Les propositions de Éric Zemmour

Éric Zemmour · Reconquête · Retraites

Retraite à 64 voire 65 ans et passage progressif à la capitalisation

Ça ne tient pas

Interdite telle quelle, ou impossible à financer en l'état.

Passer à 65 ans ferait gagner environ 6 milliards par an aux retraites, mais une petite part de capitalisation coûte environ 20 milliards par an pendant des décennies, sans financement annoncé.

La proposition

Repousser l'âge légal de départ à « 64 voire 65 ans ». Remplacer peu à peu le système par répartition, qu'il juge « mort et condamné » faute d'enfants, par la capitalisation. Il reconnaît que la transition « va prendre très longtemps ». Il n'a donné ni calendrier ni chiffrage.

Annoncée

17 septembre 2026 · « Face à BFM » sur BFMTV, où il annonce qu'il sera candidat

Ce que ça change pour vous

Âge légal : l'âge actuel est gelé à 62 ans et 9 mois jusqu'en janvier 2028, puis la réforme de 2023 le porte à 64 ans (OFCE, 2026). La mesure ajoute un an : 65 ans.

Exemple : avec une pension de 1 500 € par mois, partir un an plus tard, c'est 18 000 € de pension non perçue cette année-là, contre un an de salaire en plus.

Le candidat n'a pas dit quelles exceptions il garde (carrières longues, invalidité).

Capitalisation : pendant la transition, les actifs paient les pensions d'aujourd'hui et épargnent en plus pour la leur. Pour une petite dose, cela fait 20 milliards de plus par an, soit 5 % des 400 milliards de retraites versées (La Grande Conversation, 2025).

L'âge légal de départ

Âge légal visé par la réforme de 2023, puis par la mesure

Avant
64 ansAprès
65 ans

1 ans de plus

Combien ça coûte

Le candidat n'a publié aucun chiffrage.

Le recul de 64 à 65 ans fait faire des économies. DG Trésor (mars 2026, pour le COR), si la mesure s'applique d'un coup : environ 0,2 point de PIB par an pour les retraites, soit environ 6 milliards, et 0,4 à 0,5 point pour l'ensemble des comptes publics (12 à 15 milliards), grâce au surplus d'emploi.

La capitalisation coûte, car il faut payer deux fois. La Grande Conversation (2025) : environ 20 milliards de plus par an pour 10 à 15 % des retraites du privé, et 300 à 400 milliards au total sur 30 à 40 ans.

Repère : le Chili est passé à la capitalisation en 1981. L'État y a financé un déficit d'environ 3,25 % du PIB par an (OCDE, présenté au COR en 2025).

Ordres de grandeur par an
Gain pour les retraites du passage à 65 ans (DG Trésor)
6 Md€
Gain pour tous les comptes publics (DG Trésor, haut de fourchette)
15 Md€
Surcoût d'une petite dose de capitalisation (La Grande Conversation)
20 Md€

Est-ce possible

Âge légal : une loi ordinaire ou une loi de financement de la Sécurité sociale suffit. Le Conseil constitutionnel a validé le passage à 64 ans en 2023 (décision 2023-849 DC), en relevant que des départs anticipés étaient maintenus (carrières longues, incapacité, handicap).

Capitalisation obligatoire : une loi suffit aussi. Un régime de ce type existe déjà pour les primes des fonctionnaires (RAFP).

Limite : le Préambule de 1946 impose une politique de solidarité envers les retraités. La loi choisit les moyens, mais la transition doit garder des garanties pour les retraités actuels.

Le droit européen (article 153 du traité sur le fonctionnement de l'UE) laisse à chaque État le choix des principes de sa sécurité sociale, dont l'âge et le financement des retraites.

Ce que permet le droit
  • Recul à 64 ansValidé par le Conseil constitutionnel en 2023Oui
  • Recul à 65 ansUne loi ordinaire ou de financement suffitOui
  • Capitalisation obligatoireUne loi suffit, si les retraités actuels gardent des garantiesSous conditions

Qui paie

Dans ses déclarations, le candidat n'annonce aucun financement pour le passage à la capitalisation.

Le recul à 65 ans rapporterait environ 6 milliards par an aux retraites, et 12 à 15 milliards pour l'ensemble des comptes publics (DG Trésor, 2026). Le candidat ne dit pas s'il les consacre à la capitalisation.

Même consacrées en totalité à la capitalisation, ces économies ne couvrent pas les 20 milliards par an d'une petite dose.

Le financement annoncé pour la capitalisation
Annoncé0 Md€
Aucun financement annoncé
Dont détaillé0 Md€

Une piste qui tient mieux

Garder les deux objectifs, travailler plus longtemps et épargner pour sa retraite, sans faire payer deux fois les actifs. D'abord, le recul à 65 ans : environ 6 milliards d'économies par an pour les retraites (DG Trésor, 2026).

Ensuite, une capitalisation alimentée par l'épargne salariale : chaque salarié verse au moins la moitié de ses primes de participation et d'intéressement sur un plan d'épargne retraite collectif.

Ces plans recevraient alors plus de 10 milliards par an, sans dépense publique nouvelle. À terme, les pensions augmenteraient de 5 à 10 % (La Grande Conversation, 2025).

Surcoût par an : la mesure face à la piste
Petite dose de capitalisation (La Grande Conversation)20 Md€
La piste0 Md€
  • Capitalisation par l'épargne salariale · 0 Md€

La vidéo

Vidéo bientôt en ligne.

Sources

  1. franceinfo — Que proposent les principaux candidats à l'élection présidentielle pour les retraites ? (30/09/2026)
  2. BFMTV (repris par Shango) — Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Éric Zemmour sur BFMTV (18/09/2026)
  3. COR / DG Trésor — Document n° 3 : présentation du modèle et des résultats, décalage de l'âge de 64 à 65 ans (séance du 26/03/2026)
  4. COR — Le dossier en bref : impact macroéconomique des leviers d'équilibre financier (26/03/2026)
  5. La Grande Conversation (Eric Weil) — La retraite par capitalisation obligatoire : l'obstacle du coût de la transition (19/05/2025)
  6. COR / OCDE — Montée en charge de la retraite par capitalisation, expérience de pays de l'OCDE (12/11/2025)
  7. Conseil constitutionnel — Communiqué, décision n° 2023-849 DC (14/04/2023)
  8. OFCE (Magali Dauvin) — Réforme et suspension de la réforme des retraites (29/01/2026)

Mise à jour : 27 octobre 2026

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