Éric Zemmour · Reconquête · Énergie
Baisser d'un tiers l'accise sur les carburants
Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.
Environ 12 milliards par an, payés par la suppression de l'aide au développement, qui pèse 3,7 milliards au projet de budget 2026 (8,7 au sens le plus large) : la dépense n'est pas couverte.
La proposition
Réduire d'un tiers l'accise sur les carburants (ex-TICPE), soit selon lui environ 27 centimes de moins par litre d'essence et 24 sur le gazole, et supprimer les certificats d'économies d'énergie (CEE). Il chiffre la baisse d'accise à environ 12 milliards d'euros par an, financés par la suppression de l'aide publique au développement.
Annoncée
17 septembre 2026 · « Face à BFM » sur BFMTV, où il déclare qu'il sera candidat ; proposition déjà avancée en mai 2026 sur franceinfo
Ce que ça change pour vous
Essence : environ 27 centimes de moins par litre, TVA comprise ; gazole : environ 24 centimes (chiffres du candidat, cohérents avec une accise de 0,67 € et 0,61 € par litre).
Un plein de 50 litres : environ 13,50 € de moins en essence, 12 € de moins en gazole.
Pour 1 000 litres d'essence par an (environ 15 000 km), environ 270 € d'économie.
La suppression des CEE pourrait s'y ajouter, si la baisse est répercutée : 7,3 centimes par litre en 2023 selon la Cour des comptes (rapport 2024), 15 à 17 centimes selon des estimations proches de celle des pétroliers (Ufip).
Essence à 2,15 € le litre
13,5 € de moins
Gazole (prix du 22 septembre 2026)
12 € de moins
Combien ça coûte
Le candidat chiffre la baisse d'accise à environ 12 milliards d'euros par an. Nous n'avons pas trouvé de chiffrage public indépendant de cette mesure.
Notre estimation concorde : la taxe a rapporté 27 à 32 milliards par an en 2018-2020 (FIPECO), et environ 31,5 milliards étaient attendus en 2024 (Selectra). Un tiers d'environ 30 milliards = 10 milliards, plus jusqu'à 2 milliards de TVA perdue (la TVA de 20 % s'applique sur la taxe ; les entreprises, elles, la récupèrent).
Près de la moitié de cette taxe va aux régions, aux départements et au financement des transports (12,7 milliards sur 26,4 en 2020, FIPECO) : leur part baisserait aussi.
Supprimer les CEE ne coûte rien au budget, mais ce dispositif finance plus de 8 milliards d'aides en 2026 (rénovation, pompes à chaleur, industrie), à remplacer ou à abandonner.
Est-ce possible
Baisse de l'accise : oui. Son taux est voté par le Parlement, une loi de finances suffit.
Les nouveaux taux (environ 45 centimes par litre d'essence, 41 pour le gazole) restent au-dessus des minimums européens : 35,9 et 33 centimes par litre (directive de 2003).
CEE : le dispositif est prévu par la loi (code de l'énergie, article L221-1) et l'obligation 2026-2030 par décret ; une loi ordinaire suffit pour le supprimer.
Aide au développement : ses crédits se votent chaque année, mais une partie paie des engagements de plusieurs années déjà signés, par exemple 1,1 milliard promis à la Banque mondiale pour 2026-2034 (Sénat) ; la part versée via le budget européen (23 %) ne dépend pas du seul budget français.
- Baisse d'un tiers de l'acciseLoi de finances ; au-dessus des minimums européensOui
- Suppression des CEEUne loi ordinaire suffitOui
- Suppression de l'aide au développementEngagements de plusieurs années déjà signés à payerSous conditions
Qui paie
Sur franceinfo, il finance la baisse par la suppression de l'aide publique au développement ; sur BFMTV, il parle de « baisses de dépenses », sans détail.
Projet de budget 2026 : la mission « Aide publique au développement » pèse 3,67 milliards (Sénat, novembre 2025), soit environ un tiers des 12 milliards.
Au sens large (OCDE), l'aide française dépasse 13 milliards en 2025, mais 23 % passe par le budget européen ; les crédits du budget de l'État n'en font que les deux tiers (environ 8,7 milliards), dont des dépenses faites en France, comme les frais d'études des étudiants étrangers.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif, baisser le prix à la pompe par l'accise, en calant la baisse sur l'économie déjà identifiable : les 3,67 milliards de la mission « Aide publique au développement ».
Notre estimation : 12 milliards pour environ 25 centimes, soit près de 0,5 milliard par centime ; 3,7 milliards permettent une baisse d'environ 8 centimes par litre.
La baisse pourrait ensuite être augmentée à mesure que d'autres économies sont écrites et votées.
- Baisse d'environ 8 centimes · 3,7 Md€
Environ 3,3 fois moins cher
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- franceinfo — Face à la nouvelle flambée des carburants, que proposent les candidats à la présidentielle ? (18/09/2026)
- Shango — Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Éric Zemmour sur BFMTV (18/09/2026)
- FIPECO — La taxation des carburants : rendement, minimums européens, TVA sur l'accise (30/09/2021)
- Sénat, commission des finances — L'essentiel sur la mission « Aide publique au développement », PLF 2026 (novembre 2025)
- Sénat, commission des affaires étrangères — L'essentiel sur la mission « Aide publique au développement », PLF 2026 (décembre 2025)
- Selectra — Taxes sur le plein en 2026 : TVA, accise et « règle d'or » (23/09/2026)
- Connaissance des énergies (AFP) — Prix du carburant : à quoi servent les certificats d'énergie ? (23/09/2026)
- Légifrance — Code de l'énergie, objectifs de la politique énergétique (renvoi aux obligations d'économies d'énergie de l'article L221-1)
Mise à jour : 27 octobre 2026