Les propositions de François Ruffin

François Ruffin · Debout ! · Logement

Encadrement des loyers dans toutes les agglomérations, puis partout en France

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

Environ 0,5 milliard d'impôts en moins par an en zones tendues, 1,2 milliard estimé partout, sans financement écrit ; l'extension à tout le territoire risque la censure.

La proposition

Étendre l'encadrement des loyers à l'ensemble des agglomérations, puis le généraliser à tout le territoire, et plafonner les « compléments de loyer » à 20 % au-dessus du plafond. Selon le candidat, la mesure concernerait la plupart des 7,5 millions de ménages locataires du privé.

Annoncée

17 juin 2026 · Matinale de Public Sénat, puis cahier de campagne « Face à la crise du logement : faire sauter le verrou »

Ce que ça change pour vous

Concernés : les locataires du privé dont le loyer dépasse le plafond local. Dans les villes déjà encadrées, plus d'un tiers des baux récents sont au-dessus (Fack-Chapelle, mai 2026).

Effet mesuré : des loyers 2 à 4 % plus bas en moyenne ; gain moyen estimé à environ 500 € par an en province et 800 € à Paris (Fack-Chapelle).

Exemple : un loyer de 700 € par mois baisse d'environ 21 € (3 %), soit 252 € par an.

Le candidat annonce 500 à 1 500 € de gain pour plus des deux tiers des ménages locataires du privé. Selon Fack-Chapelle, les bailleurs paient environ deux tiers de la baisse.

Pour un locataire, avec une baisse de 3 %

Loyer mensuel

Avant
700 €Après
679 €

21 € de moins

Loyer sur un an

Avant
8 400 €Après
8 148 €

252 € de moins

Gain moyen par an pour un locataire
Villes de province encadrées (Fack-Chapelle)
500 €
Paris (Fack-Chapelle)
800 €
Haut de la fourchette du candidat
1 500 €

Combien ça coûte

Pas de dépense directe, mais moins d'impôts : les loyers baissent, donc les revenus fonciers imposés aussi. L'État porte environ un tiers de la baisse (Fack-Chapelle, mai 2026).

Aujourd'hui : 612 millions par an de gains pour les locataires, dont 181 millions de recettes en moins (Fack-Chapelle).

Toutes les zones tendues en plus : 1,1 milliard pour les locataires, dont 320 millions de recettes en moins (Fack-Chapelle).

Tout le territoire : aucun chiffrage. Estimation : 4,5 millions de logements de plus (7,5 millions moins 3 en zones tendues) × 150 € de recettes perdues par logement ≈ 0,7 milliard, soit environ 1,2 milliard par an au total.

Recettes fiscales en moins par an
Communes déjà encadrées (Fack-Chapelle)
0,2 Md€
Autres zones tendues (Fack-Chapelle)
0,3 Md€
Reste du territoire (estimation)
0,7 Md€

Est-ce possible

Toutes les agglomérations tendues : une loi ordinaire suffit. Le Conseil constitutionnel a validé l'encadrement en 2014 (décision 2014-691 DC), justifié par le manque de logements dans ces zones.

Autres agglomérations, puis tout le territoire : risque de censure. En 2014, le Conseil a relevé que le dispositif ne visait que des zones urbaines où l'offre manque ; hors de ces zones, cette justification est plus faible. Aucune décision n'a tranché ce cas.

Compléments de loyer plafonnés à +20 % : à vérifier. En 2014, le Conseil a censuré une règle qui limitait trop ces compléments, au nom du droit de propriété (décision 2014-691 DC).

CEDH : un plafond de loyer est admis s'il laisse au bailleur un loyer correct ; la Pologne a été condamnée en 2006 (Hutten-Czapska) faute de le permettre.

Ce que permettent la Constitution et la CEDH
  • Toutes les agglomérations tenduesLoi ordinaire, validé en 2014Oui
  • Hors zones tenduesRisque de censure, cas jamais tranchéSous conditions
  • Compléments de loyer plafonnés à +20 %Une limite trop stricte a été censurée en 2014Sous conditions
  • Convention européenne des droits de l'hommeSi le bailleur garde un loyer correctOui

Qui paie

Le cahier logement du candidat ne chiffre pas le coût de l'encadrement et ne lui affecte aucune recette.

Le même cahier annonce au moins 3 milliards par an en supprimant l'abattement sur les plus-values immobilières, sans lien avec l'encadrement.

Pour un coût estimé entre 0,5 et 1,2 milliard par an, le financement n'est pas écrit.

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif, des loyers plus bas pour le plus grand nombre, sans risque constitutionnel : rendre l'encadrement obligatoire et durable dans toutes les zones tendues, par une loi ordinaire.

Aujourd'hui, l'expérimentation couvre 70 communes jusqu'au 24 novembre 2026 ; le Sénat a voté le 21 octobre 2026 une prolongation de deux ans, sans nouvelles villes.

Coût selon Fack-Chapelle (mai 2026) : environ 0,5 milliard par an de recettes en moins (181 millions déjà perdus aujourd'hui + 320 millions), à financer par une recette écrite, par exemple celle des plus-values immobilières annoncée par le candidat.

Pour les autres communes : mieux faire respecter la limite des hausses de loyer fondée sur l'IRL (indice de référence des loyers), une option avancée par la Cour des comptes (octobre 2026).

Recettes fiscales perdues par an : la mesure face à la piste
Tout le territoire (estimation)1,2 Md€
La piste0,5 Md€
  • Toutes les zones tendues (Fack-Chapelle) · 0,5 Md€

Environ 2,4 fois moins cher

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. Public Sénat — Présidentielle : « Mon adversaire s'appelle Jordan Bardella de Monaco », tacle François Ruffin (17/06/2026)
  2. Nous président (site de campagne) — Cahier « Face à la crise du logement : faire sauter le verrou » (2026)
  3. G. Chapelle et G. Fack, mission d'évaluation pour Matignon — L'encadrement des loyers : effets économiques et redistributifs (mai 2026, document hébergé par la CLCV)
  4. Cour des comptes — L'encadrement des loyers (14/10/2026)
  5. Conseil constitutionnel — Décision n° 2014-691 DC du 20 mars 2014, loi ALUR
  6. Le Journal de l'économie — Loyers : le Sénat vote la prolongation de l'encadrement pour deux ans (22/10/2026)
  7. ECHR Blog — Court Closes Pilot Procedure on Polish Rent Control Cases (affaire Hutten-Czapska c. Pologne)

Mise à jour : 27 octobre 2026

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