Les propositions de Éric Zemmour

Éric Zemmour · Reconquête · Immigration

Remigration : renvoyer les étrangers détenus, sans titre de séjour ou au chômage depuis un an

Sous conditions

Possible, mais un point clé manque : coût, financement ou droit.

Aucun coût publié, près de 13 800 € par éloignement forcé (Assemblée nationale, 2019) ; renvoyer des étrangers en règle après un an de chômage se heurte au droit européen et à la CEDH.

La proposition

Faire partir de France les étrangers détenus, les délinquants étrangers (y compris sous bracelet électronique ou en travaux d'intérêt général), les personnes en situation irrégulière, ainsi que les étrangers au chômage depuis un an et ceux qui vivent uniquement des aides sociales, même s'ils sont en séjour régulier.

Annoncée

17 septembre 2026 · Entretien sur BFMTV où il confirme sa candidature à la présidentielle de 2027 (déclaration formelle annoncée pour l'automne)

Ce que ça change pour vous

Sont visés : les étrangers détenus (21 329 sur 88 419 détenus au 1er avril 2026, soit 24,1 %), les délinquants étrangers, les personnes sans titre de séjour et les étrangers au chômage depuis un an.

Exemple : un étranger qui vit légalement en France depuis vingt ans et perd son emploi devrait partir après un an de chômage. Aucune exception n'est annoncée pour les conjoints ou parents de Français.

Ordre de grandeur : en 2025, 15 569 éloignements forcés et 32 379 départs au total, selon le ministère de l'Intérieur.

L'objectif fixé en 2022, un million de départs en cinq ans, ferait environ 200 000 par an. Il n'a pas été repris ni actualisé pour 2027.

Départs d'étrangers par an : aujourd'hui et objectif de 2022
Éloignements forcés en 2025
15 569 personnes
Tous les départs en 2025
32 379 personnes
Objectif 2022 (1 million en 5 ans)
200 000 personnes

Combien ça coûte

Ni le candidat ni un organisme public ou indépendant n'a chiffré la mesure annoncée en 2026.

Assemblée nationale (juin 2019) : environ 13 800 € par éloignement forcé (13 794 €), et 2 500 à 4 000 € par retour aidé (2 509 à 3 914 €).

Cour des comptes (janvier 2024) : la lutte contre l'immigration irrégulière a déjà un coût direct d'environ 1,8 milliard par an.

Estimation : si l'objectif de 2022 était repris, 200 000 éloignements forcés × 13 794 € ≈ 2,8 milliards par an, aux coûts de 2018.

Coût d'un départ, selon l'Assemblée nationale (2019)
Éloignement forcé
13 794 €
Retour aidé (haut de fourchette)
3 914 €
Retour aidé (bas de fourchette)
2 509 €

Est-ce possible

Personnes sans titre de séjour et délinquants : possible avec les lois actuelles, après un examen au cas par cas. Le frein est pratique : il faut l'accord du pays d'origine pour délivrer un laissez-passer.

Citoyens européens : pas de départ automatique. Le recours aux aides sociales ne suffit jamais à lui seul, et l'ordre public ne peut pas être invoqué pour des raisons économiques (directive 2004/38, articles 14 et 27).

Étrangers hors UE résidents de longue durée : non. Leur éloignement exige une menace grave pour l'ordre public et ne peut pas reposer sur des raisons économiques (directive 2003/109).

Départs automatiques par catégorie : non. La CEDH interdit les expulsions collectives et impose d'examiner la vie familiale. Un référendum ne lèverait pas ces textes.

Ce que permettent le droit français, européen et la CEDH
  • Personnes sans titre de séjourDéjà prévu par la loi, examen au cas par casOui
  • Détenus et délinquants étrangersMenace grave pour l'ordre public, vie familiale examinéeSous conditions
  • Chômeurs citoyens de l'UEDirective 2004/38 : ni départ automatique, ni motif économiqueNon
  • Chômeurs résidents de longue durée hors UEDirective 2003/109, article 12Non
  • Départs automatiques par catégorieCEDH : expulsions collectives interditesNon

Qui paie

Reconquête n'a publié ni programme pour 2027, ni coût, ni financement (point au 16 octobre 2026).

Le candidat dit qu'un étranger ne doit pas peser sur les finances publiques : il attend donc des économies, mais elles ne sont pas chiffrées.

Le financement annoncé
Annoncé0 Md€
Ni coût ni financement publiés
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder l'objectif de faire partir ceux qui n'ont pas le droit de rester : seules 12 % des obligations de quitter le territoire sont exécutées (Cour des comptes, 2024).

Développer les retours aidés, comme le recommande la Cour : 2 500 à 4 000 € par départ, contre près de 13 800 € pour un éloignement forcé (Assemblée nationale, 2019).

Pour les étrangers au chômage : une loi ordinaire peut lier le renouvellement des titres de séjour temporaires à l'emploi, avec un examen au cas par cas. Les Européens et les résidents de longue durée restent hors du champ.

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. RTBF / AFP — Eric Zemmour sera candidat avec un discours encore plus dur sur l'immigration (18/09/2026)
  2. L'Essentiel de l'Éco — Zemmour et la remigration : qui est visé ? (22/09/2026)
  3. Le Courrier de l'Atlas — Zemmour propose de créer un ministère de la « Remigration » (23/03/2022)
  4. MonVote2027 — Éric Zemmour : programme et positions (mise à jour du 16/10/2026)
  5. Assemblée nationale — Rapport n° 1990, annexe 28 Immigration, asile et intégration, coût des éloignements (05/06/2019)
  6. Cour des comptes — La politique de lutte contre l'immigration irrégulière (04/01/2024)
  7. EUR-Lex — Directive 2004/38/CE sur le droit de séjour des citoyens de l'Union
  8. EUR-Lex — Directive 2003/109/CE sur les résidents de longue durée

Mise à jour : 28 octobre 2026

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