Éric Zemmour · Reconquête · Immigration
Renvoyer les étrangers au chômage depuis plus d'un an
Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.
Économie d'environ 1 milliard par an au plus, mais appliquée sans exception, la mesure est interdite par le droit européen pour les citoyens de l'UE et les résidents de longue durée.
La proposition
Obliger les étrangers au chômage depuis plus d'un an (« plus de six mois à un an, un an dirons-nous ») à quitter la France, y compris, selon l'AFP, ceux en situation régulière. Il vise aussi « tous ceux qui vivent uniquement des aides sociales ». Aucune exception, aucun calendrier et aucun texte n'ont été publiés.
Annoncée
17 septembre 2026 · Entretien sur BFMTV, le jour où il annonce sa candidature
Ce que ça change pour vous
Personnes visées : les étrangers au chômage depuis plus d'un an, même en séjour régulier, sans exception annoncée (installés depuis longtemps, conjoints de Français, parents d'enfants français, réfugiés, citoyens de l'UE).
Institut Montaigne (données 2020) : environ 300 000 chômeurs étrangers en France, dont environ 109 000 au chômage depuis plus d'un an.
Exemple : aujourd'hui, un salarié étranger licencié voit son titre de séjour renouvelé tant qu'il touche le chômage ; avec la mesure, il devrait partir après un an sans emploi.
Le volet « ceux qui vivent uniquement des aides sociales » n'est pas défini : on ne peut pas dire combien de personnes il toucherait.
Combien ça coûte
C'est une mesure d'économie, pas une dépense. Le candidat ne l'a pas chiffrée.
Institut Montaigne (2022), pour la version à six mois de chômage proposée en 2022 : 0,9 à 2,4 milliards d'économie nette par an (1,8 au centre), frais de renvoi déduits.
Estimation pour la version à un an : 109 000 chômeurs étrangers de longue durée × 12 200 € d'allocation par an (hypothèse centrale de l'Institut Montaigne), moins environ 0,3 milliard de frais de renvoi, soit environ 1 milliard par an.
C'est un plafond : une partie des chômeurs de longue durée ne touche plus d'allocation, et les personnes protégées par le droit européen ne pourraient pas être renvoyées.
Est-ce possible
Citoyens de l'UE : non. La directive 2004/38 garde le statut de travailleur à celui qui perd involontairement son emploi et s'inscrit comme demandeur d'emploi (au moins six mois s'il a travaillé moins d'un an), et interdit d'expulser celui qui cherche un emploi avec une réelle chance d'être embauché.
Titulaires du statut de résident de longue durée-UE (ouvert après 5 ans de séjour régulier) : non. La directive 2003/109 interdit toute expulsion fondée sur des raisons économiques.
Conjoints et parents de Français : le droit de mener une vie familiale normale (Conseil constitutionnel, 1993) et l'article 8 de la CEDH imposent un examen au cas par cas.
Titres de séjour « salarié » : une loi ordinaire peut réduire la protection actuelle (titre renouvelé pendant l'indemnisation chômage, article L.421-1 du Ceseda). Les autres cas demandent de changer des textes européens, ou un examen au cas par cas.
- Titres de séjour « salarié »Loi ordinaire, avec examen au cas par casSous conditions
- Conjoints et parents de FrançaisVie familiale normale, article 8 CEDHSous conditions
- Résidents de longue durée-UEDirective 2003/109 : pas d'expulsion pour raisons économiquesNon
- Citoyens de l'Union européenneDirective 2004/38 : statut de travailleur conservéNon
- Personnes vivant « uniquement des aides sociales »Catégorie non définieSous conditions
Qui paie
Mesure d'économie : elle ne demande pas de financement nouveau.
Les renvois ont un coût que le candidat n'a pas chiffré ; l'Institut Montaigne l'estimait à environ 577 millions par an pour la version à six mois.
Reconquête n'a publié ni texte, ni chiffrage, ni proposition de loi sur cette mesure.
Une piste qui tient mieux
Garder l'objectif (moins d'étrangers durablement au chômage à la charge des comptes publics) en visant les titres de travail : une loi ordinaire peut limiter à un an le maintien du titre « salarié » après une perte d'emploi, avec un examen au cas par cas.
Cela concerne au plus les 255 000 titres de séjour pour motif économique (Institut Montaigne, fin 2020), sans toucher aux personnes protégées par le droit européen et la Constitution.
Économie non chiffrée, mais forcément inférieure aux 0,9 à 2,4 milliards estimés par l'Institut Montaigne pour la version qui visait tous les chômeurs étrangers.
La vidéo
Vidéo bientôt en ligne.
Sources
- franceinfo — Éric Zemmour annonce qu'il sera candidat à l'élection présidentielle (17/09/2026)
- Paris Match Belgique (Belga) — Éric Zemmour confirme sa candidature à l'élection présidentielle française (18/09/2026)
- L'Essentiel de l'Éco — Zemmour et la remigration : qui est visé ? (22/09/2026)
- Institut Montaigne — Renvoyer les étrangers venus travailler au bout de 6 mois sans emploi (chiffrage, 2022)
- Directive 2003/109/CE sur les résidents de longue durée — article 12 (texte via legislation.gov.uk)
- Directive 2004/38/CE sur la libre circulation — article 7 (maintien du statut de travailleur)
- Directive 2004/38/CE sur la libre circulation — article 14 (protection contre l'éloignement)
- Conseil constitutionnel — Décision n° 93-325 DC du 13 août 1993 (maîtrise de l'immigration)
Mise à jour : 27 octobre 2026