François Ruffin · Debout ! · Salaires
Heures avant 8 h et après 18 h payées double, SMIC à 1 700 € net
Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.
SMIC à 1 700 € nets : environ 20 milliards par an pour l'État et la Sécu en régime de croisière (estimation d'après l'Institut Montaigne), sans recette écrite ; heures payées double non chiffrées.
La proposition
Payer double les heures travaillées avant 8 h et après 18 h, sauf quand la continuité du service l'exige, et porter le SMIC à 1 700 € net par mois.
Annoncée
25 avril 2026 · Meeting de lancement de campagne à Lyon (SMIC à 1 700 € nets, paie double des horaires atypiques) ; la mesure sur les horaires est détaillée dans le cahier de campagne n° 1 « Pour un statut des travailleuses & travailleurs essentiels ».
Ce que ça change pour vous
Salarié au SMIC à temps plein : de 1 478 € à 1 700 € nets par mois, soit 222 € de plus (+15 %).
Si une heure par jour tombe après 18 h (environ 22 heures par mois), elle serait payée double : environ 243 € de plus, soit 1 943 € nets avec le nouveau SMIC. Une heure de ménage à 6 h passerait de 9,74 € à 22,42 € nets.
Selon le candidat, 2,7 millions de salariés ont des horaires morcelés ou des journées qui commencent avant 8 h ou finissent après 18 h. Les postes liés à la continuité du service seraient exclus.
Emploi : pour une hausse du SMIC de 14 %, l'Institut Montaigne (2024) prévoyait 230 000 à 380 000 emplois perdus ; pour une hausse de 12 %, l'OFCE, cité par la Fondation Jean-Jaurès, environ 29 000 emplois perdus en net.
SMIC à temps plein, par mois
222 € de plus
SMIC à temps plein avec 1 h par jour après 18 h, par mois
465 € de plus
Une heure de ménage à 6 h, au SMIC
12,7 € de plus
Combien ça coûte
Aucun chiffrage du candidat. Pour un SMIC à 1 600 € nets (+14,4 % en 2024), le coût pour l'État et la Sécu va de 3,8 milliards (Fondation Jean-Jaurès, 2024) à 19 milliards par an à moyen terme (Institut Montaigne, 2024, fourchette 17 à 21).
Chez l'Institut Montaigne, ce coût vient des allègements de cotisations, qui augmentent avec le SMIC (21,5 milliards), et des salaires publics (3,7 milliards), moins 6 milliards d'impôts et de cotisations en plus.
Pour 1 700 € nets, soit +15 % par rapport aux 1 478 € actuels, par règle de trois : environ 4 milliards (3,8 × 15 ÷ 14,4) à 20 milliards par an (19 × 15 ÷ 14,4) ; le second chiffre est le coût en régime de croisière (estimations).
Heures doublées : aucun chiffrage. Notre estimation, par heure quotidienne payée double : 2,7 millions de salariés × 230 jours × 12,31 € (SMIC brut actuel) ≈ 7,6 milliards par an pour les employeurs, avant cotisations ; moins si les horaires passent en journée, plus si davantage de salariés ou d'heures sont concernés.
Est-ce possible
SMIC : oui, un décret en Conseil des ministres suffit (Institut Montaigne, 2024).
Heures doublées : une loi ordinaire suffit. Le Code du travail impose déjà une paie au moins double pour les dimanches travaillés accordés par le maire dans les commerces (article L3132-27).
Le Conseil constitutionnel admet des limites à la liberté d'entreprendre si elles ne sont pas disproportionnées (décision 2001-455 DC) ; la loi devra définir l'exception « continuité du service », que le programme ne précise pas.
Droit européen : pas d'obstacle connu ; selon l'Institut Montaigne (2024), le SMIC relève entièrement des compétences nationales.
- SMIC à 1 700 € netsUn décret suffitOui
- Heures avant 8 h et après 18 h payées doubleLoi ordinaire, comme pour certains dimanchesOui
- Exception « continuité du service »À définir dans la loi, sous contrôle du Conseil constitutionnelSous conditions
- Droit européenPas d'obstacle connuOui
Qui paie
Le candidat ne publie ni coût ni financement pour ces deux mesures.
Les salaires en plus seraient payés par les employeurs : son cahier de campagne défend un principe « broyeur-payeur », qui leur fait payer le coût du « mal-travail », sans montant.
Pour l'État et la Sécu (allègements de cotisations, agents publics), aucune recette n'est rattachée à la mesure.
Son plan de redressement (octobre 2026) prévoit de « geler » les allègements au niveau de 2026, pour au moins 5 milliards d'économies dès 2027, sans lien écrit avec la hausse du SMIC.
Une piste qui tient mieux
Garder les deux mesures, mais appliquer d'abord le gel des allègements prévu dans le plan du candidat : il éviterait leur hausse automatique avec le SMIC, principal coût public (21,5 milliards pour +14 %, Institut Montaigne, 2024).
Le coût public tiendrait alors surtout aux salaires des agents publics : 3,7 milliards par an dans ce chiffrage, avant les impôts et cotisations en plus, contre 19 milliards sans gel.
Le coût du travail monterait en revanche davantage pour les employeurs : la hausse se ferait par étapes, comme le propose la Fondation Jean-Jaurès (2024) pour une hausse de même taille.
Heures doublées : écrire dans la loi la liste des activités exclues, et commencer par celles qui peuvent passer en journée, comme le ménage des locaux (exemple du Lieu unique à Nantes, cité par le candidat).
- La piste : allègements gelés (salaires publics, avant recettes) · 3,7 Md€
Environ 5,1 fois moins cher
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Nous président (Debout !) — Cahier de campagne n° 1 « Pour un statut des travailleuses & travailleurs essentiels » (avril 2026, PDF)
- Lyon Capitale — À Lyon, François Ruffin lance sa campagne présidentielle (26/04/2026)
- Nous président (Debout !) — Plan de redressement (octobre 2026)
- Service-public.gouv.fr — Montant du Smic (vérifié le 01/06/2026, arrêté du 22 mai 2026)
- Institut Montaigne — Augmenter le SMIC à 1 600 € net, chiffrage du programme du Nouveau Front populaire (24/06/2024)
- Fondation Jean-Jaurès — Pour une hausse progressive du Smic jusqu'à 1 600 euros accompagnée d'une réduction des exonérations sociales (16/09/2024)
- Code du travail — Article L3132-27 (paie au moins double des dimanches accordés par le maire)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 2001-455 DC, loi de modernisation sociale (12/01/2002)
Mise à jour : 28 octobre 2026