François Ruffin · Debout ! · Retraites
Un trimestre de retraite en plus pour quatre trimestres en métier pénible
Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.
Estimation : 6,4 à 12,7 milliards par an si 4,4 millions de salariés sont concernés ; ni coût ni financement publiés par le candidat, mais une simple loi suffit.
La proposition
Remplacer le compte pénibilité actuel par l'octroi automatique de trimestres : un trimestre de retraite supplémentaire pour quatre trimestres cotisés dans un métier exposé à la pénibilité, pour garantir un départ anticipé. Selon le candidat, 4,4 millions de salariés déclarent une forme de pénibilité.
Annoncée
25 avril 2026 · Meeting de lancement de campagne à Lyon (promesse d'une retraite anticipée pour les métiers les plus pénibles), détaillée dans le cahier de campagne « Pour les travailleurs essentiels »
Ce que ça change pour vous
Concerne les salariés des métiers pénibles : 4,4 millions déclarent une forme de pénibilité, selon le candidat (chiffre sans source dans son programme).
Aujourd'hui, le compte pénibilité donne 4 points par an et par facteur de risque, 10 points valent un trimestre, les 20 premiers points vont à la formation et l'avance est limitée à 2 ans.
Salarié né après 1962, 20 ans de travail de nuit : 1 an et demi d'avance aujourd'hui, 5 ans avec la mesure. Avec 10 ans d'exposition : 6 mois aujourd'hui, 2 ans et demi avec la mesure.
Aucun plafond n'est écrit dans le programme : 40 ans de métier pénible donneraient 10 ans d'avance.
20 ans de métier pénible
3,5 ans de plus
10 ans de métier pénible
2 ans de plus
Combien ça coûte
Ni le candidat ni un organisme public n'a chiffré cette mesure.
Estimation simple : 781 000 nouveaux retraités par an (DREES, 2023) × 4,4 millions sur 27 millions de salariés (INSEE, 2024) ≈ 127 000 personnes concernées chaque année.
127 000 × 2,5 à 5 ans d'avance × 20 000 € de pension par an (DREES : 1 666 € brut par mois en moyenne) ≈ 6,4 à 12,7 milliards par an.
Estimation très incertaine : si seuls les 640 000 salariés déclarés exposés par leur employeur sont concernés (COR, 2023), le même calcul donne environ 0,9 à 1,9 milliard.
Est-ce possible
Une loi ordinaire suffit : les principes de la sécurité sociale relèvent de la loi (article 34 de la Constitution), le détail du décret.
Le Conseil constitutionnel a validé le compte pénibilité en janvier 2014 : le réserver aux salariés du privé ne rompt pas l'égalité, car ils relèvent d'autres régimes de retraite.
Le droit européen ne fixe ni l'âge de départ ni le nombre de trimestres : c'est une compétence nationale.
Reste à définir dans la loi les métiers ou critères retenus, que le programme ne précise pas.
- Loi ordinaireLes règles de retraite relèvent de la loi et du décretOui
- Égalité devant la loiCompte pénibilité validé en 2014Oui
- Droit européenÂge et trimestres : compétence nationaleOui
- Liste des métiers concernésÀ écrire, non précisée dans le programmeSous conditions
Qui paie
Le candidat n'a publié ni coût ni financement pour cette mesure.
Son cahier défend le principe « broyeur-payeur » : faire payer davantage les employeurs qui imposent de mauvaises conditions de travail, mais sans montant ni lien écrit avec les retraites.
Une piste qui tient mieux
Garder le départ anticipé automatique (1 trimestre pour 4), avec un plafond de 8 trimestres, soit 2 ans, comme le compte pénibilité actuel : le plafond est atteint après 8 ans de métier pénible.
Coût estimé avec la même méthode : au plus 5,1 milliards par an (127 000 × 2 ans × 20 000 €).
Le financer par une cotisation des employeurs modulée selon les secteurs, comme le recommandait la Cour des comptes en 2019 pour le compte pénibilité : c'est le principe « broyeur-payeur » du candidat.
- Avance plafonnée à 2 ans (au plus) · 5,1 Md€
Environ 1,3 fois moins cher
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- Nous président (site de campagne) — Cahier « Pour les travailleurs essentiels » (2026)
- Lyon Capitale — François Ruffin lance sa campagne présidentielle à Lyon (26/04/2026)
- UCR-CFDT — Retraite anticipée avec des points pour pénibilité (mise à jour après la circulaire Cnav du 12/08/2025)
- Conseil d'orientation des retraites — Risques professionnels, C2P et catégories actives : le dossier en bref (23/03/2023)
- DREES — Les retraités et les retraites, édition 2025 (31/07/2025)
- INSEE — Le marché du travail en 2024 (26/06/2025)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 2013-683 DC (16/01/2014)
- LégiSocial — La Cour des comptes recommande plusieurs modifications concernant la retraite (05/11/2019)
Mise à jour : 27 octobre 2026