Les propositions de François Ruffin

François Ruffin · Debout ! · Économie

Relocaliser 100 produits stratégiques avec droits de douane, quotas et « Buy French Act »

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

Coût d'ensemble non chiffré ; droits de douane et quotas relèvent de l'UE, pas de la France seule, et réserver 80 % des achats publics à la France est interdit en l'état.

La proposition

Établir une liste de 100 produits stratégiques à relocaliser (acier, médicaments, alimentation, batteries, panneaux solaires…), protégés par des droits de douane et des quotas d'importation. Un « Buy French Act » viserait à aller vers 80 % de commande publique localisée en France.

Annoncée

25 février 2026 · Texte de doctrine publié par Le Grand Continent, puis cahier de campagne n° 7 « Pour protéger notre industrie, relocaliser 100 produits stratégiques »

Ce que ça change pour vous

Concernés : salariés et entreprises des filières visées (acier, médicaments, batteries, alimentation…). Le candidat vise au moins 600 000 emplois d'ici 2035 grâce à la réindustrialisation.

Les produits protégés coûtent plus cher à l'achat : un produit importé à 100 € et taxé à 50 % arrive à 150 € à la frontière, avant les marges.

Exemple réel : depuis juillet 2025, l'UE taxe la lysine chinoise (alimentation animale) de 47,7 à 58,2 %. Selon le candidat, ces taxes ont aidé à sauver l'usine d'Amiens, mais les producteurs chinois ont ensuite divisé leurs prix par deux.

Si la hausse est répercutée, les ménages en paient une partie. La liste des 100 produits n'est pas encore publiée.

Prix à la frontière d'un produit importé taxé à 50 %

Un produit importé à 100 €

Avant
100 €Après
150 €

50 € de plus

Combien ça coûte

Aucun chiffrage public de la mesure, et le candidat ne donne pas de coût global.

Le candidat chiffre un volet : environ 1 milliard par an pour que l'État prenne en charge la remise en état des friches industrielles.

Estimation de ce site pour le « Buy French Act » : 90 milliards d'achats publics de biens industriels par an (chiffre cité par le candidat), dont la moitié importée, payés 10 % plus cher : environ 4,5 milliards par an. Hypothèse incertaine : le projet européen admet un surcoût de 20 à 30 % (Bruegel, 2026).

Les droits de douane rapportent, mais la France n'en garde que 25 % ; le reste va au budget européen (Commission européenne).

Coût public par an : chiffrage du candidat et estimation de ce site
Friches (chiffrage du candidat)
1 Md€
Buy French Act (estimation, hypothèse 10 % de surcoût)
4,5 Md€

Est-ce possible

Droits de douane et quotas décidés par la France seule : non. La politique commerciale relève de l'Union européenne seule, ce que reconnaît le cahier du candidat.

Les mêmes protections décidées par l'UE : possibles, produit par produit (antidumping, sauvegardes), comme pour la lysine en 2025.

80 % d'achats publics en France : non en l'état. Les règles des marchés publics interdisent de favoriser une entreprise selon sa nationalité ou son lieu d'installation.

Une préférence « Made in Europe » est en discussion à Bruxelles (projet du 4 mars 2026, pas encore adopté) ; une loi française ne suffit pas.

Ce que permettent le droit européen et les règles des marchés publics
  • Droits de douane et quotas décidés par la FranceCompétence de l'Union européenne seuleNon
  • Mêmes protections décidées par l'UEProduit par produit, sur décision européenneSous conditions
  • 80 % d'achats publics localisés en FrancePréférence selon la nationalité interditeNon
  • Préférence « Made in Europe »Projet européen de mars 2026, non adoptéSous conditions
  • Aides ciblées et frichesDans le cadre européen des aides d'ÉtatSous conditions

Qui paie

Pas de financement écrit pour les protections ni pour le « Buy French Act ». Le coût des friches (1 milliard par an) n'a pas non plus de recette en face.

Le candidat veut conditionner les avantages fiscaux de l'assurance-vie à 5 % minimum placés dans des industries non cotées, pour mobiliser progressivement au moins 70 milliards. C'est de l'épargne privée redirigée, pas une recette pour l'État.

Il prévoit aussi de recentrer le crédit d'impôt recherche sur les PME et ETI industrielles et de « lisser » les baisses de cotisations sur les salaires, sans montant.

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif de protéger les produits stratégiques, en passant par l'UE : demander à la Commission des droits antidumping ou des mesures de sauvegarde produit par produit, comme pour la lysine en 2025.

Pour les achats publics : soutenir la préférence « Made in Europe » du projet européen (acier, ciment, aluminium, batteries, véhicules électriques), au lieu d'une préférence française interdite.

En France : aides d'État ciblées dans le cadre européen et remise en état des friches, environ 1 milliard par an selon le candidat.

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Le Grand Continent — Pour une déclaration d'indépendance : la doctrine Ruffin sur l'Europe (25/02/2026)
  2. Nous président (site de campagne) — Cahier n° 7 « Pour protéger notre industrie, relocaliser 100 produits stratégiques » (2026)
  3. Debout ! — Manifeste fondateur
  4. 3tres3 — L'UE impose un droit antidumping définitif sur la lysine chinoise, règlement (UE) 2025/1330 (07/2025)
  5. Contrats Publics (Seban & Associés) — Introduire des mécanismes de préférence locale dans un marché public : mode d'emploi (02/2025)
  6. Covington, Global Policy Watch — La Commission européenne publie le projet d'Industrial Accelerator Act (03/2026)
  7. Bruegel — Les failles du projet européen d'Industrial Accelerator Act (21/05/2026)
  8. Commission européenne — Droits de douane, ressources propres du budget de l'UE 2021-2027

Mise à jour : 27 octobre 2026

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