Les propositions de Éric Zemmour

Éric Zemmour · Reconquête · Immigration

Renvoyer tous les détenus et délinquants étrangers

Ça ne tient pas

Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.

21 329 détenus étrangers visés. Coût estimé sous 1 milliard, mais expulser tout le monde sans examen au cas par cas est interdit par la CEDH, et les détenus pas encore jugés ne peuvent pas partir.

La proposition

Expulser tous les étrangers détenus dans les prisons françaises : « Ça fait 25 % des prisons », dit-il. Il veut aussi renvoyer « tous les délinquants étrangers, même ceux qui ne sont pas en prison », par exemple sous bracelet électronique ou condamnés à des travaux d'intérêt général, selon l'AFP. Aucune exception, aucun calendrier ni aucun coût n'ont été précisés.

Annoncée

17 septembre 2026 · Longue émission sur BFMTV, le jour où il confirme sa candidature

Ce que ça change pour vous

Sont concernés 21 329 détenus étrangers au 1er avril 2026, soit 24,2 % des détenus selon le ministère de la Justice. Éric Zemmour avance 25 %.

Les nationalités les plus représentées sont l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Les étrangers qui purgent leur peine hors de prison (bracelet, TIG) seraient aussi visés, mais leur nombre n'est pas publié.

Si tous partaient, les prisons passeraient de 88 419 à 67 090 détenus.

Un détenu coûte en moyenne 129,33 € par jour, soit environ 47 200 € par an (ministère de la Justice, 2024).

Nombre de détenus si tous les étrangers étaient expulsés

Détenus dans les prisons (1er avril 2026)

Avant
88 419 détenusAprès
67 090 détenus

21 329 détenus de moins

Combien ça coûte

Ni Reconquête ni aucun organisme n'a chiffré cette mesure. Ce qui suit est une estimation.

Expulser une fois les 21 329 détenus étrangers coûterait 94 millions d'euros sur la base de la Cour des comptes (2024 : 4 414 € par expulsion forcée, un coût jugé sous-estimé par l'IFRAP). Sur la base du chiffre attribué au rapport de Charles Rodwell en commission des finances (septembre 2026 : 20 970 € par personne reconduite), ce serait 447 millions.

En face, libérer 21 329 places de prison à 129,33 € par jour ferait économiser au plus 1 milliard par an (ministère de la Justice, 2024). L'économie réelle serait plus faible, car beaucoup de ces détenus seraient sortis de toute façon.

Coût net estimé : moins de 1 milliard par an. Le coût n'est pas l'obstacle principal.

Coût d'une expulsion de tous les détenus étrangers et économie de prison (estimation)
Expulser une fois, base Cour des comptes (4 414 € par expulsion)
94 M€
Expulser une fois, chiffre attribué au rapport Rodwell (20 970 € par personne)
447 M€
Économie de prison maximale par an
1 007 M€

Est-ce possible

Expulser un étranger condamné après avoir examiné son cas est déjà permis. En janvier 2024, le Conseil constitutionnel a validé les règles de la loi immigration sur l'expulsion des étrangers condamnés, à condition de prouver une menace grave et actuelle et de tenir compte de la vie familiale.

Expulser tous les détenus étrangers sans examen individuel est interdit. La CEDH interdit les expulsions collectives (Protocole 4, art. 4), impose de peser la vie familiale (art. 8) et interdit tout renvoi vers un pays où la personne risque la torture (art. 3).

Les détenus pas encore jugés ne quittent pas la France avant leur procès. Les ressortissants de l'UE (3 068 début 2025) sont protégés par le droit européen, et le pays d'origine doit accepter le retour.

Réviser la Constitution ne suffirait pas : la CEDH et le droit de l'UE continueraient de s'appliquer.

Ce que permet le droit
  • Étranger condamné, cas examiné un par unRègles de 2024 validées par le Conseil constitutionnelOui
  • Tous les détenus étrangers, sans examenExpulsions collectives interdites (CEDH)Non
  • Détenus pas encore jugésPas de départ avant le procèsNon
  • Ressortissants de l'UEProtection propre au droit de l'UE ; peine purgeable dans leur paysSous conditions
  • Retour dans le pays d'origineAccord du pays et absence de risque de tortureSous conditions

Qui paie

Reconquête n'a publié ni coût, ni calendrier, ni projet de loi pour cette mesure.

Aucun financement n'est annoncé. Comme le coût net estimé reste sous 1 milliard par an, ce n'est pas le point qui bloque.

Le financement annoncé
Annoncé0 M€
Aucun coût ni financement publiés
Dont détaillé0 M€

Une piste qui tient mieux

Pour garder l'objectif (faire partir plus vite les étrangers condamnés) en restant dans le droit : repérer pendant leur peine tous les détenus étrangers expulsables et examiner chaque cas, comme le demande la circulaire du garde des Sceaux de mars 2025.

Recourir davantage à la libération conditionnelle-expulsion, qui permet de libérer un condamné à mi-peine pour l'expulser : 1 500 en 2025. La doubler coûterait environ 31 millions d'euros par an sur la base du chiffre attribué au rapport Rodwell (estimation : 1 500 × 20 970 €).

Faire purger leur peine dans leur pays aux condamnés européens, ce que le droit de l'UE permet sans leur accord, et négocier les retours avec les pays les plus représentés en prison.

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. L'Avenir (AFP) — Zemmour confirme qu'il sera candidat et durcit encore son discours sur l'immigration (18/09/2026)
  2. Assemblée nationale — Question écrite n° 13927 et réponse du ministère de la Justice sur les détenus étrangers et le coût de la détention (26/05/2026)
  3. Fondation IFRAP — Lutte contre l'immigration illégale : chiffres du rapport de la Cour des comptes (janvier 2024)
  4. Assemblée nationale — Commission des finances, compte rendu n° 131 : rapport de Charles Rodwell sur le coût des éloignements (16/09/2026)
  5. Conseil constitutionnel — Décision n° 2023-863 DC sur la loi immigration (25/01/2024)
  6. Conseil de l'Europe — Convention européenne des droits de l'homme et Protocole n° 4
  7. Public Sénat — Expulsion des détenus étrangers : Gérald Darmanin peut-il aller plus loin ? (24/03/2025)
  8. L'Essentiel de l'Éco — Zemmour et la remigration : qui est visé ? (22/09/2026)

Mise à jour : 27 octobre 2026

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