Fabien Roussel · PCF · Économie
Nationaliser TotalEnergies s'il ne baisse pas le prix de l'essence (« nationalisation-sanction »)
Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.
Racheter TotalEnergies coûterait 183 à 250 milliards en une fois, à emprunter sans financement annoncé, et une saisie sans indemnité serait contraire à la Constitution.
La proposition
Nationaliser TotalEnergies si le groupe refuse de baisser le prix de l'essence de 30 à 50 centimes le litre. Fabien Roussel parle de « nationalisation-sanction », comme pour Renault en 1945, et réclame aussi la « confiscation des profits » du groupe.
Annoncée
11 septembre 2026 · Fête de l'Humanité (11 et 12 septembre 2026), lancement de sa campagne
Ce que ça change pour vous
Si TotalEnergies baisse ses prix de 30 à 50 centimes le litre, un plein de 60 litres coûte 18 à 30 € de moins dans ses stations.
Si le groupe est nationalisé, l'État en devient propriétaire : il touche les dividendes, mais il doit d'abord payer le rachat, avec de l'argent emprunté.
Les actionnaires actuels seraient rachetés : environ 40 % sont nord-américains et 55 % européens (amendement à l'Assemblée, janvier 2026).
Baisse de 30 centimes
18 € de moins
Baisse de 50 centimes
30 € de moins
Combien ça coûte
Fabien Roussel ne donne ni coût ni financement.
Racheter toutes les actions : environ 183 milliards au cours d'octobre 2026 (CompaniesMarketCap). Juristique (mai 2026) : 220 à 250 milliards avec une prime de 20 à 30 % pour les actionnaires.
C'est une dépense en une fois. Payée par l'emprunt : 10 à 12 milliards d'intérêts par an, avec des taux de 4 à 5 % (Juristique, mai 2026). En face, le groupe a versé 14,5 milliards à ses actionnaires en 2025 (proposition de loi LFI), une somme qui baisserait si les prix baissent.
LFI (Manuel Bompard, cité en mai 2026 par L'Essentiel de l'Éco) chiffre à environ 70 milliards une prise de contrôle majoritaire, pas le rachat de tout le capital.
Est-ce possible
Nationaliser est possible par une loi ordinaire (article 34 de la Constitution), si la loi justifie une « nécessité publique » et verse une « juste et préalable indemnité » aux actionnaires (article 17 de la Déclaration de 1789).
Si elle se fait sans indemnité, comme pour Renault en 1945, la « nationalisation-sanction » n'est pas possible aujourd'hui : hors peine de confiscation prononcée par un juge pour une infraction, priver un propriétaire de son bien sans indemnité est contraire à la Constitution.
En janvier 1982, le Conseil constitutionnel a censuré toute une loi de nationalisation parce que le calcul de l'indemnité n'était pas « juste ».
La Convention européenne des droits de l'homme (article 1 du Protocole n° 1) protège aussi les biens des actionnaires, y compris étrangers : on ne peut les en priver que pour une cause d'utilité publique, dans les conditions prévues par la loi.
- Nationaliser avec indemnitéLoi ordinaire, juste et préalable indemnitéOui
- Nationalisation-sanction sans indemnitéContraire à l'article 17 de 1789Non
- Confiscation des profitsPossible seulement sous forme de taxe exceptionnelleSous conditions
- Actionnaires étrangers (CEDH)Utilité publique et conditions fixées par la loiSous conditions
Qui paie
Aucun financement n'est annoncé pour racheter le groupe, ni aucun montant.
La « confiscation des profits » ne peut pas payer le rachat : prendre ces profits sans indemnité se heurte au droit de propriété ; seule une taxe exceptionnelle est possible.
Un rachat de 183 milliards ou plus serait donc payé par l'emprunt, sans recette écrite en face.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif, peser sur TotalEnergies et reprendre ses profits exceptionnels, sans racheter tout le groupe.
Une contribution exceptionnelle sur les surprofits, comme dans la proposition de loi LFI d'avril 2026 (20 à 33 % du bénéfice au-delà de 1,25 fois la moyenne 2017-2019) : elle rapporte au lieu de coûter et passe par une loi ordinaire.
Une place de l'État au capital : une « action spécifique », qui donne un droit de regard sur les changements d'actionnaires pour le prix d'une action, envisagée par la commission d'enquête du Sénat (2024) ; ou une part de 5 %, environ 9 milliards au cours d'octobre 2026 (estimation : 5 % de 183 milliards).
- Part de 5 % du capital (estimation, octobre 2026) · 9 Md€
Environ 20,3 fois moins cher
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- LCP — À la Fête de l'Huma, Fabien Roussel au défi de prouver l'utilité d'une candidature communiste (11/09/2026)
- franceinfo — « Ne nous laissons pas tondre », lance Fabien Roussel à la Fête de l'Humanité (12/09/2026)
- CompaniesMarketCap — Capitalisation boursière de TotalEnergies (octobre 2026)
- Juristique — Nationaliser TotalEnergies : les Français devront passer à la caisse (29/05/2026)
- L'Essentiel de l'Éco — Nationaliser TotalEnergies : une facture de 250 milliards pour les contribuables (13/05/2026)
- Assemblée nationale — Proposition de loi n° 2711 visant à la nationalisation d'industries pétrolières (28/04/2026)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 81-132 DC, loi de nationalisation (16/01/1982)
- Assemblée nationale — Amendement n° 1102 au PLF 2026, action spécifique au capital de TotalEnergies (09/01/2026)
Mise à jour : 27 octobre 2026