution immédiate censurées en 2025Sous conditions
  • Détention provisoire des majeurs, saisies d'argentUne loi ordinaire suffitOui

Qui paie

Aucun financement n'est annoncé pour cette mesure.

Le coût dépend surtout du nombre de policiers et de gendarmes à déplacer ou à recruter, qui n'est pas précisé.

Le financement annoncé
Annoncé0 Md€
Aucun financement annoncé
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif, reprendre les quartiers, sans attendre une révision : un état d'urgence anti-trafics créé par une loi ordinaire, limité dans le temps, renouvelé par le Parlement et contrôlé par le juge.

Boucler les quartiers par vagues, par exemple 10 à la fois : 10 unités sur 180, un peu plus que la réserve d'environ 8 unités libres chaque jour (Cour des comptes) ; il faudrait donc aussi redéployer des unités.

Pour les télécoms : bloquer des services précis pour une durée fixée plutôt qu'une coupure totale, ce que le Conseil d'État demande de privilégier.

Coût en euros non chiffré : il dépend des renforts retenus.

Unités mobilisées en même temps : la mesure face à la piste
60 quartiers bouclés60 unités
La piste10 unités
  • Bouclage par vagues de 10 quartiers · 10 unités

Environ 6 fois moins cher

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. France 24 (AFP) — Présidentielle : Retailleau (LR) veut boucler les quartiers du narcotrafic (23/04/2026)
  2. Cour des comptes — Les forces mobiles (03/04/2024)
  3. Cour des comptes — Les forces mobiles, observations définitives (rapport complet, 03/04/2024)
  4. Conseil constitutionnel — Décision 85-187 DC, loi sur l'état d'urgence en Nouvelle-Calédonie (25/01/1985)
  5. Conseil constitutionnel — Décision 2017-684 QPC, zones de protection de l'état d'urgence (11/01/2018)
  6. Conseil d'État — Décision n° 494511, blocage de TikTok en Nouvelle-Calédonie (01/04/2025)
  7. Conseil constitutionnel — Décision 2025-886 DC, loi sur la justice des mineurs (19/06/2025)
  8. Légifrance — Loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence

Mise à jour : 27 octobre 2026

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